Compositeurs dont le nom commence par :
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Titres commençant par :
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ALIA VOX, 2005.
EDICIONES SINGULARES, 2012. Enregistrement 2010.
A paris, en 1778, la "guerre" fait rage. La querelle des Gluckistes et des Piccinistes, opposant les partisans de la musique allemande et ceux de la musique italienne se développe sur fond de désordres sociaux annonciateurs de la Révolution et d'exacerbation d'un sentiment qu'on n'hésiterait pas à nommer nationaliste aujourd'hui. Vivant dans le souvenir des glorieux compositeurs qui firent la gloire de leur pays au siècle précédent, les français était tout simplement fatigués de se voir envahis par des "étrangers". C'est à ce moment que Anne-Pierre-Jacques Devisme, fraîchement nommé à la tête de l'Académie royale de musique, ambitionne de revitaliser la vénérable institution et de lui redonner son lustre d'antan. Pour affirmer la suprématie de l'art français et départager les deux clans rivaux, il invite à Paris Johann Christian Bach, le Bach de Londres, fils cadet de l'illustre Jean-Sébastien Bach et lui commande un opéra sur un livret de Philippe Quinault (1635-1688), l' auteur du poème sur l'histoire d'Amadis destiné à être mis en musique par Lully. Archétype du roman chevaleresque, ce poème était une oeuvre dépassée dès sa création, mais c'était une commande expresse de Louis XIV, qui visiblement n'en percevait pas le côté désuet. Alphonse Devisme, frère d'Anne-Pierre-Jacques, se chargera de moderniser le texte soumis à Johann-Christian Bach.
Les premiers contacts de celui-ci avec l'art dramatique remontent aux années qu'il passa à Berlin, lorsqu'il était encore auprès de son frère ainé, Carl Philipp Emmanuel. L'opéra italien régnait en maître dans cette ville, encouragé par Frédéric II, l'empereur mélomane. Mais c'est en Italie que le compositeur aura l'occasion de perfectionner sa plume, se créant ainsi une réputation qui ne manquera pas d'attirer l'attention du King's Théâtre de Londres qui l'invitera en Angleterre. Muni d'un tel curriculum-vitae, la venue de Jean-Christian Bach en France était donc très attendue. Son opéra fut pourtant un échec: une écriture sans doute inadaptée au public français, et surtout une atteinte au caractère patrimonial, presque sacré, des vers de Quinault, sans parler de sentiments de jalousie, si fréquent dans le monde des artistes... bref les Gluckistes ont trouvé qu'il n'avait pas l'originalité de Gluck, les Piccinistes, que son chant n'avait ni le charme, ni la variété des mélodies de Piccini et les Lullistes et les Ramistes que son opéra manquait de structures.
Après sept représentations, l'opéra tomba dans l'oubli. Il fallut attendre les années 70 pour le retrouver, timidement, au concert et 1990 pour qu'il soit enregistré en langue allemande lors d'une représentation à Hambourg sous la direction d'Elmuth Rilling (BB6881). L'enregistrement présent, fait lors d'un concert à Bratisla, permet pour la première fois de l'entendre en français et avec ses couleurs d'origine.
Un somptueux livret de 142 pages en 2 langues (français-anglais), tiré en 3000 exemplaires, nous détaille le parcours mouvementé qu'a connu cet opéra:
Textes de Pierre Série: Introduction - Argument et Livret - "Une réception ambigüe ?"
Textes d'Alexandre Dratwicki: "1778-1779: L'Académie royale en effervence" - "Les créateurs d'Amadis de Gaule"
Texte de Didier Talpain: "Amadis de Gaule, sommet d'une carrière lyriqu e"
OPUS ARTE DVD, 2011.
Mise en scène: Claus Guth - Réalisation vidéo: Pietro D'Agostino - Production : Zürich Opera - Sous-titres: anglais, français, allemand, espagnol, italien, catalan, japonais et coréen.
Lorsqu'en 1899 le poète belge Maurice Maeterlinck cherche un compositeur pour écrire la musique de sa pièce "Ariane et Barbe-Bleue", il pense d'abord à Grieg. Celui-ci ayant décliné l'offre, c'est Paul Dukas qui héritera de l'oeuvre. Ecrite à la même période que le "Pelléas" de Debussy, également sur un livret de Maeterlinck, la musique de Dukas, tout en choisissant d'autres voies, traduira avec talent une action dramatique aussi statique et symbolique que celle de Pelléas et Mélisande.
