Compositeurs dont le nom commence par :
_ -a -
b -
c -
d -
e -
f -
g -
h -
i -
j -
k -
l -
m -n -
o -
p -
q -
r -
s -
t -
u -
v -
w -
x -
y -
z -
Titres commençant par :
_ -a -b -c -d -e -f -g -h -i -j -k -
l -
m -n -o -p -q -r -s -t -u -v -w -x -
y -
z -
NAIVE, 2011.
1600 - L'âge d'or du contrepoint représenté en grande partie par l'école flamande cède la place à une écriture où l'expression des émotions devient l'enjeu dominant. On voit naître des genres nouveaux comme l'opéra, exploitant cette nouvelle manière de concevoir la musique et dont le matériau premier sera la monodie accompagnée: une ligne chantée soutenue par un accompagnement instrumental simple, permettant au texte d'être compris clairement et de manifester les différents sentiments en musique.
Et la musique instrumentale, dans tout ça? C'est son histoire que nous retrace Rinaldo Alessandrini et le Concerto italiano à travers ce bien beau disque. A partir de la toute fin du XVIème siècle, lorsque la musique instrumentale s'émancipe de son rôle de doublure des voix, à l'âge d'or du concerto à la fin du XVIIème siècle, c'est tout un langage qui s'épanouit. Un programme édifiant. NR
BIS, 2011-2008. Enregistrement 2000.
Les trois compositeurs présents sur cet enregistrement résident aux Etats Unis mais ont tous leurs racines au-delà de l'Océan Pacifique, en Chine. L'héritage philosophique, littéraire et musical de ce pays est mis en évidence ici. Five Elements de Zhou Long s'inspire du concept traditionnel chinois des cinq énergies élémentaires : métal, bois, eau, feu et terre. Chacun des mouvements de cette oeuvre représente un élément dont les activités de Yin et de Yang se manifestent dans les cycles de la nature régulant la vie terrestre. C'est un poète chinois de la dynastie Song, Jiang Kui qui a inspiré à Bright Sheng la seconde partie de Flute Moon. Chen Yi, dans The Golden flute a cherché à faire parler la flûte occidentale à la manière des instruments à vent chinois. Une traversée de la mer menée avec brio par la flûtiste israélienne. AG
NAIVE, 2011.
Ce coffret de deux DVD est le fruit de la collaboration entre Sonia Wieder-Atherton et la cinéaste belge Chantal Akerman. Cette dernière est connue pour ses réalisations dans le domaine du documentaire comme dans celui de la fiction. Son oeuvre oscille entre recherche plastique avant-gardiste et films plus commerciaux. Née aux Etats-Unis, Sonia Wieder-Atherton est une violoncelliste et compositrice française qui s'est illustrée, outre son talent de musicienne reconnu internationalement, par des enregistrements aux thèmes originaux. Elle s'est attachée à établir des liens entre des musiques d'époques éloignées comme dans " Au commencement Monteverdi " (réf. FA3335) où se côtoient Monteverdi, Kurtag, Berio, Donatoni, Dutilleux..., ou encore " Vita Monteverdi-Scelsi " (réf. FA3336). Dans l'enregistrement " Chants d'Est " (réf. GB7502), c'est à un voyage au coeur de l'Europe que nous sommes conviés. Le portrait que Chantal Akerman tire de Wieder-Atherton se fonde sur ces trois disques, représentatifs du parcours de la musicienne. Elle y mêle captations de concert, interviews, commentaires en voix off et mises en scène offrant une approche originale et très complète de son sujet.
Aux deux DVD s'ajoute un CD bonus reprenant les principaux extraits de la bande originale du film " Un Divan à New-York ", dont la réalisation revient à Chantal Akerman tandis que la musique est l'oeuvre de Sonia Wieder-Atherton. NR
OPELLA NOVA RECORDS, 2011. Enregistrement 2010.
"An Italian Rant" est le nom donné par l'éditeur John Playford à la "mantovana" ou "fuggi fuggi", air très en vogue au 17ème siècle qui clôture cette très rafraîchissante compilation. La mélodie aurait par ailleurs été reprise par Smetana comme thème principale de la Moldau. Le luthiste Zak Ozmo créa en 2008 l'ensemble l'Avventura London qui se propose d'explorer les musiques sur une période allant du 16ème au 18ème siècle. Le présent enregistrement est consacré plus spécifiquement aux compositeurs italiens qui eurent une influence marquante auprès du public londonien, même si certains des compositeurs repris sur ce CD comme Vivaldi, Corelli et Albinoni n'ont jamais mis les pieds en Angleterre. JL
EUROARTS DVD, 1988. Enregistrement 1984.
Réalisation: Peter Rosen - Sous-titres: anglais, français, allemand et espagnol - Durée 115 minutes - enregistré en public au Teatro municipal de Santiago, au Chili, en 1984.
Au centre du film, un concert: celui que le pianiste chilien Claudio Arrau a donné en 1984 lors de son retour triomphal dans son pays natal, après 17 ans d'absence. Le programme a été choisi parmi les compositeurs qui ont été au coeur de son répertoire tout au long de sa carrière. Le document se démarque du pur récital filmé par une présentation des oeuvres en voix off, par des citations des compositeurs joués et par des extraits d'interview de Claudio Arrau.
Si le commentateur se veut clair et pédagogique, il use d'un ton lénifiant et alourdit le propos par des annonces, des désannonces, des "Arrau part en coulisses" et des "Arrau revient" qui finissent un peu par lasser... Reste cependant le plaisir de réécouter un tout grand pianiste. NR
STRADIVARIUS, 2010-2006. Enregistrement 2003.
Les deux oeuvres présentées sur cet enregistrement ont été interprétées dans le cadre du Festival di Milano Musica respectivement en octobre 2003 et octobre 2006. La prise directe ne nous épargne pas les applaudissements. Hipartita de Gyorgy Kurtag est dédié à la violoniste Hiromi Kikuchi qui en fit la création à Berlin en 2005. Il s'agit d'une collection de huit pièces écrites entre 2000 et 2004 pour divers instruments et adaptées ensuite pour le violon solo. Basée sur une oeuvre d'Henry James, Aspern Suite de Salvatore Sciarrino est un exemple de musique pointilliste, si le terme existait en cet art. L'effectif instrumental est réduit à sa plus simple expression, recourant au bruitisme (soufflé, bruits de clés, etc.) pour générer un objet sonore regardant vers l'intérieur plutôt que vers le public. Et lorsque survient la voix, ce sont aussi des murmures et des fragments de texte de Lorenzo Da Ponte (librettiste fétiche de Mozart) qui se font jour. Décidément, la musique de Sciarrino est à nulle autre pareille. AG
AUDITE, 2011. Enregistrement 2010.
L'Ecole d'orgue d'Allemagne du Sud a eu une grande influence sur l'oeuvre de Johann Sebastian Bach. Ses représentants principaux Johann Jakob Froberger, Johann Kaspar Kerll, Johann Pachelbel, Georg Muffat, pour ne citer qu'eux, reçurent leur formation de musiciens italiens au nombre desquels on compte Girolamo Frescobaldi. Rien d'étonnant à voir apparaitre dans leur catalogue des capriccios et des canzons là où l'Ecole du Nord aime le prélude de choral. Ces formes se montrent aussi dans les divers mouvements des toccatas comme celles de Muffat et de Kerll enregistrées ici. L'Allemagne du Sud étant restée catholique, une place d'honneur est réservée au magnificat. Quelques fugues du Magnificat du 1er ton de Pachelbel et la fugue sur le Magnificat BWV733 de Bach présentent de beaux exemples de cette tradition. Martin Neu interprète ce récital à l'orgue Metzler (2005) de St. Franziskus (Stuttgart-Obertürkheim) et à l'orgue Blasius Bernauer (1776) de St. Johann (Laufenburg). Ce très beau programme bien diversifié est malheureusement desservi par une interprétation peu passionnante et peu passionnée. AG
PASSACAILLE, 2011. Enregistrement 2010.
Le titre de ce disque fait référence à la manière dont Telemann caractérisait les traditions musicales de Moravie qu'il découvrit à l'occasion d'un séjour qu'il fit en Silésie en 1704 au service du comte Erdmann von Promnitz. Il avait été subjugué par la "Beauté barbare" de ces musiques qui "suffisent à donner assez d'idées musicales pour meubler le reste de sa vie" dira-t-il dans ses mémoires. De nombreux trios et concertos s'inspirent de ce répertoire. L'oeuvre de Telemann fut loin d'être la seule voie d'entrée de ces musiques d'Europe centrale dans nos contrées. C'est ainsi qu'on retrouve quelques années plus tard la traditions des groupes de violonistes bohémiens à la cour de Frédéric le Grand dont le premier violon n'était autre que Johann Gottlieb Graun. Il excerçait la charge, en alternance avec Franz Benda, un bohémien. Stimulé par ce voisinage, mais aussi par la présence à Berlin d'un virtuose de la viole de gambe, Ludwig Christian Hesse, qualifié de meilleur gambiste du monde par ses contemporains, Graun composa un corpus de 10 concertos pour violes de gambe et orchestre qui constitue un cas presque unique dans l'histoire de la musique. D'après Vittorio Ghielmi, les termes "violetta" ou "viola" désigneraient tout simplement la viole de gambe dans certaines compositions baroques. Quoiqu'il en soit, Ghielmi défend avec le brio et la conviction qu'on lui connaît ce programme qui commence par le Marcel's praeludium pour cymbalon de Marcel Comendant et se termine par le Marcel's Farewell de la même plume. AF
ECM RECORDS, 2012-2010. Enregistrement 2006.
