Compositeurs dont le nom commence par :
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Titres commençant par :
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AD VITAM RECORDS, 2011.
Situé à 35 km au sud-est de Mossoul, Qaraqosh abrite une importante communauté de chrétiens d'Irak qui s'y est réfugiée pour fuir les persécutions. Syriaques catholiques, syriaques orthodoxes, chaldéens, latins... ils chantent contre l'oubli. Armé d'un minuscule matériel, Jean-Yves de Rossi est allé les enregistrer. En arabe, chaldéen, syriaque, araméen, deux mille ans d'histoire résonnent ici à travers les plus beaux cantiques de leurs traditions respectives. AF (d'après le livret)
HYPERION, 2011. Enregistrement 2010.
Vu dans Diapason (septembre 2011)
Krysia Osostowicz, Giles Francis: violons - Judith Busbridge: alto - Bernard Gregor-Smith: violoncelle
" Voix intimes ", jamais titre ne s'est aussi bien adapté au contenu d'un enregistrement. En effet, Jean Sibelius et Bedrich Smetana livrent leurs préoccupations intimes dans les trois quatuors enregistrés ici. Le Quatuor à cordes en ré mineur Voces intimae op. 56 fut commencé dans les dernières semaines de l'année 1908. Sibelius y travailla à Londres au début 1909 pour y mettre le point final à Paris en avril 1909. C'est l'oeuvre de musique de chambre la plus étendue dans le catalogue du compositeur. D'emblée, elle surprend par un langage s'éloignant du romantisme pour entrer dans la modernité. Les thèmes abondent, se bousculent, la musique trépigne dans une sorte d'urgence, reflétant les pensées tantôt pleines de confiance, tantôt les plus sombres qui se bousculent dans l'âme de Sibelius. Le Quatuor en ré mineur est un jalon annonçant la Quatrième Symphonie.
La genèse du Premier Quatuor en mi mineur de Smetana remonte à l'été 1874, le compositeur était alors en butte à une campagne de dénigrement lui reprochant d'être trop âgé et d'avoir été incapable de créer une musique spécifiquement tchèque. Ces reproches touchent profondément Smetana, des troubles de l'audition apparaissent à ce moment menant à la surdité totale dans le courant du mois d'octobre de la même année. Après une période d'abattement, il revient à la composition en 1876 avec un quatuor qu'il intitule " De ma vie ". Oeuvre programmatique dont les quatre mouvements évoquent pour le compositeur le déroulement de son existence. Ainsi dans le premier mouvement Allegro vivo appassionato, il rappelle la fougue de sa jeunesse tout en faisant deviner le destin qui l'attend : le note mi du final figure le sifflement qui annonçait sa surdité. L'Allegro moderato alla polka revient à l'entrain de la jeunesse, au plaisir de la danse et au souvenir des danses tchèques composées par Smetana. Suivent alors les amours du compositeur dans un Largo Sostenuto passionné. Le Vivace terminal exprime la joie d'avoir su créer un langage musical national et de constater le succès qu'il engendre. Ce finale entraînant est brusquement interrompu par un silence dans lequel vient résonner la note mi dans l'aigu. Smetana décrit alors l'installation de la surdité et le désarroi qu'elle fait naître en lui. Nous recevons là les confidences intimes d'un homme privé de son art, de son pouvoir de création. Le Second Quatuor, bien que distant de 6 ans du premier, s'inscrit dans la même trajectoire autobiographique. Interné dans une maison de santé, Smetana pratique une écriture plus épurée fonctionnant par allusion. Le premier mouvement Allegro recherche les contrastes saisissants ; le mouvement qui lui succède fait nettement référence au Premier Quatuor par la tonalité de mi mineur et le choix d'un rythme de polka. Les interruptions sont nombreuses dans ce mouvement, faisant alterner des climats contradictoires. Cette manière de faire se retrouve dans le troisième mouvement Con fuoco qui surprend par sa véhémence. Le discours est véritablement éclaté, superposant divers éléments. La conclusion est un Presto utilisant la polka comme substrat. Composé en ré majeur, cette fin apparaît comme un happy end bien étrange. Le Dante Quartet offre ici une belle lecture équilibrée mettant autant en valeur les éléments idiomatiques de chaque compositeur et le contenu émotionnel de ces oeuvres. AG
AVI RECORDS, 2011. Enregistrement 2010.