Le drame s'inspire bien sûr du conte de Charles Perrault, mais aussi de la mythologie grecque, et en particulier du rôle de libératrice de la figure d'Ariane. Dans l'oeuvre de Maeterlinck/Dukas, Ariane est la sixième femme de Barbe-Bleue et tente de libérer les cinq premières épouses de la crainte et de l'obscurité dans lesquelles elles vivent depuis des années. Ariane échouera et sera seule à s'émanciper du pouvoir masculin.
Le rôle-titre est un véritable tour de force, assumé avec panache par la soprano américaine Jeanne-Michèle Charbonnet, qui chante quasiment sans interruption du début à la fin de l'opéra. La mise en scène de Claus Guth vise à l'économie de moyens et à la lisibilité, optant pour un compromis équilibré entre la métaphore et la représentation réaliste. A découvrir! NR
OEHMS CLASSICS, 2012.
Le contre-ténor d'origine roumaine, Valer Barna-Sabadus ne force rien, il chante un point c'est tout ! Après l'oratorio et l'opéra italien, il explore avec un bonheur évident le répertoire anglais des 16ème et 17ème siècles. L'Angleterre, parent pauvre dans le domaine musical à une certaine époque ? C'est sans compter sur des compositeurs tels John Dunstable (15ème), John Dowland (16ème), Henry Purcell (17ème) et bien d'autres qui feront de ces deux siècles un véritable âge d'or musical outre-manche.
Valer Barna-Sabadus interprète des complaintes et des airs de Purcell (dont une version moins connue d'If music be the food of Love), plusieurs pièces provenant des trois recueils Songs of Ayres de Dowland. Ces deux " pointures " sont accompagnées par plusieurs mélodies composées par Nicola Matteis (le père) et par un certain Anthony Poole (1629-1692), joueur de viole devenu jésuite en 1658. A l'aube d'une carrière prometteuse, Valer Barna-Sabadus ose cette mélancolie si particulière de l'époque élisabéthaine et nous fait découvrir une palette de couleurs vocales insoupçonnée à la manière d'un certain Alfred Deller : fragilité, finesse et paroles murmurées. MdW
RICERCAR, 2011-2012.
Entre recherches du "son absolu", de cette symbiose tant attendue ou de cette alchimie complexe, qui peut comprendre la relation qui unit un violoniste et son instrument ? Stéphanie de Failly, accompagnée par l'Ensemble Clématis, remontent le temps et essayent de révéler ces multiples facettes relationnelles en proposant un enregistrement dédié aux Vitali, père et fils.
Originaire de Bologne, Giovanni Battista Vitali (1632-1692) est un élève virtuose à la fois violoniste et violoncelliste. Son répertoire de compositions est vocal et instrumental. En 1689, il publie un traité théorique et pédagogique "Artificii Musicali" destiné aux instruments. Présent à la cour d'Este à Modène, son style reflète à la fois la musique italienne sans oublier les influences de la musique de danse française. Son fils, Tomaso (1663-1745) dédie ses compositions au violon : en témoignent les quatre recueils de sonates en trio publiés entre 1693 et 1701. Après cette date, plus la moindre trace de compositions. Il existe cependant une oeuvre qui fait couler beaucoup d'encre : la Chaconne.... Pièce de bravoure, elle est " revisitée " à de nombreuses reprises et sera le cheval de bataille de Ferdinand David à l'époque romantique. Reprenant le manuscrit original, Stéphanie de Failly rend ses lettres de noblesse à cette composition malmenée au cours des siècles ! MdW
NAIVE, 2012.
Vu dans Diapason (janvier 2013)
Après le BV6977 et le BV6978, voici venu le BV6979. Encore plus de concertos pour basson ! Ici, météo variable : de vrais moments enchanteurs et enchantés par un soliste époustouflant (Adagio du RV475) suivis par d'impardonnables lourdeurs (les unissons introductifs) Mais que voulez-vous. Si le soleil brillait en permanence, on se plaindrait, alors....AG
CHALLENGE CLASSICS, 2013. Enregistrement 2012.
NAIVE, 2012.