Vu dans Diapason (avril 2012)
Dans le contexte politique de l'URSS de l'après Seconde Guerre Mondiale, écrire de la musique pouvait se révéler dangereux. Ne pas s'inscrire dans les cadres de la pensée soviétique était considéré comme suspect. Sophia Gubaidulina n'échappa pas à cette suspicion. En considérant que religion et musique partagent le même but qui est d'unifier la vie humaine, composer pour elle est devenu une sorte de renouveau spirituel, bien éloigné des querelles de chapelles et des vicissitudes politiques. Cette conception aux larges vues se concrétise de diverses façons dans son oeuvre. Ainsi The Canticle of the Sun, dédié au violoncelliste Mstislav Rostropovich est un exemple de cette recherche à la fois esthétique et mystique. Sofia Gubaidulina divise le texte de Saint François d'Assise en quatre segments : Glorification du Créateur, et de ses Créations - le soleil et la lune ; Glorification du Créateur, le créateur des quatre éléments : air, eau, feu et terre ; Glorification de la vie ; Glorification de la mort. Le rôle du choeur est allusif, le texte est suggéré plutôt que chanté. La partie du soliste, le violoncelle, suit de près le contenu sémantique qui mène de la vie à la mort. Utilisant son instrument de manière traditionnelle, l'interprète va être invité à utiliser des modes de jeux différents (harmoniques, sul ponticello, colarco) pour ensuite abandonner son instrument au profit de la grosse caisse et duflexatone. Cet abandon marque la transition entre la glorification de la vie et celle de la mort corporelle. Un grand silence se fait d'où émerge le son de la grosse caisse. Le flexatone présente alors des glissandis ascendants, mode d'expression très prisé par Gubaidulina pour symboliser le chemin pour atteindrel'unité avec le divin. Le retour du violoncelle au grave de sa tessiture chante l'élégie de la quatrième glorification, celle de la mort qui n'est pas vue par la compositrice comme un néant. Le violoncelle s'élève au sommet de sa tessiture pour y planer au milieu des voix. AG
DEUTSCHE HARMONIA MUNDI, 2012. Enregistrement 2011.
Alessandro de Marchi et l'Academia Montis Regalis effectuent la reconstruction probable d'un service religieux à Rome en 1709. Ils joignent divers motets composés par Haendel et Antonio Caldara. Le premier, dans les bonnes grâces du pouvoir en place, jongle entre les différentes confessions religieuses (catholique et protestante), entre le sacré et le profane et parvient en un temps record à se hisser à une place bien enviable pour un musicien étranger. En 1709, Caldara, originaire de Venise, succède à Haendel auprès de la famille Ruspoli (sans doute grâce au cardinal Pietro Ottoboni, lui aussi vénitien). MDW
Première plage:"Deus, in adiutorium meum intende", Anonyme.
BIS, 2011-2012. Enregistrement 2005-2009.
Le compositeur finlandais Kalevi Aho a étudié la composition à l'Académie Sibelius avec Einojuhani Rautavaara puis à Berlin avec Boris Blacher. La première symphonie de chambre a été composée simultanément à la cinquième symphonie. Elle partage avec cette dernière une recherche de texture obtenue par superposition de différentes sections. A cette densité succède une coda aérienne et éthérée dans laquelle des interventions solistes évoquent le chant des oiseaux. Comme la première symphonie de chambre, la deuxième présente une musique virtuose, exigeant beaucoup des interprètes. Ici, trois sections différentes s'enchainent dans un climat sombre et intense. Forme hybride alliant le concerto et la symphonie, la troisième symphonie de chambre avec saxophone a été inspirée au compositeur par le film tunisien Les silences du palais dans lequel on entend un grand nombre de musiques arabes. Ce qui a donné l'idée à Aho d'utiliser l'hétérophonie mélodique, superposant des mélodies identiques avec de subtiles variantes. Les premier et dernier mouvements sont confiés aux cordes, le saxophone faisant son apparition dès le deuxième mouvement. L'interprète arrive du fond de la scène tout en jouant, rejoint l'orchestre et c'est de la même façon qu'il terminera sa partie, en sortant de scène en jouant. Les titres des mouvements sont empruntés à la poésie japonaise et décrivent l'atmosphère de chaque partie. Ce disque présente différentes facettes du compositeur finlandais, depuis l'intensité dramatique de la Première Symphonie de chambre jusqu'au souffle poétique de la troisième. Une belle réalisation. AG
CHANDOS, 2012. Enregistrement 2011.
Pour ce deuxième volume, Louis Lortie fait précéder chacune des Ballades, Berceuse et Barcarolle par un Nocturne qui n'est pas forcément dans la même tonalité que la pièce principale. Il s'agit d'une lecture particulière et personnelle car à l'époque romantique, le bon goût prône l'improvisation d'un court prélude et puis la pièce de "consistance", le tout dans la même tonalité. MDW
NAIVE, 2011.
Ce quinzième CD d'Accentus publié chez Naïve frappe fort! En effet, Laurence Equilbey met en regard une oeuvre de jeunesse, Les Cantates Chorales et l'ultime oratorio du compositeur, Christus dont il ne reste que des fragments (la Naissance et la Passion du Christ) suite à son décès en 1847. Entourée par Sandrine Piau, Markus Butter et Robert Getchell, Equilbey vise (une nouvelle fois) juste: une "douce piqûre de rappel" en cette fin d'année. Que l'on soit croyant, athée ou agnostique, cette musique écrite il y a plus de 150 ans continue de nous toucher car "simplement", elle nous amène vers un peu plus d'intériorité. De la densité et de la grâce! Merci à vous, Laurence Equilbey et mon souhait au Père Noël est le suivant: un enregistrement d'Elias avec votre "touch"! Marie de Wautier
MNEMOSYNE, 2012.
Gerald Bennett est né en 1942 dans le New Jersey (USA). A l'Université d'Harvard, il étudie la composition auprès de Robert Moevs après quoi il suit les cours de Klaus Huber à Basel. De 1967 à 1976, il enseigne au Conservatoire de Bâle (Suisse) et de 1969 à 1976, il est directeur du Conservatoire de Bâle. De 1976 à 1981 il dirige le département de recherches acoustiques et psychoacoustiques à l'Institut de Recherche et de Coordination Acoustique / Musique (IRCAM) à Paris. Membre fondateur de la Confédération Internationale de Musique Electroacoustique, il fonde, avec Bruno Spoerri, le Swiss Center for Computer Music. Depuis 1993 il est membre de l'Académie Internationale de Musique Electroacoustique de Bourges. Gérald Bennett pratique la musique pour bande magnétique. Partant d'éléments existants, le madrigal Anchor che col partire de Rore dans Un Madrigal gentile, le compositeur construit un univers sonore évocateur où l'auditeur est à la fois ici et ailleurs. Une Dernière Clairière fait revivre quelques pièces de Pierre Schaeffer mises en scène par Bennett sur un mode ludique. De la musique électroacoustique à programme révélant un bel imaginaire. AG
AEON, 2012. Enregistrement 2010.
Le String Quartet: the tree of strings emprunte son titre d'un texte du poète écossais Sorley MacLean (1911-1996). Un extrait de ce poème est à même de faire comprendre le propos de la musique : " On the hardness of rocks is the ordered thought, on the bareness of mountains is the forthright verse, on a living summit is the might of talents, on a white summit the garden that is not named." Sonorités âpres et rapeuses, soli désolés ou échanges impliqués, ce quatuor a été écrit sur mesure pour le Arditti Quartet. Les Neuf mouvements pour quatuor à cordes rassemblent des pièces écrites entre 1991 et 1995, démarche qui aboutit en 1996 à un cycle pour soprano et quatuor à cordes intitulé Pulse Shadows. Déjà à l'époque les parties chantées sur les poèmes de Paul Celan pouvaient se faire entendre de manière autonome aux pièces pour quatuor. Les Neuf Mouvements alternent fantaisies et frises dans une progression qui mène à la quatrième frise sous-titrée Todesfuge, titre d'un poème que Paul Celan a écrit en mai 1945, à Bucarest, trois mois après la libération du camp d'Auschwitz par l'Armée rouge. Vous l'avez compris, le ton de ce disque est sérieux, voir plus. Harrison Birtwistle a aujourd'hui 77 ans, un âge où s'interroger sur la vie, sur soi-même et son devenir. AG
SONY CLASSICAL, 2012.
Vu dans Diapason (mars 2012)
Un bon cru que ce millésime 2012 ! Mariss Jansons dirige son deuxième concert de nouvel an à Vienne avec plus d'assertivité qu'en 2006. Le résultat donne des fourmis dans les jambes. A savourer avec le champagne et les petits fours. AG
APARTÉ, 2011. Enregistrement 2010.