Christian Tetzlaff et sa soeur Tanja se retrouvent ici réunis au sein d'un quatuor dans le cadre de la saison 2010 du Festival Spannung (tension) organisé à la station hydro-électrique de Heimbach. Le bâtiment " Jugendstil ", construit en 1904 au coeur de l'Eifel allemand, abrite depuis 1998 l'événement annuel dont le nom " Spannung ", faisant écho à l'électricité produite sur place, est censé également donner le ton de la musique programmée. Celle-ci, du baroque à l'époque contemporaine, confronte les répertoires connu et inconnu, en interrogeant certains parallélismes qui, précisément, peuvent être ressentis comme des tensions. C'est dans cet esprit de résolution des distances que le présent enregistrement explore l'énigmatique lien entre l'Art de la Fugue de Bach et la musique de chambre de Beethoven, notamment au travers d'une approche de la polyphonie où l'on retrouverait leur intérêt commun pour la musique de Palestrina. Le parti pris de renoncer au vibrato, contribuant ainsi à faire ressortir les structures polyphoniques, confère à l'enregistrement un son original que l'excellente prise de son en live ne vient en rien desservir. JL
BIS, 2011. Enregistrement 2009.
Emanation de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, le Berlin Philharmonic Wind Quintet a vu le jour en 1988, à l'époque où Herbert Von Karajan dirigeait l'orchestre. Le répertoire pour cette phalange n'est pas légion à moins d'étoffer le quintette en ajoutant d'autres souffleurs et même des instruments d'autres familles. C'est ainsi qu'un piano, un deuxième basson et une clarinette basse viennent se joindre à la flûte, au hautbois (et cor anglais), à la clarinette, au cor et au basson formant le quintette. Le Quintette en Mi bémol op.88 n°2 d'Anton Reicha fait partie du répertoire de base du quintette à vent. Il fait un peu figure de dinosaure en ce début du 19ème siècle tant son écriture est classique. Aux côtés de Beethoven, de Schubert et d'autres qui eux pratiquaient déjà le langage romantique, nous sommes ici dans l'univers de Joseph Haydn. Reicha fait passer dans son quintette un entrain, une joie de vivre que les interprètes ne manquent de transmettre. Le programme de ce disque ayant été établi dans un souci des contrastes, nous passons au sextuor avec piano de Bohuslav Martinu rédigé en 1929 à Paris. La flûte et le piano se taillent la part du lion tout en payant de leur personne, la virtuosité est leur lot et le Scherzo leur appartient en exclusivité. A part l'Adagio qui est mélancolique, les autres mouvements affichent un côté guilleret, faisant de cette oeuvre un divertissement de choix. Retour à Reicha pour ses Trois pièces pour cor anglais et quintette à vent, oeuvre de qualité dans laquelle le hautbois dialogue volontiers avec la flûte. Le ton est plus sérieux notamment dans la troisième pièce et les aspects lyriques prédominent nous offrant une image contrastée de l'oeuvre de ce compositeur. Nouveau contraste avec la Marche des Gorges Bleues de Leos Janacek et surtout Mladi pour sextuor à vent. Toutes deux datent de la même année : 1924. La Marche a été conçue au départ pour piccolo avec accompagnement de glockenspiel ce qui donne un charme féérique à cette page bien enlevée. Mladi révèle deux aspects contradictoires de la personnalité de Janacek : un aspect enjoué et un autre plus sombre. L'Allegro appartient à la première catégorie ainsi que le Vivace reprenant le thème de la Marche des Gorges Bleues. L'Andante sostenuto est chantant et déploie un folklore imaginaire tandis que l'Allegro animato final demande aux instrumentistes de déployer leur virtuosité. Un enregistrement qui ne manque pas de souffle. AG
ORF, 2010-2009. Enregistrement 1999.