Diapason d'Or (mars 2013) et vu dans Classica (mars 2013)
49ème titre de l'Edition Vivaldi parue chez Naïve et 5ème volume de la série consacrée aux concertos pour violon, cet enregistrement se penche sur les oeuvres destinées au violoniste allemand Johann Georg Pisendel (1687- 1755). Celui-ci, alors membre de l'orchestre de Dresde, résida à Venise en 1716-17 en compagnie du Prince Electeur de Saxe Friedrich August et fut l'élève et l'ami de Vivaldi. Pisendel contribua grandement à la diffusion de la musique et du style italien en Allemagne. Les sept concertos que vous allez écouter ont été taillés à la mesure du virtuose qu'était le violoniste allemand. Dmitry Sinkovsky est à la hauteur de la situation, transformant en bagatelle les doubles-cordes, les ornements rapides, les diminutions et n'hésitant pas à en ajouter. Un Vivaldi énergique et racé à la fois. AG
DECCA, 2013. Enregistrement 2012.
Comment résister au couplage de ces deux concertos pour violon que Julia Fisher qualifie de "compagnons naturels" ? Composés à une dizaine d'années d'écart, en 1868 (pour Bruch) et 1879 (pour Dvorak), ils optent pour une structure similaire entre phrases quasi improvisées au début suivi par un deuxième mouvement commençant sans interruption sans oublier l'importance des mouvements lents qui favorisent la construction de ces deux ouvrages.
Si l'histoire de l'évolution de la forme du Concerto est plus modeste quand il s'agit des compositions de Bach, de Vivaldi ou de Mozart, c'est réellement au XIXème siècle que cette forme atteint sa maturité, à commencer en 1806 par la composition de Beethoven. Il sera suivi, entre autre, par ceux de Mendelssohn (1844), de Bruch (1868), de Tchaikovsky et de Dvorak (1878-1879). Si chaque compositeur apporte sa pierre à l'édifice, des solistes et virtuoses du violon comme Louis Spohr, Pablo de Sarasate ou Joseph Joachim ne restent pas sur "la touche" et influenceront aussi cette forme soit en composant leurs créations soit en interprétant les oeuvres d'autres compositeurs. MdW
ONYX, 2013. Enregistrement 2012.
"Un premier enregistrement électrique de l'exceptionnelle jeune virtuose coréenne Soo-Hyun Park, lauréate du Prix Groupe Edmond de Rothschild aux Sommets musicaux de Gstaad 2012. Le premier Concerto passionné de Wieniawski est couplé avec un chaleureux concerto romantique de Conus, oeuvre malheureusement négligée, mais autrefois défendue par Heifetz. La galvanisante Fantasia appassionata de Vieuxtemps conclut le CD sur un véritable feu d'artifice."(pochette CD)
DECCA, 2012.
Qui d'entre nous n'a pas été bercé par la version indélébile du concerto pour violoncelle d'Elgar interprété par Jacqueline du Pré ? Qui ne s'est pas senti vulnérable à l'écoute de ce pilier du répertoire de la musique classique composé en 1919 ? Il en fallait du tempérament pour oser quelque chose de différent! Alisa Weilerstein l'a fait et trouve sa propre voie éclairée par les conseils et l'expérience de Daniel Barenboïm. Qui mieux que lui ?
Disparu en 2012, Eliott Carter est considéré comme un des plus grands compositeurs du 20ème siècle. Sa longue carrière compte plus de 150 oeuvres. Son installation en France lui permet de collaborer avec Nadia Boulanger. S'inspirant par la suite de la philosophie, des mathématiques, de la littérature, de la danse et du cinéma, il trouve son style, exigeant et indépendant, patiente synthèse des diverses tendances de la musique au 20ème siècle. Composé en 2001, le concerto pour violoncelle explore toutes les possibilités de l'instrument : complexité des rythmes et rapidité des transitions.
Alisa Weilerstein complète le programme par une pièce qu'elle joue depuis son enfance, Kol Nidrei (1881) de Max Bruch : une prière araméenne récitée le jour du Yom Kippour. Marie de Wautier
CLAVES, 2012. Enregistrement 2010.