Jean Françaix et Serge Prokofiev avaient en commun le goût de la clarté, un certain ton sardonique et un rejet des débordements romantiques. Entre précision et pureté sonore, babil narquois et profondeur lyrique, la clarinette est l'instrument rêvé pour les oeuvres foisonnantes de couleur mais néanmoins très stylées et structurées que regroupe cet enregistrement. Elève de Sabine Meyer et de Richard Stoltzman, Shirley Brill dispose d'une palette de nuances capable de rapprocher dans la truculence et même la gravité deux compositeurs que, de manière un peu limitative, on a souvent qualifiés de néo-classiques. JL
Jean FRANCAIX: la Sonate op.94 pour flûte et piano, a été transcrite pour clarinette et orchestre par Kent Kennan.
DGG, 2011. Enregistrement 2010.
Le pianiste Roger Muraro a rassemblé sur un même disque une oeuvre emblématique - le Concerto pour piano en Sol de Maurice Ravel - et un échantillon de pièces pour piano de Ravel, de Gershwin, de Stravinsky ou encore de Fauré. Ces oeuvres illustrent les différents courants stylistiques dont Ravel s'est inspiré pour son Concerto en établissant des parallèles que le pianiste explique dans le livret accompagnant le CD : le Jazz de Gershwin, la modernité de Stravinsky, le balancement rythmique de Fauré... Un beau projet qui sort des sentiers battus et qui nous éclaire sur l'écriture de Ravel. NR
NAIVE, 2011.
De retour chez Naïve, Laurent Korcia choisit deux oeuvres qu'il connait bien: le concerto de Tchaikovsky et celui de Korngold. Composé en 1945, cette oeuvre regagne peu-à-peu la faveur du public grâce aux diverses interprétations récentes. Dès les premières mesures, ce concerto raconte une histoire personnelle et éveille l'imagination de l'auditeur au moyen de couleurs orchestrales puissantes et de la prise de risque du soliste. Accompagné par Jean-Jacques Kantorow et le Philharmonique de Liège, Laurent Korcia propose sa vision du concerto de Tchaikovsky: héritière des versions historiques et final un tantinet cabotin! MDW
DIAPASON D'OR novembre 2011.
NAIVE, 2010.
Metteur en scène: Laurent Pelly.
Réalisateur: Benoît Vlietinck.
Durée: 2h52'. Sous-titres: anglais, français, néerlandais
Tout au long de cette production de la Monnaie, le mot contraste domine: l'introduction instrumentale très énergique et ce rêveur assis dans son fauteuil au milieu des livres qui se positionne en observateur de ce qui se déroule autour de lui; contrastes violents tant des tons et des couleurs de costumes que sur la scène. A la fin de l'acte 5, il y a ce splendide solo de violoncelle qui sonne comme un Requiem. Il annonce la mort proche de Don Quichotte qui à bout de force, lègue l'île des Rêves à son fidèle Sancho.... Entre rêve et réalité, contraste et similitude, cet opéra de Massenet (un des derniers) enregistré en 2010, clôt aussi la carrière de José van Dam à la Monnaie.
Jules Massenet est né en 1842 dans la région de Saint-Etienne. Il entre au Conservatoire de Paris où il étudie le piano, la composition, le solfège et le contrepoint. La suite? ce ne sont que des concours gagnés - 1er prix de piano et 1er prix de Rome en 1863 avec la cantate David Rizzio - et des succès rapidement engrangés. En 1878, il est nommé professeur au Conservatoire de Paris et compte parmi ses élèves, G. Charpentier, E. Chausson, G. Enesco, G. Pierné,.... Excellent pédagogue, il sut mettre en avant le talent de ses élèves sans jamais s'imposer. A sa mort en 1912, il laisse une oeuvre considérable, lyrique (25 opéras), pianistique et symphonique dont se dégage l'importance accordée aux thèmes religieux. MDW
NAIVE, 2011-2010. Enregistrement 2009.
Choc de Classica (juillet-août 2011)
DVD : Quatre improvisations extraites du concert du 2 mai 2010 à Saint-Malo, durée 30 minutes. 1)Vichy (4 décembre 2009 avec Musiques Vivantes, Opéra) 2)Saint-Malo (2 mai 2010, Auditorium Chateaubriand) 3)Sceaux (18 décembre 2009, Les Gémeaux-scène nationale) 4) Nanterre (29 novembre 2009, Maison de la Musique) 5)Paris (4 octobre 2009, Théâtre du Chatelet) 6)Toulouse (3 août 2010, Festival Toulouse d'été)
Antoine Hervé et Jean-François Zygel se sont rencontrés autour d'un piano. Ils ont ensuite étudié dans la même classe, celle de Pierre Sancan au Conservatoire de musique de Paris. L'un s'est orienté davantage vers le jazz, l'autre vers l'univers de la musique classique. Je vous laisse imaginer le cocktail savoureux qui résulte de leur tête à tête au clavier. Debussy, Bartok, Jarrett, Gershwin et j'en passe, se penchent au-dessus de leurs épaules, pour notre plus grand plaisir. Et l'on reste étourdi par la magie de la performance, une musique issue du néant et s'envolant sans laisser d'autre trace que celle de l'enregistrement. AG
SOLI DEO GLORIA (SDG), 2012-2008. Enregistrement 2007.
Enregistrement public à Londres et Edimbourg en 2007 et 2008.
Le Requiem est précédé par 2 psaumes de Schütz, "Wie lieblich sind deine Wohnungen" et "Selig sind die Toten" dont Brahms s'est inspiré pour l'écriture de son Requiem. MDW
PARATY, 2011. Enregistrement 2010.
Vu sur Piano Bleu http://www.pianobleu.com/actuel/disque20120120.html
D'origine polonaise, Leopold Godowsky fut un pianiste prodige. Dès l'âge de 15 ans, il fut engagé dans des tournées de concerts aux Etats Unis. Deux ans plus tard, il devint le protégé de Saint-Saëns à Paris, jouant dans les salons à la mode. Dans les années 1890, il formula ses théories concernant la technique de jeu du piano et il commença à faire des arrangements d'oeuvres d'autres compositeurs dont ses études d'après Chopin. L'année 1900 vit sa consécration en temps que virtuose du piano mais aussi compositeur pour le même instrument. De 1909 à 1914, il fut directeur de la Klaviermeisterschule de l'Akademie der Tonkunst à Vienna, prenant la succession de Sauer et Busoni. Ses premiers enregistrements (ref.GD5887 et GB5008) comme interprète furent réalisés aux Etats Unis où il séjourna jusqu'en 1922. Il entreprit alors une tournée en Asie où il commença une série de transcriptions d'oeuvres de JS Bach. Les années 1926-1930 virent la publication de nombreuses transcriptions, dont les 12 lieder de Schubert ainsi que des compositions personnelles. En 1928, il enregistra plusieurs disques à Londres aux nombres desquels figurent des oeuvres de Beethoven, Schumann, Grieg et Chopin. En 1930 cependant, Godowsky eut une attaque qui le laissa partiellement paralysé. Ses dernières années furent entachées par des préoccupations matérielles exacerbant sa tragédie personnelle. Ce sont les 53 Etudes sur les études de Chopin qui firent sa renommée. Connues pour leur difficulté, ces études ont certainement fait évoluer la technique du piano. Certaines vont jusqu'à combiner 2 études de Chopin, multipliant ainsi les embûches. D'autres ont été arrangées pour la seule main gauche.
Né le 14 août 1978 à Belgrade, Ivan Ilic a étudié la musique et les mathématiques à Berkeley (Californie). Après un passage par le San Francisco Conservatory of Music, il poursuit ses études au Conservatoire de Paris et à l'Ecole Normale de la même ville. Ses professeurs français sont François-René Duchâble, Christian Ivaldi et Jacques Rouvier. Ivan Ilic est apprécié pour son interprétation de la musique française, en particulier celle de Claude Debussy. AG
MD+G, 2012. Enregistrement 2010.
Josef Matthias Hauer est un personnage de roman. Il naît dans la Vienne de la fin du 19ème siècle, un moment et un lieu où fermentent bien des tensions qui aboutiront à la chute de l'Empire austro-hongrois. Son oeuvre prolixe tomba dans l'oubli et ce n'est qu'à partir des années 1960 que le concept de non-intentionnalité de la musique cher à John Cage remit sur l'avant de la scène les conceptions particulières de Hauer.
Autodidacte pour la théorie musicale et la composition, Hauer commença à composer à l'âge de 28 ans. Ses premières esquisses sont basées sur l'usage de 12 sons dans un langage d'un chromatisme intense. L'été 1919 allait voir un changement de direction dans la manière du compositeur. Il découvre en effet la " loi des 12 tons " qu'il va utiliser dans une pièce pour piano intitulée Nomos op.19 et expliciter sa méthode dans son ouvrage théorique Vom Wesen der Musikalischen publié en 1920. Hauer base chaque composition sur un arrangement spécifique de 12 sons appelé Konstellation ou Grundgestalt mais sans que cela implique nécessairement une succession fixe des sons comme dans la série d'Arnold Schoenberg. Son organisation d'agrégats sonores baptisés tropes est expliqué dans Vom Melos zur Pauke (1925) et Zwölftontechnik (1926). Au vu des différences entre le système de Hauer et le dodécaphonisme de Schoenberg, on s'explique mal aujourd'hui les âpres discussions entre les deux hommes revendiquant tous deux la paternité du langage à 12 sons. Composées en 1923 et dédiées à Arnold Schoenberg pour son cinquantième anniversaire, les Etudes op.22 pour piano visaient à consolider chez Hauer la maîtrise de l'écriture à 12 sons. Le ton de ces pièces est volontairement impersonnel. Il n'y a pas de recherche d'expressivité, pas de nuance, pas de tempo. L'impression que laisse leur écoute est très étrange, presque désorientant. AG
LA DOLCE VITA, 2011.