La musique de Jorge Sanchez-Chiong cherche à capter le dynamisme vital et la spontanéité de l'improvisation. Puissante, intense, convulsive, kaléidoscopique, imprévisible, quelques mots pour qualifier sa manière de se faire entendre. Fusionnant ses expériences diverses comme turntablist et compositeur, Sanchez-Chiong aime collaborer avec DJs, artistes du théâtre expérimental, de la vidéo et improvisateurs, nourrissant son projet aux contours protéiformes capable d'attirer à lui un public varié et prospecteur. AG
HARMONIA MUNDI, 2011. Enregistrement 2009.
Fondé vers 1180 près de Burgo, au nord de l'Espagne, le monastère de Las Huelgas était un lieu de retraite pour les membres féminins de la famille royale et de l'aristocratie. A ce titre, il jouissait de privilèges particuliers et leurs abbesses avaient les mêmes droits que les prêtres: elles pouvaient notamment dire la messe. Il semble que la polyphonie était chantée et appréciée à Las Huelgas, malgré la règle cistercienne qui interdisait aux femmes le chant polyphonique. Il est donc pertinent de se demander à qui étaient destinées les oeuvres reprises dans le fameux Codex Las Huelgas, un vaste corpus de musique religieuse copié au début du 14° siècle. Cette question n'a pas encore été tranchée par les musicologues, certains étant d'avis que ces oeuvres étaient destinées à un choeur de chapelains, engagé pour l'occasion. Par contre, les chanteuses de l'ensemble Anonymous 4, un quatuor vocal a cappella, pensent que ce répertoire a pu être collecté à l'usage des moniales. Elles nous propose donc un programme construit autour d' une journée de célébration musicale en l'honneur de la Vierge Marie, tel qu'on pouvait l'entendre au monastère de Las Huelgas au 13° siècle. Le résultat est sobre, dépouillé et vraiment très beau. AF (d'après le livret).
ALPHA, 2010.
Le Quadriga Consort avait déjà charmé nos oreilles dans un précédent enregistrement consacré à des chansons des Iles Britanniques (réf. GC1570). Les voici de retour avec un très beau disque évocant la mer au travers de chansons traditionnelles d'Ecosse, d'Irlande et d'Angleterre. La voix élégante d'Elisabeth Kaplan se mêle aux brumes et aux embruns pour parler de départs lointains, de sirènes aux longs cheveux et de marins courageux. Les flûtes à bec, les violes, les percussions et d'autres instruments baroques viennent se glisser entre les chansons pour nous parler d'odeurs iodées, de petits bars où coule le rhum et du craquement des bateaux à quai un soir de tempête. Invitation au rêve ou au voyage, comme vous voulez. AG
K617, 2011.
En hommage au bicentenaire du compositeur, Benjamin Righetti propose ici une transposition pour orgue de la Sonate en si de Liszt (désignée sur le CD sous son appellation autographe "Grande Sonate pour piano forte" pour mieux faire apparaître que les versions pour piano apportaient déjà une évolution au niveau des timbres) et, exploitant au maximum les ressources de l'instrument, nous livre une nouvelle dimension de ce monument d'expressivité sur le grand orgue Goll de l'église française de Bern. Dans le même esprit de recherche sonore, l'académie vocale de Suisse Romande, que son directeur Renaud Bouvier désigne à juste titre comme un " orchestre de voix " joue, avec délicatesse, justesse et sensualité, sur la palette à la fois romantique et palestrinienne de la Missa Choralis pour choeur et orgue. JL
PASSACAILLE, 2011. Enregistrement 2008.
José Antonio Carlos de Seixas a été la figure de proue de la musique portugaise du 18ème siècle. A la fois organiste et claveciniste, il possédait une technique à toute épreuve le rapprochant en cela de Domenico Scarlatti avec lequel il eut l'occasion de travailler. Originaire de Coimbra où il avait été organiste, il s'installa à Lisbonne vers 1720 où il obtint le poste d'organiste de la Chapelle Royale, poste qu'il conserva toute sa vie. Il ne subsiste aucun manuscrit autographe des oeuvres de Seixas, le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 pourrait être la raison de ce manque. On sait par contre que ce qui nous est parvenu à l'état de copies ne représente qu'une toute petite partie de son catalogue. Le musicologue anglais Carl Kastner (1908-1992) a fait paraître deux volumes reprenant les sonates pour clavier de Seixas, en tout une bonne centaine. C'est dans ces publications que Nicolau de Figueiredo a puisé pour concocter le programme de ce disque. Les sonates de Seixas présentent un style de transition entre le langage baroque et le classicisme dans ses débuts (style galant et Ecole de Mannheim). Contrairement à Scarlatti, les sonates de Seixas ne se contentent pas de deux mouvements, leurs dimensions peuvent être plus impressionnantes et connaître des développements modulants audacieux. A découvrir...AG
NIMBUS, 2011-2010. Enregistrement 2008.