"Aschenbrödel", je l'ai écrit d'après le scénario que Marie-Eve Kreis avait tiré du conte de Grimm. Disons bien Aschenbrödel et non pas Cendrillon, car Cendrillon évoquerait le conte de Perrault et là si l'histoire est sensiblement la même, le ton est tout différent." précise Frank Martin. Ecrit en 1941, le ballet en trois actes Märchen vom Aschenbrödel a été crée à Bâle le 12 mars 1942. Malheureusement, la partition tombera dans l'oubli dès le lendemain de la création. La présence de 4 solistes dans un ballet est assez inhabituelle. Ici les chanteurs incarnent les personnages du conte, chacun prêtant sa voix à plusieurs personnages. Un instrument fétiche est attaché à la figure de Cendrillon, le hautbois tandis que la fée est accompagnée par la flûte et les cordes en sourdine. Comme dans toute féérie, le bien se doit de l'emporter sur le mal, ce ballet ne fait par exception à la règle. Une oeuvre charmante que chacun découvrira avec plaisir. AG
DEUTSCHE GRAMMOPHON, 2013-2012. Enregistrement 2011.
CHOC CLASSICA FEVRIER 2013 et Diapason d'Or (mars 2013)
La sortie de cet enregistrement remarquable marque le 97ème anniversaire d'un compositeur actif sur quelques sept décennies et qui a profondément influencé le domaine de la musique classique. Né en 1916, Henri Dutilleux s'inscrit dans la ligne des grands compositeurs français du 20ème siècle. Ce disque est un hommage rendu par Esa-Pekka Salonen, élève du maître. Correspondances (2003) est un cycle de mélodies pour soprano et orchestre basé sur des textes de Rainer Maria Rilke, Prithwindra Mukherjee, Aleksandr Solzhenitsyn et Vincent van Gogh et n'avait pas encore été enregistré. Le compositeur a demandé à son ancien élève d'enregistrer cette oeuvre tant qu'il pouvait suivre la session d'enregistrement faisant de ce dernier un précieux document historique. Le Concerto pour violoncelle Tout un monde lointain, basé sur Baudelaire, a été écrit pour Rostropovich. L'émouvant The Shadows of Time (1997) met en musique des textes d'Anne Frank chantés par trois voix de garçons. L'interprétation est de très grande tenue et les couleurs orchestrales d'une beauté à couper le souffle. A recommander sans hésitation. AG
CHILOE PRODUCTIONS, 2011.
Spécialiste de la danse baroque et directrice de la compagnie Fêtes Galantes, Béatrice Massin nous propose un voyage chorégraphique et musical sous le règne de Louis XIV. Elle nous donne de nombreuses clés pour comprendre la danse baroque dans son contexte historique, culturel et politique.
Le documentaire est construit autour du spectacle "La Belle Dame" (57'). Filmé à Versailles au Théâtre Montansier dans le cadre des Grandes journées du Centre de musique baroque et au Centre national de la danse à Pantin, ce film a été pensé de façon ludique et s'adresse à tous, curieux, mélomanes ou simple amateurs de danses.
Onze parties thématiques éclairent les spécificités de chacune des danses avec de multiples exemples provenant de partitions chorégraphiques: Le maître à danser - Première leçon de danse baroque - Les caractères des danses en 7 chapitres - À l'époque baroque, la notation chorégraphique - Le baroque en 10 images .
Spectacle "La Belle Dame" de Béatrice Massin
Chorégraphie: Béatrice Massin, Louis Pécour, Raoul-Auger Feuillet et Francine Lancelot
Musique: Jean-Baptiste Lully, Jean-Féry Rebel et Pierre Rameau
Réalisation: Marie-Hélène Rebois
MUSICALES ACTES SUD, 2012. Enregistrement 2011.
Inspiré par la lecture de la Divine Comédie, Liszt compose la Dante Symphonie en trois parties: l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis. L'orchestration y est adéquatement déployée pour décrire les affres de la chute, les temps suspendus du salut des âmes et enfin l'éclat lié à la vision ultime du Paradis. MDW
Enregistrement public sur instruments d'époque.
CHANDOS, 2013-2012. Enregistrement 2011.
PRAGA DIGITALS, 1959-1961.
"Toute aussi imaginaire que celle de Debussy ou de Chabrier, l'Espagne selon Ravel surprit Falla par un cachet d'authenticité qui lui fit dire "Es de nuestros" (tu es des nôtres) tant dans la feria que dans la Pavane d'une infante rêvée en la Cour d'Espagne. Celle de Louis XV apparaît dans Daphnis et Chloé, symphonie chorégraphique moins soucieuse d'archaïsme que de fidélité à la Grèce de mes rêves (dixit Ravel). Cette pastorale aurait pu se jouer au Petit Trianon, Ravel en génial Rameau du xxe siècle, laissant la cohérence du geste à Fokine. Pierre Monteux a gravé la version de rêve de ce programme pour lui si familier." (voir pochette CD).