Claire Chevallier propose un programme dédié à Liszt: l'ensemble des pièces, disparates mais oh combien riches, est joué sur un piano Erard 1876 (restauré par Jan van Hemel). Le résultat bouscule les éventuelles idées lisses et dogmatiques concernant l'interprétation. Le livret (illustré par le belge Benoît van Innis), comporte des échanges épistolaires entre le compositeur et Pierre Erard ainsi que des informations concernant la restauration et la mécanique de l'instrument. Un moment plaisant et de qualité sur le plan visuel et auditif. MDW
HARMONIA MUNDI, 2012. Enregistrement 2010.
Marlis Petersen et le pianiste Jendrik Springer ont pris l'initiative de sélectionner une série d'airs et de lieder (19) dédiés à l'Eternel féminin. Ce thème, cher à Goethe, a fait, au cours des décennies, l'objet de multiples compositions. Dans cet enregistrement, ils nous proposent une lecture à plusieurs niveaux qui s'articule autour d'une même oeuvre, le "Chant nocturne du voyageur" (Wandrers Nachtlied, 1780). Evitant l'écueil d'une version standard connue de tous ou presque, ils déclinent l'oeuvre littéraire du poète en 6 regards différents: Schumann, Kempff, Ives, Medtner, Sommer et Liszt. Aux côtés de ces compositeurs figurent d'autres lieder de Krenek, Braunfels, Wagner, Diepenbrock, Tchaikovsky, Wolf, Schubert, Fanny Mendelssohn et pour terminer, Manfred Trojahn dont la composition date de 2008. Voici un vaste "récital-tour d'horizon" de la production musicale déployée sur près de 2 siècles! MDW
Née en Allemagne, Marlis Petersen étudie le chant à Stuttgart avec Sylvia Geszty (présente dans nos collections). En 1993, elle débute à l'opéra de Nuremberg dans des rôles de soprano colorature. Puis en 1998, c'est au tour de l'opéra de Dusseldorf. Elle est acclamée à Vienne dans Lulu de Berg qui devient un de ses rôles-titre. MDW
Diapason d'Or avril 2012.
APARTÉ, 2012. Enregistrement 2010.
Cet enregistrement "Harmonia Sacra" est intéressant à plus d'un titre car il comporte plusieurs raretés: 4 pièces pour clavecin, brèves, conçises et éloquentes et un ensemble d'airs spirituels écrits pour une seule voix aigüe. Ces airs font certainement partie des pages les moins connues du compositeur. Les 2 recueils "Harmonia Sacra" sont publiés respectivement en 1688 et 1693 par l'éditeur Henry Playford et comptent une trentaine d'airs essentiellement composés par Purcell puis J. Blow. La nouveauté réside dans le fait qu'à l'époque, les recueils sont profanes et non sacrés. Christophe Rousset, Les Talens Lyriques et la soprano Rosemary Joshua font de ces pages un splendide hommage au compositeur. MDW
NAIVE, 2011.
Composée en 1834, Harold en Italie est la deuxième des 4 symphonies de Berlioz. Tout au long de cette oeuvre de concert, l'accent est mis sur sa période d'exil en Italie: elle est teintée par ces moments passés dans les Abruzzes au contact de musiciens ambulants et de villageois. Le personnage principal, tout droit sorti de l'oeuvre de Byron, "Childe Harold's Pilgrimage" semble lui aussi errer au milieu d'un décor campagnard. Berlioz met en valeur l'alto et parvient dans cette oeuvre, à associer le mordant de la bise du Nord et la chaleur lumineuse du sud. L'accueil mitigé du public pousse le compositeur à organiser des tournées en Europe dans le but d'y diriger cette oeuvre qu'il affectionne particulièrement. Ses voyages lui donnent aussi l'occasion de faire entendre le répertoire vocal dont les Nuits d'été, cycle de 6 mélodies composées d'après les textes de son ami, Théophile Gautier. Elles reflètent l'amour impossible et le refuge dans le monde onirique. Toujours lié à l'idée de voyage, Berlioz développe une ancienne partition et compose la Damnation de Faust vers 1845. Il s'agit de la première apparition de Marguerite à laquelle l'alto (toujours lui!) répond.
L'association Minkowski, Tamestit et von Otter est lumineuse: l'approche plus contemporaine et le jeu d'Antoine Tamestit est remarquable dans la symphonie Harold en Italie. J'émets une petite réticence quant au manque de générosité d'Anne-Sofie von Otter dans les Nuits d'été. Cependant, les phrases sont souvent comme scandées ce qui rend la diction quasi irréprochable. Voici une vision différente de ce cycle et qui n'en demeure pas moins très intéressante. Cet enregistrement se conclut avec l'air "du Roi de Thulé" dans lequel voix et alto sont en totale symbiose. Un régal! Marie de Wautier
Livret de 72 pages rehaussé de reproductions en couleurs d'oeuvres de Turner et de Corot pour les plus connus d'entre eux.
BIS, 2011. Enregistrement 2008.
On connait l'intérêt de Sophia Gubaidulina pour l'organologie. Née en République Tatare, la compositrice se trouve aux confins de plusieurs cultures qui lui ouvrent largement des perspectives sonores inouïes. Lorsqu'en 1975, elle fonde avec d'autres compositeurs le groupe Astraea, c'est à ces perspectives qu'elle pense. L'improvisation qui va se pratiquer au sein d'Astraea implique aussi des recherches sur les instruments rares venus de Russie, du Caucase mais aussi de l'Asie. C'est une véritable démarche exploratoire qui nait ainsi et que Gubaidulina ne cessera jamais de pratiquer depuis, rassemblant à son domicile hambourgeois une riche collection d'instruments de musique. Son catalogue compte plusieurs oeuvres comprenant du bayan (De profundis ; Et expecto), du koto (In the shadow of the tree ; Early in the Morning before Waking) ou des instruments chinois, ouzbeks, tadjiks (Jubilation). Les percussions, univers infini de sonorités se taillent la part belle dans l'oeuvre de la compositrice. La Sonate pour deux percussionnistes est une pépinière d'instruments rare comme la cymbale turque et son homologue chinoise, des cloches de temple et deux disques en aluminium. Dans Glorious percussion, une manière de concerto, entend-on la darbuka, des carillons de bambou et d'autres instruments exotiques. Cette démarche s'inscrit magnifiquement dans la conception philosophique de Gubaidulina pour qui la recherche d'un Tout ne peut se passer du multiple. AG
SONY CLASSICAL, 2012.
28 oeuvres ou mouvements d'oeuvres parmi les grands classiques du piano. Une compil dans la lignée de "Légende du classique" (GD5038). On y retrouve Mozart, Chopin, Beethoven, Bach, Satie, Poulenc et bien d'autres sous les doigts de pianistes célèbres. Le coffret est illustré par des dessins de Sempé.
SIGNUM CLASSICS, 2011. Enregistrement 2010.
Enregistré à Londres le 19 décembre 2010, ce concert des King's Singers reprend quelques grands standards des chants de Noël anglo-saxons dans des arrangements innovant. L'ambiance très recueillie au début du disque fait peu à peu place à un humour de bon aloi. La Sérénade d'Hiver de Camille Saint-Saëns introduit The Twelve day of Christmas dans lequel s'immisce une correspondance de John Julius Norwich éveillant les rires du public. Les dernières plages respirent la joie, un des principaux messages de la fête de Noël. AG
DECCA, 2012. Enregistrement 2011.
Jules Massenet est né en 1842 dans la région de Saint-Etienne. Il entre au Conservatoire de Paris où il étudie le piano, la composition, le solfège et le contrepoint. La suite? ce ne sont que des concours gagnés - 1er prix de piano et 1er prix de Rome en 1863 avec la cantate David Rizzio - et des succès rapidement engrangés. En 1878, il est nommé professeur au Conservatoire de Paris et compte parmi ses élèves, G. Charpentier, E. Chausson, G. Enesco, G. Pierné,.... Excellent pédagogue, il sut mettre en avant le talent de ses élèves sans jamais s'imposer. A sa mort en 1912, il laisse une oeuvre considérable, lyrique (25 opéras), pianistique et symphonique dont se dégage l'importance accordée aux thèmes religieux.
Ensemble d'airs et de pièces orchestrales composées par Massenet (1842-1912). Certaines pages sont connues, d'autres sont plus rarement enregistrées et même inédites (Ave Maria sur la Méditation de Thaïs).
NIBIRU RECORDS, 2011.
C'est toujours avec le même succès que l'Ensemble Inégal, placé sous la direction d'Adam Viktora aborde ces oeuvres de Zelenka qui appartiennent à l'ultime opus du compositeur tchèque, dont un motet avec basson obligé. Richesse des parties instrumentales, justesse du choeur et beauté des parties solistes... le tout sublimé par une direction parfaitement adaptée à l'écriture profuse et innovante de Zelenka. AF
PRAGA DIGITALS, 2011.