Pour savourer la totalité des enregistrements de Martin Jones dédiés à Carl Czerny et aux sonates pour piano, il vous suffit d'emprunter les deux premiers volumes portants les cotes respectives: DC9764 et DC9766. Et d'y lire les zones notes adjointes, bien sur! MDW
ALIA VOX, 2011. Enregistrement 2010.
Comme chaque année, c'est un superbe disque que nous offre Jordi Savall en cette fin 2011. Dans le substantiel livret qui l' accompagne, il revient sur l'événement majeur qu'a été la prise d'Istamboul par les turcs en 1453. La ville a de tout temps été une ville cosmopolite et un lieu de rencontre interculturelle; mais à partir de cette date , les interactions entre l'Europe et l'empire turc seront plus nombreuses . Deux ans après "Istamboul - Dimitrie Cantemir" (BA0455) consacré à l'auteur du "Livre de la Science de la Musique", un moldave qui collecta pendant plus de vingt ans les musiques savantes ottomanes, Jordi Savall continue d' explorer ce répertoire fascinant, en dialogue avec d'autres cultures: les compositions de Cantemir alternent avec des romances de la diaspora sépharade chantées par la regrettée Montserrat Figueras et Lior Elmaleh et avec des pièces instrumentales arméniennes. AF
Les titres: Taksim & Makam "Uzzäl usüles Darb-i feth" de Dervis Mehmed; Segâh Kâr "Kâr-i Ses-âvâz" de Hace Abdülkadir Meragi (1350-1435); Chanson et Danse "Siretsi yares Taran-Noubar noubar", anonyme arménien; Por alli pasó un cavallero, anonyme sépharade (16°); Taksim & Makam "Bûselik usûles" de Dimitrie Cantemir (1673-1723) ; Hisar Agir Semai" de Mustafa Efendi (640-1712); Taksim & Danse: traditionnel arménien; Prière, traditionnel hébraïque; Taksim & Makam Rehavi Cember de Tanburi Angeli (?-1690); Gazel, improvisation; Taksim & Makam "Hicâz usüles Devr-i Kebir", anonyme; "Punxa, punxa", romance sépharade; "El rey que tanto madruga", anonyme sépharade (16°); "Hisar Buselik Sarki" de Tanduri Mustafa Cavus (1700-1770), plainte "En Sarer II" de Goussan Ashot de Goussan Ashot (Arménie); Rast Nakis beste "Amed nesim-i" de Hace Abdülkadir Meragi (1350-1435).
Les instruments: lyre, vielle, rebab, duduk, kemençe, kaval, ney, santur, morisca, oud, tanbur, kanun et percussion.
RCO, 2011. Enregistrement 2010.
Enregistrement public au Concertgebouw d'Amsterdam en mars 2010.
Pour fêter ses 81 ans, Bernard Haitink enregistre, pour la seconde fois, la Quinzième Symphonie de Dmitry Chostakovich. C'est en 1978, dans le cadre de l'enregistrement de l'intégrale des symphonies du compositeur russe qu'Haitink avait donné, à la tête du Concertgebouw, sa lecture de ce monument, l'intégrale étant depuis lors devenue, elle aussi, un monument. Trente trois ans se sont écoulés entre ces deux versions, l'orchestre a changé, le chef a acquis de la maturité. Oserais-je dire que cette relecture va à l'essence du texte ? Haitink jette sur cette symphonie dans laquelle Chostakovitch évoque les différentes étapes de la vie humaine, un regard personnel qui diffère de sa première version, non pas au niveau des notes mais au niveau de l'esprit. Une autre richesse ? Très certainement. AG
NAXOS, 2011-2010. Enregistrement 2008.