PAN CLASSICS, 1996-2012. Enregistrement 1995-1996.
La musique pour dessus de viole connut la faveur des dames en France au 18ème siècle. C'était un instrument convenable pour ce sexe. C'est sous le règne de Louis XIV que Louis Heudelinne publia son premier recueil de pièces pour dessus de viole à Paris en 1701. Il s'agit de Trois suites de pièces à deux violles (sic). Chacune des trois suites est écrite pour dessus de viole et basse de viole à 7 cordes. Leur contenu ne diffère pas de celui de la suite pour clavecin : un ou deux préludes, allemande, courante, sarabande, gigue et plusieurs mouvements additionnels parfois avec des doubles: gavotte, menuet, rondeau, chaconne, rigaudon ou sonate. Quelques unes de ces danses peuvent se jouer seule. La difficulté de la musique de Heudelinne réside dans son style brisé c'est-à-dire une mélodie soutenue par peu d'accords et de double-cordes qui caractérisent pour lui la nature du dessus de viole. Charles Henri de Blainville dédia ses Sonates pour le Dessus de viole à Madame Adélaïde, troisième fille de Louis XV. Si sa musique n'a pas rencontré les faveurs du public, ces oeuvres théoriques ne sont pas passées inaperçues. En effet, il revendiqua la découverte d'un troisième mode ('mode mixte') situé entre le majeur et le mineur. Ses théories provoquèrent maintes controverses. Après la représentation de sa Symphonie dans le nouveau mode en mai 1751, Jean-Jacques Rousseau publia un commentaire dans le Mercure de France auquel Blainville fit réponse. Dans son essai L'esprit de l'art, il traite des aspects de la composition pour la voix et de son interprétation. Sa dernière oeuvre théorique Histoire générale et philologique contient un passage sur la théorie de l'harmonie dans laquelle, il tente de démontrer que la méthode contrapuntique pratiquée par Corelli, Lully et Campra est préférable à celle de la basse fondamentale à la Rameau. Ainsi, il prit part à la fameuse Querelle des Bouffons. AG
CPO, 2012. Enregistrement 2007.
Vu dans Diapason (janvier 2013)
On connait Domenico Scarlatti pour ses quelques 555 sonates pour clavecin mais avant de trouver sa voie, il fut aussi compositeur de musique de scène. Suivant ainsi les traces de son illustre père Alessandro, Domenico fournit ses premiers opéras en 1704 pour la saison du théâtre S Bartolomeo de Naples. Partageant son emploi du temps entre la musique d'Eglise et la musique de scène, c'est à Rome qu'il poursuivit sa production : Tolomeo et Alessandro (1711), Tetide in Sciro (1712), Amor d'un ombra e gelosia d'un aura. C'est pour le carnaval de Rome en 1715 que Domenico écrivit la farce satirique en deux parties La Dirindina qui se moque ouvertement de l'opéra seria. Don Carissimo (baryton), un maître de chant, a des vues sur sa pupille Dirindina (soprano). Celle-ci éveille sa jalousie en faisant les doux yeux à Liscione (tenor ou soprano), un castrat qui vient lui dire qu'elle a obtenu un rôle à l'opéra de Milan. Dans la seconde partie, Don Carissimo interrompt la répétition entre Liscione et Dirindina dans le rôle de Didon et prenant pour vrai ce qu'il voit et entend, intervient pour sauver sa pupille du suicide. Liscione et Dirindina se moquent de sa stupidité. Le sujet mit en émoi les gens de théâtre et les autorités qui interdirent la représentation prévue au Teatro Capranica. Ce n'est qu'en 1725 qu'eut lieu la première représentation au Teatro S Samuele à Venise. En complément de programme à cet intermède jouissif, l'Arte dell'Arco propose quelques sonates pour violon et sinfonie pour cordes et continuo. AG
VLAD RECORDS, 2012.