En plus de la composition, Alexandre Borodine pratique la flûte, le piano et le violoncelle qui devient son instrument de prédilection. Ce que l'on connaît un peu moins de lui, c'est sa carrière de médecin et d'excellent chimiste (recherches, publication d'articles et création d'une école de médecine pour femmes). Pour revenir au violoncelle, les ensembles Kinsky et Prazak jouent "les petits péchés de jeunesse" du compositeur (ce qui correspond aux partitions de chambre écrites entre 1850 et 1860) et allient spontanéité, lyrisme et inspiration nationale dans leur interprétation. MDW
ECM RECORDS, 2009-2008. Enregistrement 2006.
Entre lamentation et contemplation, l'alto de Kim Kashkashian nous entraîne sur un parcours hypnotique à travers les oeuvres de compositeurs arméniens et israeliens. Les styles sont néanmoins différents depuis le "Neharot Neharot" de Betty Olivero qui se déploie sur fond de chants traditionnels, avec même quelques références à l"Orfeo de Monteverdi, suivi par les accents plus contrastés de Mansurian pour terminer avec "Rava Devarin" de Steinberg qui se présente comme une contruction plus énigmatique d'inspiration cabalistique. Kim Kashkashian, pour qui la plupart de ces oeuvres ont été écrites, confère une unité à l'ensemble en arrachant des sonorités sublimes des entrailles de son instruments. JL
SONY CLASSICAL, 2011. Enregistrement 2010.
Le bassoniste Burak Özdemir propose ici une suite rebaptisée " New Four Seasons " de 4 concertos pour basson de Vivaldi. A la tête de l'ensemble Musica Sequenza, qu'il fonda en 2009, il nous invite à revisiter les saisons sous un angle moins descriptif, où le climat saisonnier tel qu'il est vécu aujourd'hui et les états d'âme qu'il engendre tiennent une plus grande place que le tableau pittoresque en soi. L'hiver, placé en tête, souligne déjà l'originalité d'une démarche qui vise aussi à rappeler que le basson était, après le violon, l'instrument de prédilection de Vivaldi (37 concertos). A l'instar de Vivaldi, Özdemir accompagne ses saisons d'un poème en quatre parties de sa composition (voir livret). Sans quitter le thème de l'intériorité et de la nature, l'enregistrement poursuit avec deux cantates relativement peu jouées et une adaptation en trio de la folia, thème très en vogue à l'époque. La démarche d'Özdemir, en quelque sorte, tend à démontrer qu'une oeuvre, pourvu qu'on y projette une intention, peut se transformer en musique à programme. La musique n'a-t-elle pas, en retour, le pouvoir de changer notre regard sur la réalité ? JL
CHANDOS, 2011.
Cet enregistrement réalisé par le choeur du Collège St John de Cambridge sous la direction d'Andrew Nethsingha convient parfaitement à l'ambiance recueillie d'une veillée de Noël. A côté des traditionnels du genre (Stille Nacht, O come all ye faithful ou Noël nouvelet) figurent des créations récentes comme un Balulalow de James Burton et The Lamb de John Tavener qui ne dépareillent nullement ce récital. A servir avec le cougnou et le chocolat chaud en rentrant de la messe de minuit. AG
NAIVE, 2011.
Mise en scène: Pierre Audi - Réalisation: Olivier Simonnet - Sous-titres: français, anglais - Enregistré en mars 2011 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.
Sept ans après un premier enregistrement chez Opus 111 (BV7503) avec le même ensemble et les mêmes rôles principaux, Jean-Christophe Spinosi revient à l'Orlando furioso de Vivaldi, en images et dans une mise en scène de Pierre Audi.
Dans une atmosphère blafarde, les personnages évoluent, se tourmentent, expriment leurs passions, trompent et aiment sans retenue. Dans le rôle titre, Marie-Nicole Lemieux est tout simplement impressionnante de vérité, mimant la jalousie et la fureur au plus juste. Le reste de la distribution est tout aussi brillant, tant sur le plan vocal que scénique. Un bon moment. NR
PENTATONE CLASSICS, 2012. Enregistrement 2011.
En 2010, l'Orchestre Symphonique de Radio de Berlin sous la direction de Marek Janowski, entame les enregistrements (publics) des 10 opéras principaux du compositeur. Pour le 200ème anniversaire de la naissance de Wagner, le label Pentatone marque le coup! Cet enregistrement relate l'histoire de Parsifal: ce "festival scénique sacré" en 3 actes se fonde sur des écrits de Wolfram von Eschenbach ("Parzifal", 1210) et de Chrétien de Troyes ("Perceval ou le Conte du Graal"). Crée en 1882 à Bayreuth, il est depuis largement commenté par diverses personnalités: pour les uns, c'est une mythification phallique, une démonstration conséquente de la suprématie masculine, pour les autres, Parsifal confirme le pouvoir nazi face aux "minorités"de l'époque. Pour Stravinsky, en 1912, il s'agit "d'une imitation inconsciente des rites ecclésiastiques". Vaste débat qui aujourd'hui encore n'a pas fini de faire couler de l'encre.... MDW
HARMONIA MUNDI USA, 2012. Enregistrement 2010.
L'ensemble vocal et instrumental britannique "La Nuova Musica" fait son apparition dans nos collections. Un bonheur ne venant jamais seul, ce jeune ensemble et son fondateur, David Bates proposent une rareté: la version originale (de 1712) de l'opéra Il pastor fido d'Haendel.
En 1710, Haendel est élu "Maître de Chapelle" par l'Electeur de Hanovre, poste qu'il n'accepta qu'à la condition de garder ses voyages dans la capitale anglaise. Dès 1712, ces fréquents aller-retour devinrent séjour permanent. Achevé la même année, Il pastor fido provient de la pièce éponyme de Battista Guarini, alors poète à la cour de Ferrare. Réduit à 3 actes (au lieu de 5), l'opéra compte 6 chanteurs (au lieu de 18). Les causes de ces réductions drastiques restent un peu floues: finances à la baisse, opéra pastoral bouche-trou? on ne sait pas vraiment....
Situé entre les opéras Rinaldo et Teseo, Il pastor fido occupe une place et un charme particuliers: tout y est intime, sobre et d'une beauté infinie...MDW
DECCA, 2012. Enregistrement 2011.
En marge de l'intégrale pour piano seul en 4 CD (bientôt dans nos collections) et après son récent enregistrement du Clair de Lune (ED4129), Philippe Cassard couronne la célébration du 150ème anniversaire de Debussy avec l'oeuvre complète pour 2 pianos qu'il interprète ici avec François Chaplin. L'enregistrement, qui conjugue deux sensibilités assez proches, présente l'avantage, au-delà de la qualité d'un jeu à la fois nuancé et énergique, de retracer les étapes importante du parcours du compositeur, depuis l'inspiration déjà prometteuse de la Première Suite de 1882 à la gravité de la Suite pour 2 pianos marquée par la grande guerre. Les transcriptions par Debussy lui-même d'oeuvres orchestrales comme la Première Suite ou le Prélude à l'après-midi d'un faune nous rappellent non seulement la nécessité, à cette époque, de la transcription des oeuvres pour orchestre afin d'assurer leur diffusion mais aussi le plaisir que Debussy prenait dans les exécutions à quatre mains avec des associés qui n'étaient autres que Paul Dukas et Paul Vidal. JL
MIRARE, 2011.
Le pianiste franco-libanais Abdel Rahman El Bacha enregistre ici des oeuvres pour piano de Prokofiev composées entre 1912 et 1917, période précédant le départ du compositeur vers les Etats-Unis en 1918. A travers ces pièces, on voit se concrétiser les éléments de langage qui, pour la plupart, se renforceront encore avec le temps, comme l'exploration de la polytonalité, l'usage de l'ironie, les structures inspirées de l'époque classique. Un pan intéressant dans l'oeuvre de Prokofiev. NR
NAIVE, 2011.
Sandrine Piau et Jérome Corréas célèbrent un siècle d'amour avec un programme qui fait la part belle à la musique française des 17ème et 18ème siècle: tragédie lyrique ou opéra-comique, les deux anciens étudiants du Conservatoire (de musique et de danse) de Paris proposent un voyage d'exception ayant pour guide Lully, Gretry, Rameau, Rebel, Francoeur, Campra, Charpentier, Favart et Sacchini. Je vous le conseille vivement! MDW
AMBRONAY EDITIONS, 2012. Enregistrement 2011.
Christophe Rousset joue la " rolls des clavecins " : un Donzelague de 1716 à deux claviers. Ce somptueux instrument signé par Pierre Donzelague est une oeuvre d'art à tous points de vue. Sa sonorité est puissante et volontiers cristalline tandis que la face interne du couvercle de l'instrument porte une peinture représentant l'apothéose de Jean-Philippe Rameau. Pierre Donzelague et Rameau s'étant liés d'amitié entre 1713 et 1715, c'est donc tout naturellement que Christophe Rousset s'est tourné vers lui pour établir le programme de cet enregistrement. Louis Marchand quant à lui est né à Lyon et y passera les premières années de sa vie. Son écriture pleine de grandeur illustre parfaitement le règne de Louis XIV et ses fastes là où celle de Rameau est à la recherche de l'harmonie et de la sensibilité. Tous deux trouvent ici l'instrument et l'interprète dignes de révéler toutes leurs qualités. AG
AGOGIQUE, 2011. Enregistrement 2010.