Vu dans Classica (octobre 2011)
APARTÉ, 2011. Enregistrement 2010.
BIS, 2011. Enregistrement 2008.
Voici un enregistrement qui met en présence trois pièces orchestrales majeures du catalogue de Paul Hindemith. En réalité, ces trois oeuvres nous plongent au coeur du dilemme de sa vie : la place de l'artiste dans la société moderne. A l'époque de la création de la Symphonie Matthis des Maler (1934), le parti nazi avait été élu au pouvoir prenant en main les destinées de l'Allemagne. L'oeuvre fut critiquée, la musique d'Hindemith fut diffusée plus rarement à la radio, elle fut de moins en moins jouée dans les salles de concert, jusqu'au jour où il fut ouvertement accusé de " pervertir de la manière la plus vile la musique allemande ". Un langage concis faisant la part belle au contrepoint, une once de néoclassicisme, la présence d'un élément spirituel sous forme de choral, sont-ce là des sources de perversion ? Lorsqu'il rédige Nobilissima Visione (1938) dans sa version suite d'orchestre, Hindemith a déjà quitté l'Allemagne pour s'installer en Suisse. Ici aussi, on chercherait en vain des traces de perversité : un recourt aux formes traditionnelles (la fugue, la passacaille), un travail de variations à faire blêmir Beethoven et un arrière fond religieux puisque c'est Saint François d'Assise qui est évoqué dans ce triptyque. Un exil supplémentaire aux Etats Unis permet aux Métamorphoses symphoniques (1943) de voir le jour. Ce sont des thèmes de Carl Maria von Weber qui servent de substrat pour ce qu'il conviendrait d'appeler une métabolisation. A la place de réelles variations, Hindemith s'empare de la musique de Weber pour lui donner un jour nouveau et cela depuis le premier exposé du thème. Se succèdent différentes couleurs orchestrales obtenues par d'improbables mélanges qui révèlent leur efficacité. C'est jouissif et curieux à la fois. A vos oreilles pour découvrir tout cela. AG
MONTEFAGORUM, 2010.
Fondé en 2002, l'ensemble vocal Caloroso rassemble des jeunes autour de l'envie de chanter. Mais tout le monde le sait, les jeunes, ça grandit. Pour répondre à leur désir de continuer à chanter s'est créé en 2009 l'ensemble vocal féminin Caloroso. This we know est le premier enregistrement de cet ensemble dirigé par Inge Sykora dans un répertoire d'oeuvres de Vic Nees, Kurt Bikkembergs, Maarten Van Ingelgem et Sebastiaan van Steenberge. Les voix sont belles et juvéniles à souhait, mises en valeur par ce programme chanté en néerlandais et en anglais.
Quelques mots des quatre compositeurs belges interprétés ici. Né à Malines en 1936, Vic Nees a étudié la composition avec Flor Peeters. Chef de choeurs à la VRT, radio belge d'expression néerlandaise. Il s'intéresse de près à la musique vocale apportant un renouveau du genre par son langage personnel. Après des études à l'Institut Lemmens à Louvain, Kurt Bikkembergs s'est perfectionné dans la direction chorale. Il fut entre autres chef de choeur/chargé de cours à l'Institut Lemmens, Maître de Chapelle de la Cathédrale Saints Michel et Gudule de Bruxelles et chef de choeur au Vlaamse Opera. Son écriture s'adapte particulièrement bien aux choeurs de voix jeunes. Né en 1976, Maarten Van Ingelgem a étudié le piano avec Jan Michiels et s'est spécialisé en composition au conservatoire d'Anvers chez Wim Henderickx. Il dirige un choeur se consacrant à la musique contemporaine et chante régulièrement comme basse avec Aquarius et le Vlaams Radio Koor. Il est entre autres l'auteur d'un opéra de chambre pour le Youth Opera Festival d'Utrecht, d'un quatuor à cordes et d'un concerto pour piano. Sebastiaan van Steenberge (1976) est organiste et compositeur. Nommé en 2000 Kapelmeester de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers, il dirige la manécanterie, le choeur de filles et la Capella. Son catalogue comprend Samadamas pour orchestre, L'Amour de moy, Narrabo , Temporale, tous trios pour choeur, Intemptata Nites, un oratorio, Requiem pour solistes, choeur et orchestre et Eerste Symfonie, pour orgue et électronique.