Henri-Joseph de Croes (1758-1842) est le fils d'Henri-Jacques de Croes (1705-1786). Il est né dans les Pays-Bas méridionaux et est rentré à 18 ans au service des princes de Tour-et-Taxis, une famille de la noblesse allemande qui détenait le monopole du service des postes et diligences en Europe et avaient vécu à Malines et à Bruxelles. Leur résidence principale se trouvait à Ratisbonne. Henri-Joseph de Croes y travailla comme violoniste d'abord, comme maître de chapelle ensuite. C'est dans la bibliothèque princière que l'on a retrouvé les manuscrits renfermant les oeuvres présentées ici. Ces pièces étaient conçues à l'origine comme musique de divertissement pour des fêtes ou des banquets. Elles ont été composées pour la crème des solistes car l'orchestre princier comptait au cours du dernier quart du 18ème siècle parmi les meilleurs de son temps. Quant au style de ces compositions, il combine à un très haut niveau musique folâtre et ludique, toute en arabesques, avec les formes rationnelles du classicisme et les humeurs du préromantisme. AF
HARMONIA MUNDI USA, 2012. Enregistrement 2011.
The Edge of Light est une rencontre improbable entre la musique d' Olivier Messiaen et celle de Kaija Saariaho. La table à thé est ici un piano et l'hôtesse la pianiste Gloria Cheng. Pour prolonger l'idée du contraste, les deux pièces écrites par Messiaen sont distantes de 62 ans. Il s'agit des Préludes (1929) et de la Pièce pour piano et quatuor à cordes (1991) qui me laissent cependant une sensation de trop peu sous les doigts de Madame Cheng. Est-ce la dimension mystique si présente dans l'oeuvre du compositeur français qui fait défaut dans cette interprétation ? Peut-être. Quant à Prélude et Ballade de la compositrice finlandaise, ce sont des premiers enregistrements. Le piano y est traité selon sa nature ce qui en soi est bien agréable. Je sens un deuxième coeur, pour piano et quatuor à cordes est un cri. Inspiré par son opéra Adriana Mater, cette suite de cinq pièces pour piano, violon et violoncelle exprime le ressenti d "une femme enceinte entendant pour la première fois battre le coeur de son enfant. La musique acquiert une dimension très physique, atteignant des sommets d'intensité presque expressionniste. Jamais musique n'a autant pris les trippes de son auditeur. AG
DEUTSCHE GRAMMOPHON, 2013. Enregistrement 2012.
Pièces de Westhoff, Einaudi, Glass, Fauré, Auerbach, Pärt, Karts-Chernin, Baranowski, Gabriel Prokofiev, Max Richter, Baranowski, Igudesman, Jenkins, Bach, Nyman et Gundermann.
CHRISTOPHORUS, 2013. Enregistrement 2012.
Né en 1961, Tilman Hoppstock a étudié à la fois la guitare et le violoncelle à Darmstadt et Cologne. Au cours de sa carrière de concertiste, il a eu l'occasion de travailler avec le pianiste Alexis Weissenberg, le ténor Christoph Prégardien, le violoncelliste Peter Wolf et le Rubio String Quartet.
Allan Willcocks (1869-1956) était un compositeur anglais qui jouait de la guitare. Il a passé un moment de sa vie à Paris où il a étudié. Il y a rencontré Pablo Casals et Cyril Scott. Seul une partie des oeuvres de Willcocks a survécu, au nombre desquelles des pièces pour la guitare.
CPO, 2012. Enregistrement 2011.
Roland de Lassus a composé ses hymnes aux environs des années 1580-81 à la demande de son employeur le Duc Wilhelm V de Bavière qui les destinait à la Chapelle de la cour. On connait l'attention portée par le compositeur au contenu sémantique des textes qu'il mettait en musique. Ses hymnes ne font pas exception à la règle avec l'insertion de parties traitées en polyphonie entre les versets en plain-chant. La bonne idée de cet enregistrement est de mettre en perspective hymnes et motets polyphoniques permettant ainsi de se rendre compte des trésors d'invention mis en oeuvre par Lassus pour habiller plusieurs fois, de manière différente, le même texte. AG
EUROARTS DVD, 2011. Enregistrement 2010.
CHOC DE CLASSICA JUILLET 2012 et vu dans Diapason (juin 2012)
Enregistré en 2010 au Norwegian National Opera. Basé sur une performance mise en scène par Ole Anders Tandberg. Adapté et filmé par Anja Stabell et Stein-Roger Bull. Durée : 180 min. Sous-titres : Italien, anglais, allemand, français, chinois et norvégien.