Dans cet enregistrement, Violaine Cochard nous fait part de son coup de foudre pour un clavecin fait par Joannes Daniel Dulcken à Anvers aux environs de 1740. Cet instrument exceptionnel a été restauré en 2007 pour le remettre dans son état d'origine c'est-à-dire avec un seul clavier et sa décoration vénitienne qui lui donne à la fois une sonorité flamande et italienne qui fait merveille pour la musique de JS Bach. Le programme choisi par Violaine Cochard rassemble des pièces " coup de coeur ", des Inventions à trois voix, des extraits des Suites anglaises ou des fragments de préludes et fugues parmi les mieux connus. Je suis plus réservée quant à l'interprétation qui use trop, à mon goût, des notes tenues pour envelopper l'image sonore au détriment de la vivacité du discours, de son rebondissement. A vous de juger. AG
POGUS PRODUCTIONS, 2011. Enregistrement 2010.
De février à mai 2010, un quatuor associant Francisco Lopez au Trio Tiple Point formé en 2008 par Doug van Nort, Jonas Braasch et Pauline Oliveros, procéda à une série d'improvisations live et en studio. Celles-ci devaient constituer le matériau brut à partir duquel chacun des musiciens du quatuor, reconstitué en septembre de la même année pour un concert au Deep Listening Institute de Kingston, procédera à deux transformations - réinterprétations électro-acoustiques. Ce mode opératoire était déjà familier du trio Triple Point et plus particulièrement de Doug van Nort qui, au moyen du GREIS (granular expended instrument system) transforme en live le saxophone guttural de Jonas Haarsch et les modulations, entre drones et fulgurances mélodiques, de Pauline Oliveros. Par delà les approches et techniques respectives, alternant la noise avec structures algorithmiques, c'est vers l'écoute profonde et aux confins des espaces sensoriels que nous entraînent ces quatre personnalités. JL
MD+G, 2012. Enregistrement 2011.
Voici le cinquième volume que l'Utrecht String Quartet consacre aux quatuors à cordes d'Alexandre Glazounov. Nous avons ici l'alpha et l'oméga de l'oeuvre pour quatuor du compositeur. Le Premier Quatuor porte le numéro de classement op.1 et a été terminé au printemps 1882. Le compositeur n'a que 17 ans à cette époque, son langage est proche de celui de Rimski-Korsakov ou de Balakirev avec la fraicheur de la jeunesse. La clarté rédactionnelle séduit dès la première écoute. Ecrit en 1930, le Septième quatuor à cordes se présente comme un hommage au passé, un moyen de mesurer le chemin parcouru. Ici la science de l'écriture pour quatuor atteint des sommets de délicatesse dans la manière de tisser les lignes mélodiques entre elles. Les recherches au niveau de la texture sonore ne peuvent laisser indifférent. Ainsi le début du troisième mouvement " Dans la forêt mystérieuse " en est un bel exemple. Le final " Festival russe " contient évidemment des ingrédients tirés du folklore ainsi que de la liturgie orthodoxe. C'est une apothéose où apparait aussi le son de la balalaïka, simulé par des accords. Si nous pensons aux nombreux événements qui ont marqué la destiné de la Russie de 1880 à 1930, nous pouvons alors mieux saisir ce que ce dernier quatuor à cordes peut avoir d'anachronique dans le paysage musical de la première moitié du 20ème siècle. Ceci pourrait aussi intervenir comme explication à l'oubli dans lequel est tombée l'oeuvre de Glazounov. Grâce aux recherches patientes des musicologues, son rôle dans l'éclosion de l'Ecole soviétique a été reconnu à sa juste valeur. Sa musique est à nouveau au programme des concerts, pour le plus grand plaisir de tous. AG
SUPRAPHON, 2012. Enregistrement 2011.
De petits éléments tournoyant dans le vide, se lovant sur eux-mêmes, glissant d'un incertain vers un indécis, s'éloignant peu à peu d'un centre imaginaire pour aller vers un ailleurs qui est Autre. Envisager la musique de Sofia Gubaidulina sans sa dimension religieuse, spirituelle et symbolique, c'est manquer une rencontre, celle avec une femme confrontée dès les débuts avec les contraires et tentant de les relier. La musique est-elle pour elle un moyen de répondre à cette tension ? Peut-être. Le Premier quatuor pourrait être une métaphore de l'opposition de ces contraires dans l'éloignement progressif de ses protagonistes tandis que le troisième quatuor accumule à l'envi les modes de jeu. Avec le Quatrième Quatuor pour cordes, balles en caoutchouc et bande magnétique, la compositrice arrive à la quintessence de sa quête de " reliance ". Près de dix ans plus tard, Reflections on the Theme B-A-C-H qui peut être considéré comme un cinquième quatuor à cordes apporte-t-il une réponse à cette recherche d'union des contraires ? Mais si réponse il y a, n'est-ce pas courir le risque de voir se tarir l'énergie engendrée par la question ? Assurément non, puisque le motif issu de l'Art de la fugue du grand Jean-Sébastien donne naissance à un flux d'abord indécis puis de plus en plus tendu vers les sommets de la tessiture du quatuor, véritable aspiration dirigée vers la transcendance et qui laisse à chaque auditeur le loisir de méditer. Pas de réponse, donc. AG
APARTÉ, 2011. Enregistrement 2010.
Alina Ibragimova, Pablo Hernan Benedi: violons - Emilie Hörnlund: alto - Claire Thirion: violoncelle
L'utilisation d'instruments montés sur des cordes en boyau et accordés à 430Hz confère à cette interprétation une atmosphère particulière, une dualité entre tension et détente. L'ensemble Chiaroscuro couple deux pièces des répertoires classique et romantique, les quatuors à cordes n°19 de Mozart et le célèbre Rosamunde op.29. MDW
CHANDOS, 2012. Enregistrement 2011.
Dans ces sonates et rapsodies, James Ehnes n'a rien perdu de la finesse et de la précision qu'il avait montrées dans son interprétation récente des concertos pour violon 1 & 2 (EB2884-2009-10). Il ne fallait rien de moins que la technique confirmée et le tempérament passionné d'Andrew Armstrong pour répondre à la ferveur inspirée du violon et donner à ces sonates et rapsodies un souffle et une pertinence qui font de cette version un must dans la discographie. Celle-ci ne regorge d'ailleurs guère d'interprétations récentes. JL
+ Fin alternative du deuxième mouvement de la Rapsodie n°1.
CHANDOS, 2012. Enregistrement 2011.
Le programme de ce bel enregistrement présente des réalisations orchestrales de la Sonate D936A de Schubert ("Rendering"), de la sonate pour clarinette opus 120 n°1 de Brahms et de 6 Lieder de Mahler. Les deux solistes sont exemplaires dans l'interprétation de cette musique écrite à plusieurs mains. AG
HARMONIA MUNDI, 2012. Enregistrement 2011.
Née en 1984 à Lille, Céline Moinet fait son entrée dans les collections de la Médiathèque avec un programme original: elle fusionne deux répertoires avec deux représentants de la famille Bach et 3 compositeurs du 20ème siècle: Luciano Berio, Benjamin Britten et Elliott Carter. Ce grand écart stylistique révèle l'intelligence de l'interprète mais évoque aussi l'intemporalité et la stabilité du hautbois, présent à chacune des époques. MDW
CHANNEL CLASSICS, 2012. Enregistrement 2010.
Toujours soucieux de la cohérence mélodique, Ivan Fischer, à la tête du Budapest Festival Orchestra, offre une version particulièrement soignée aussi bien dans la qualité des timbres que dans la précision rythmique. Une attaque des notes en douceur fait émerger les couleurs orchestrales avec une fluidité qui n'handicape nullement l'énergie et l'expressivité. Fischer a opté pour la version de 1913 (jamais éditée) qui, contrairement à celle de 1947 (version de 1921 revisitée), ne séparait pas les pupitres des vents. Toutes les qualités sonores se retrouvent dans l'Oiseau de Feu qui se présente ici davantage comme une suite de tableaux que comme un oeuvre continue. Le CD s'achève avec le Scherzo à la Russe, que l'on trouve souvent couplé en discographie avec l'Oiseau de Feu ou Petrouchka et avec une rare version orchestrale de Tango. JL
PRAGA DIGITALS, 2012.
16 cordes seulement pour énoncer (et méditer) ces 7 adagios composés par Haydn suite à une commande espagnole en 1786. La tâche du compositeur n'est pas simple car l'objectif de cette commande est de "remplir" (sans ennuyer l'auditeur) l'intervalle - de plus ou moins 10 minutes - entre les sermons de l'évêque de Cadix. Le célèbre Quatuor, constitué au Conservatoire de Prague dans les années '70, partage une nouvelle fois un savoir-faire et une rigueur hors norme. MDW
Choc de Classica avril 2012.
SONY CLASSICAL, 2012. Enregistrement 2011.
Simone Dinnerstein interprète Johann Sebastian Bach au disque pour la troisième fois. Aux deux premières partitas, elle joint les quatre Impromptus de Schubert, prétexte à démontrer que les musiques instrumentales de ces deux compositeurs expriment ce qui relève plutôt du chant: une grande force narrative.