GRAMOLA, 2011. Enregistrement 2010.
Un cocktail de sonorités des plus contrastées, voici ce que nous propose cet enregistrement. Lorsque les deux instruments rivalisent par leurs attaques, aucun ne dépasse l'autre. L'émission explosive de l'accordéon est comparable à un archet poudreux qui arrache les cordes. Si ce sont les sonorités douces et éthérées qu'explorent les deux comparses (dans Strophe 20B de Denhoff), ils y excellent, créant une atmosphère recueillie. Dans la démarche exploratoire de Molitve du compositeur slovène Rojko, l'alto prend le leadership de manière jubilatoire. La plage finale Titty Twister donne des frissons dans le dos. Je n'en dirai pas plus afin de vous laisser la surprise. AG
CPO, 2011. Enregistrement 2008.
Le label CPO signe ici un deuxième CD consacré à la compositrice croate Dora Pejacevic (voir le EP3155). Sa production de musique de chambre semble avoir été assez conséquente. Les deux oeuvres présentées ici se distinguent par leur maturité, d'amples mélodies, des textures denses, de l'humour et du caractère. Cela se confirme, Dora Pejacevic est décidemment une personnalité intéressante! NR
Voir aussi le EP3155.
ZIG ZAG, 2011. Enregistrement 2010.
L'enregistrement des variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach semble être un passage obligé pour les clavecinistes et le risque existe de ne voir qu'une énième version de l'oeuvre rejoindre nos discographies. Ce n'est pas le cas avec ce disque. Certes, il ne manquera pas de faire hurler certains puristes, d'en interpeller d'autres, voire de les déstabiliser tant la lecture des Goldberg de Blandine Rannou peut paraître iconoclaste. Les libertés qu'elle s'accorde sont grandes, mais son interprétation est nourrie d'une analyse approfondie de la partition et d'une profonde réflexion sur l'art de la variation. Bach avait intitulé sa composition "Aria avec différentes variations pour un clavecin à deux claviers". Il souhaitait très probablement que l'interprète n'hésite pas à explorer toutes les possibilités sonores de l'instrument pour construire son interprétation. Sur ce point-là, Blandine Rannou n'est pas en reste et le choix de l'instrument, une copie d'un clavecin français Ruckers-Hemsch (1636-1763) fait par Anthony Sidey, est des plus approprié. Non seulement l'instrument sonne sous ses doigts, mais il déploie une palette de sonorités incroyables. Ce disque a reçu un choc classica en novembre 2011. AF
SOLI DEO GLORIA (SDG), 2011. Enregistrement 2009.
Un des grands mérites de ce très bel enregistrement est de consacrer pour la première fois un disque entier à Jean-Christophe Bach, petit cousin et précurseur très talentueux du grand Jean-Sébastien. Celui-ci l'appréciait beaucoup et le considérait comme un compositeur "profond". Il se dit de lui que lorsqu'il improvisait à l'orgue, il ne jouait jamais à moins de cinq parties réelles, ce qui dénotait des compétences peu communes, même à cette époque. Les oeuvres présentées ici, des dialogues, air, lamento et motets, se réclament aussi bien de l'écriture madrigalesque que de la rigueur du contrepoint nordique. Elles dressent un tableau intimiste, voire doloriste, qui trouve une très belle expression sous la direction de John Eliot Gardiner qui les cisèle avec une infinie tendresse . Le titre "Welt, gute nacht" ("Monde, bonne nuit") renvoie à la fin de l'aria à 4 voix "Es ist nun aus mit meinem Leben". Une belle découverte AF (d'après le livret).
CHRISTOPHORUS, 2011-2006. Enregistrement 2003.
Accompagné par Tilman Hoppstock à la guitare, Christoph Prégardien propose, en plus du cycle, une version en concert de célèbres lieder de Franz Schubert. Enregistrements de 2003 et 2006.
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