L'approche interprétative de Dinnerstein est excessivement romantique, et ne laissera sans doute pas indifférent. Elle s'inscrit à l'opposé de la vision d'un Glenn Gould ou d'un Muray Perahia, pour ne citer qu'eux. Mais quoi qu'il en soit, sa technique est éblouissante, et sa musicalité ne fait aucun doute. NR
DGG, 2011.
Le mélange de neuf et d'ancien, les juxtapositions de mélodies et de rythmes font parfois ressembler la musique de Charles Ives à un puzzle que l'oreille doit reconstituer, un langage où l'inattendu surgit au bout d'un phrasé mélodique, où la citation donne pour un bref moment le sentiment de terre ferme...
Les quatre Sonates pour violon et piano ont toutes été écrites dans la même période, entre 1903 et 1915. La violoniste Hilary Hahn et la pianiste Valentina Lisista ont joué à plusieurs reprises ces oeuvres sur scène avant de les enregistrer, en peaufinant ainsi, au contact du public, les subtilités expressives. NR
SONY CLASSICAL, 2012. Enregistrement 2009.
Cette compilation des sonates de Händel embrasse quarante années de composition depuis les années italiennes de 1706 à 1710 jusqu'à l'année 1749 où le compositeur cessa d'écrire de la musique de chambre. Certaines sonates furent écrites quand Händel était maître de musique à la cour d'Angleterre, d'autres sont contemporaines de cantates et d'oratorio dont elles empruntent les thèmes ou encore s'inspirent d'autres pièces instrumentales. Les partitions qui n'ont pas toutes été authentifiées avec certitude étaient destinées aussi bien au hautbois qu'à la flûte ou au violon. L'ensemble Musica Antiqua Roma, qui fut fondé en 2007 par Riccardo Minasi, explorent les répertoires du baroque naissant au début du 19ème siècle avec une prédilection particulière pour les compositeurs romains. JL
TRANSART, 2011. Enregistrement 2010.
Chopin compose le Trio op.8 pour le violon à l'âge de 19 ans alors qu'il est étudiant. Cette oeuvre de jeunesse montre que le compositeur - avant de se livrer exclusivement au clavier - entrouvre discrètement la voie de la musique de chambre. L'interprétation d'Antoine Pierlot, d'Abdel Rahman El Bacha et d'Olivier Charlier fait preuve d'élégance et de poésie. MDW
Enregistré en concert en juillet 2010 dans le cadre des Flâneries Musicales d'été de Reims.
ELOQUENTIA, 2008.
CHOC CLASSICA-REPERTOIRE Avril 2012
Dans l'écriture à trois voix, les instruments doivent conduire autant de mélodies tout en assurant un parfait équilibre harmonique. Ces compositions étaient très prisées dans la première moitié du XVIIIème siècle, car elles représentaient l'idéal polyphonique. Les Six Sonates pour violon et clavecin de Johann Sebastian Bach font partie de ce répertoire et en sont une bonne illustration. Elles mettent en lumière le dialogue entre le violon et chacune des mains du clavecin. Trois parties donc, à travers lesquelles circulent les motifs mélodiques en de subtils jeux de questions et réponses, que rend limpides la lecture de Florian Deuter et Philippe Grisvard. La quasi absence de vibrato et les sonorités aux coloris acidulés du violon baroque de Florian Deuter permettent de ciseler clairement les contours mélodiques. Une interprétation d'une grande délicatesse, même si elle n'est pas parfaite.
Deux sonates pour violon et basse continue complètent le programme. NR
HALLE CONCERTS, 2009-2007. Enregistrement 2006.
Mark Elder, qui est directeur musical du Hallé depuis 2000, adopte ici un tempo vigoureux et un phrasé expressif qui font merveille dans ces deux symphonies d'une grande plasticité dramatique. La première fut enregistrée en studio en 2007 et la troisième en public lors d'un concert au Bridgewater Hall de Manchester en 2007. JL
CPO, 2012-2010. Enregistrement 2009.
Dans la pléthore d'enregistrements des Symphonies de Brahms, la version d'Andrew Manze semble se dégager d'un "maniérisme" utilisé par le passé. Les sonorités sont denses et les respirations amples ce qui permet à cette intégrale d'opter pour un propos engagé et convaincant. MDW
NAIVE, 2011. Enregistrement 2012.
Avec un "pedigree" musical qui donne le vertige, Tugan Sokhiev est (notamment) à la tête de l'orchestre National du Capitole de Toulouse à la suite de Michel Plasson. Cet élève d'Ilya Musin nous donne une vision enlevée des univers de Tchaikovsky et de Chostakovitch. Rappelons que pour Tchaikovsky, chaque symphonie représente "une véritable mise en scène de son monde intérieur". Dans son Ouverture festive, Chostakovitch explore les états d'âmes de l'homme passé par de multiples obstacles et qui tente de reconstruire son pays, à moins qu'il ne s'agisse de lui-même... MDW
MDG, 2011. Enregistrement 2010.
"Légèreté et absence de pathos dans les mouvements lents" sont plusieurs qualificatifs donnés à l'interprétation d'Heinz Holliger dans cet enregistrement des symphonies 3 et 4 de Mendelssohn. Pour la quatrième symphonie, Holliger utilise la version révisée par le compositeur en 1834 et qui selon lui, est plus "fidèle aux intentions" du créateur. (d'après Quobuz)
APARTÉ, 2011.
Né à Cagliari en 1985, Giulio Biddau débute ses études de piano à 12 ans. Dès 2003, il a pour professeur et/ou conseil Jean-Marc Luisada et Aldo Ciccolini (ce dernier lui suggère l'enregistrement des Barcarolles). C'est donc avec aisance qu'il aborde le répertoire de Fauré. Personnellement, je pense qu'il s'agit d'une inteprétation honnête. MDW
ALGA MARGHEN, 2009. Enregistrement 2003.
Dick Higgins, qui était originaire d'Angleterre, avait 26 ans lorsqu'il fonda à Chelsea (Manhattan) les éditions " Something Else Press " qui devait être une des fenêtres incontournables de la littérature avant-gardiste, de la poésie concrète et surtout du mouvement Fluxus dont il fut l'un des co-fondateur en 1961. Compositeur, ayant étudié auprès de Cage et Henry Cowell, écrivain et pionnier du " happening " (1958), Higgins développera en 1965, sous l'appellation " intermedia ", un concept esthétique visant à décloisonner les domaines artistiques et, conformément à l'esprit de Fluxus, à faire tomber les barrières entre l'objet d'art et celui de la vie quotidienne. Dans son manifeste " Statement of Intermedia " de 1966, Higgins souligne l'importance pour le créateur de se réapproprier le monde au travers des techniques médiatiques de son temps et définit l'approche " intermédiatique qui " consistera précisément à " donner de l'emphase à la dialectique entre les médias. Un compositeur est un homme mort à moins qu'il ne compose pour tous les medias et pour son monde ", " This is the intermedial approach, to emphasize the dialectic between the media. A composer is a dead man unless he composes for all the media and for his world ". S'appliquant également à l'expression simultanée de plusieurs champs artistiques, le concept d'intermedia aura une influence déterminante dans le développement de la performance dans l'art occidental contemporain. " The Thousand Symphonies " est l'aboutissement d'un projet de show au Douglass College de la Rutgers University de New Brunswick. L'université, qui collabora de manière suivie avec le mouvement Fluxus, fut également le terrain d'expérimentation des premiers " happenings ". " The Thousand Symphonies " fait partie de ces expériences artistiques où les réalités du monde, sociales ou politiques sont remises en perspectives et si le processus de création repose ici sur l'utilisation des armes à feu, il s'agit, au-delà d'une réflexion sur la société répressive en général, de dénoncer certaines dérives de la police et les conséquences désastreuses d'un acharnement punitif disproportionné envers la jeunesse. Higgins eut l'idée de confier à des policiers la confection de partitions musicales à partir de feuilles vierges qu'ils prendraient pour cibles. Il resterait alors aux musiciens de composer sur le graphisme des feuilles perforées. L'événement musical fut filmé et eut un certain retentissement médiatique tandis que les partitions, qui devaient être interprétées ensuite par un orchestre de bénévoles dirigé par Philip Corner, font actuellement partie de la collection Hahn du Musée d'Art Moderne de Vienne. Le titre " The Thousand Symphonies ", au-delà d'une critique de la répression policière, interroge également un certain parallélisme entre une civilisation occidentale établie sur l'autorité coercitive et l'orchestre symphonique. JL
MDG, 2012. Enregistrement 2011.
1762: Gluck dont la renommée est internationale reçoit le poste de directeur du Théâtre de Bologne et dans le même temps doit fournir un opéra à ses commanditaires. Le choix du librettiste s'est porté sur Métastase, auteur prometteur qui assure le succès du Triomphe de Clélie de Johann Adolf Hasse la même année. Gluck est tenu de mettre en musique le texte de Métastase et de garder le style traditionnel et conforme aux exigences données. Voici la théorie. En pratique, le compositeur gardera le style en vigueur et y apportera quelques nouveautés comme la prépondérance de l'orchestre. Il n'y eu qu'une seule représentation (1763) qui reçut un accueil assez tiède. La suivante eut lieu en... 2001! Les partitions sont restées enfouies dans les archives d'une bibliothèque italienne pendant plus de 2 siècles. Du point de vue de l'interprétation, j'avoue être restée sur ma faim: jeu de l'orchestre un peu fade et voix assez inégales. Et vous, qu'en pensez-vous? MDW
SUPRAPHON, 2012-2010. Enregistrement 2009.
Si, au cours de sa longue vie, Foerster a pu connaître le romantisme, le déclin de celui-ci au tournant du vingtième siècle et la remise en question de la tonalité, jamais il n'abandonnera celle-ci, préférant exploiter toutes les nuances et subtilités du diatonisme pour affirmer un style finalement très personnel. Au delà des influences de Dvorak et de Smetana qu'il connaissait et de Grieg et de Mahler (avec lequel il était lié d'amitié), son oeuvre est surtout marquée par la volonté de suivre son propre chemin et aussi par un certain art de la délicatesse. Tout au plus peut-on percevoir l'influence de l'Ecole de Vienne dans une écriture plus audacieuse dans les oeuvres composées après la guerre 14-18. C'est notamment le cas du troisième trio qui fut composé quarante ans après le premier (contre 70 ans entre la premier et le dernier quatuor), ce dernier étant le seul composé dans son pays natal. JL
VIRGIN CLASSICS, 2012. Enregistrement 2011.
Vu sur Qobuz:
Le lundi 19 décembre 2011 au Théâtre des Champs-Élysées eut lieu un concert exceptionnel, au profit de la lutte contre le cancer en Europe. Autour d'Emmanuelle Haïm et du Concert d'Astrée se réunissaient 25 artistes lyriques parmi lesquels Natalie Dessay, Rolando Villazón, Anne Sofie von Otter, Philippe Jaroussky, Patricia Petibon ou Sandrine Piau. Virgin Classics nous propose aujourd'hui de vivre a posteriori cette fabuleuse soirée, un gala musical comme on n'en fait plus et u ne occasion d'entendre les grands noms qui font l'honneur des belles pa ges du Baroque. AF
CHANDOS, 2012. Enregistrement 2011.
Vu dans Diapason (avril 2012)
Voici paru le troisième volume de la série consacrée par Edward Gardner à la musique du compositeur polonais Witold Lutoslawski. Après le Concerto pour orchestre, la Troisième symphonie, Paroles tissées, Les espaces du sommeil, Chantefleurs et Chantefables, nous revenons ici à des oeuvres orchestrales majeures de son catalogue. Les Variations symphoniques, le Concerto pour piano, les Variations sur un thème de Paganini et la Quatrième Symphonie font l'objet de ce bel enregistrement, mené de mains de maître. De la première à la dernière plage, quelques cinquante années s'écoulent éloignant le compositeur de ses modèles polonais (Szymanowski, notamment) pour aboutir à sa manière jouant sur les ambiguïtés, entre tonalité et modalité. AG
CHANDOS, 2012. Enregistrement 2011.
Dietrich Buxtehude ne doit pas sa notoriété uniquement à sa magistrale oeuvre pour orgue, instrument dont il jouait brillamment. Originaire du Holstein, région frontalière entre Allemagne et Danemark, il fut actif à Helsingborg (qui était alors danoise) et Elseneur avant de s'installer à Lübeck où il se maria. Il prit la succession de Franz Tunder à l'orgue de l'église Saint Marie (Marienkirche) et institua à partir de 1673 les concerts du soir qui établirent sa réputation de compositeur dans toute l'Allemagne du nord, attirant les jeunes musiciens désireux de rencontrer le maître reconnu comme l'organiste le plus fabuleux de son temps : Nikolaus Bruhns (l'un de ses élèves les plus doués), Haendel et Mattheson, puis Bach firent le voyage de Lübeck. Les Sept sonates de l'opus 2 ont été publiées en 1696 à Hambourg, précédées deux ans auparavant par les sonates de l'opus 1. Ces sonates en trio pour deux violons et basse continue font se succéder comme la suite une série de mouvements contrastés dont quelques mouvements de danse. Le modèle de ces sonates est italien avec quelques cadenzas libres au violon comme le Concitato de la cinquième sonate. L'interprétation du Purcell Quartet est dynamique et pleine de clarté, une bonne occasion de jeter une oreille à ces sonates. AG
PAN CLASSICS, 2012. Enregistrement 2011.
DIAPASON D'OR mars 2012
Diego Ares fait sonner un clavecin espagnol, copie d'un instrument de Francisco Pérez Mirabal de 1734 pour ces sonates de Domenico Scarlatti. Elève de Richard Egarr à Amsterdam, Ares a poursuivit ses études de clavecin à la Schola Cantorum Basiliensis. Son jeu est subtilement sensible, il n'hésite pas à rompre le mouvement là où l'expressivité le requiert. Son usage original et bien à propos des registres du clavecin donne couleurs et reliefs à cet enregistrement qui mérite bien sa récompense en or. AG
ALIA VOX, 2012-2009. Enregistrement 1978.
Ce coffret est un hommage à une grande dame récemment disparue. Trente-six titres enregistrés entre 1978 et 2009 et illustrant une période presque millénaire (du 12ème au 20ème siècle) nous dresse un panorama de l' immense talent de Montserrat Figueras. Un livret de 273 pages en 6 langues (français, anglais, castillan, catalan, allemand, italien), illustré de très nombreuses photos accompagne les 2 CD. Il reprend les textes des pièces chantées. Diverses personnes dressent un portrait attachant de la soprano catalane: son compagnon de toujours, Jordi Savall, complice d'une aventure humaine et artistique qui leur a valu d'être distingué par l'UNESCO en 2007; Renaud Machart, critique musical et producteur de musique; Manuel Forcano, professeur de littérature hébraïque à l'Université de Barcelone; Rui Vieira Very, professeur à l'Université de Lisbonne et Carles Duarte i Montserrat, poète et linguiste catalan. Autant de regards, certes émouvants, mais qui s'attachent surtout à souligner l'importance de la carrière qu'a menée Montserrat Figueras, notamment dans le domaine de l'interprétation des répertoires anciens, d'où l'intérêt réel de cette compilation. AF
DGG, 2012. Enregistrement 2011.
Née à Pékin en 1987, Yuja Wang est déjà entrée dans la légende : technicité, charisme et inspiration poétique la destine à un répertoire très vaste. Si Chopin (DC6194) et Rachmaninov (ER0593) devaient inaugurer sa discographie, c'est par un choix plus éclectique de romantiques et postromantiques qu'elle nous démontre aujourd'hui l'amplitude de sa sensibilité. Il s'agit en fait d'une sélection de coups de coeur que la pianiste compare à une série de haïkus, pas très longs mais tout en intensité et irradiant d'échos infinis. JL
HARMONIA MUNDI, 2012. Enregistrement 2011.
Conçu sous la forme du "parcours fictif d'un personnage romantique", le dernier CD du ténor allemand trace les âges de la vie d'un être en quête de sens et d'équilibre avec ce qui l'entoure. Au fur et à mesure des plages, chaque lied donne une réponse à un questionnement existentiel profond. Quant à l'interprétation de Werner Güra accompagné au piano par Christoph Berner, cela se passe de commentaire si ce n'est: recette magistrale! MDW
Diapason d'or mars 2012.
CPO, 2011.
Michael Schneider et ses collègues poursuivent avec le même bonheur leur série consacrée aux concertos pour instruments à vent de Georg Philipp Telemann. On peut à nouveau s'extasier devant le naturel de l'écriture qui dissimule sa polyphonie sous des lignes mélodiques chantantes menant à ce qu'on appelle la " noble simplicité " de la musique de Telemann. Témoins des Goûts réunis chers aux compositeurs baroque, les concertos TWV53 :D1 et TWV53 :C1 empruntent leur manière et le titre de leurs mouvements du style français tandis que le concerto pour flûte TWV51 :D3 ramène quelques souvenirs du séjour que le compositeur fit en Pologne. Dans ce dernier concerto, les rythmes viennent en droite ligne des danses pratiquées dans ce pays auxquelles se mêlent des chants d'oiseaux, flûte à bec soprano oblige. Un bel enregistrement, comme les précédents et une musique qui réjouit le coeur. AG
DUX, 2010.
Précédant celui de Varsovie, le Studio Expérimental de la Radio Polonaise (PRES ; Polish Radio Experimental Studio), fut créé en 1957 par Jozef Patkowski. S'il devait figurer, avec ceux de Cologne, Paris et Milan, parmi les premiers studios de musique électronique, les compositeurs qui y collaborèrent restèrent à l'écart de la scène médiatique accaparée par l'Europe de l'ouest. Cet éloignement devait leur permettre, en tout cas, d'échapper aux divisions doctrinaires entre musique concrète et électronique et de montrer une liberté qui leur confèrera une nouvelle vie au sein des tendances d'aujourd'hui ; on pourrait même parler de réincarnation puisque le travail de Reinhold Friedl, à la tête de l'ensemble Zeitkratzer, consistera précisément à transposer dans le corps des instruments une série de pièces au départ entièrement électroacoustiques. Bien au-delà du simple défi de la transposition, il s'agira pour les instrumentistes de Zeitkratzer non seulement d'explorer de nouvelles sonorités mais surtout d'inscrire dans une nouvelle cohérence une musique intimement liée à la nature du medium électronique. Le CD restitue l'enregistrement en live du concert donné le 4 septembre 2010 à la Synagogue Blanche de Sejny. JL
Haut de la page