Cette version actualisée de l'opéra de Monteverdi mêle le blanc, le rouge et le noir et démontre que les affects du 17ème siècle n'ont pas pris une ride. AG
OEHMS CLASSICS, 2012.
Les 90 histoires d'Indeterminacy ont été traduites en allemand par Martin Erdmann. A réserver aux personnes ayant une très bonne connaissance de la langue. AG
DECCA, 2013. Enregistrement 2012.
Pour fêter le bicentenaire de la naissance de Wagner, voici un récital entier dévolu au maître de Bayreuth dont le héros n'est autre que le ténor, Jonas Kaufmann. Après deux succès scéniques (la Walkyrie et Lohengrin), il propose d'incarner des personnages qu'il n'a pas encore chantés sur scène: Rienzi, Sigfried et Tannhäuser. De plus, il se lance dans les cinq Wesendonck lieder pour voix de femmes dont Wagner laissera le soin à Félix Möttl d'en achever l'orchestration. MdW
DIAPASON MARS 2013.
HARMONIA MUNDI USA, 2012. Enregistrement 2011.
Diapason de mars 2013 et Classica (mars 2013) -
Quand il s'agit d'interpréter la musique de Mozart au piano-forte, toutes les tendances se côtoient : Andreas Staier et son approche musclée du piano, la lecture expressive de Ronald Brautigam, le traitement épuré de Malcolm Bilson et maintenant l'approche à fleur de doigts du pianiste sud-africain Kristian Bezuidenhout. Pour ce quatrième volume consacré aux oeuvres de Mozart, l'interprète a choisi une copie d'un instrument d'Anton Walter datée de 1805. Voici un choix qui s'accorde mieux à la musique de Schubert et Beethoven qu'à celle de Mozart encore pétrie de classicisme mais cela permet à Bezuidenhout quelques coquetteries expérimentales que la musique du viennois supporte aisément. Le disque s'ouvre et se referme sur la Fantaisie en ré mineur, pièce inachevée à laquelle on accole une cadence conclusive à peine acceptable. Vous comparerez la solution trouvée par le pianiste sud-africain. Les 12 Variations sur "Je suis Lindor", composées en 1778 valent leur pesant de mignardises que les doigts habiles de Bezuidenhout enveloppent encore d'un nuage de poudre à perruque. Ailleurs, des nuances bien menées démarquent le piano du clavecin tout en gardant une articulation limpide du discours. Pour finir, je laisse chacun se faire une opinion, après écoute. AG
Kristian Bezuidenhout est né en Afrique du Sud en 1979. Après avoir étudié en Australie, puis aux États-Unis, à l'Eastman School of Music, il s'intéresse aux claviers anciens et travaille le clavecin avec Arthur Haas, le pianoforte avec Malcolm Bilson, le continuo et l'interprétation avec Paul O'Dette. Il se fait remarquer à 21 ans en remportant le premier prix et le prix du public au Concours de Bruges. Artiste invité de presque tous les grands ensembles et orchestres européens de musique ancienne, Kristian Bezuidenhout endosse souvent le rôle de chef. Il est le partenaire régulier de prestigieux artistes de la scène actuelle. Le concerto, le récital et la musique de chambre se disputent son temps. (d'après Harmonia Mundi)
DEUTSCHE GRAMMOPHON, 2011.
DIAPASON D'OR MAI 2013
La cantate profane "Das Klagende Lied" de Gustav Mahler, composée d'après Les Contes de Grimm, est ici enregistrée au Festival de Salzbourg (2011) dans la version révisée et écourtée de 1898-1899.
LA DOLCE VOLTA, 2005. Enregistrement 2003.
C'est qu'il n'est pas n'importe qui ce basque ! Originaire de Bilbao, Joaquin Achucarro fait ses études à Madrid et dédie sa vie au piano. Lui qui joua un concerto de Mozart à l'âge de treize ans est considéré comme " un grand d'Espagne ". Ce juvénile octogénaire qui précise qu'il commence seulement sa carrière nous fait la grâce de cet enregistrement daté de 2003 et édité chez " La Dolce Volta ". Et cela commence par un jaillissement de notes dans la Fantaisie de Schumann. Et cela se poursuit dans l'opus 16, Kreisleriana. Grandeur et fermeté sont les adjectifs utilisés par un critique de Diapason. C'est vraiment cela. MdW
Choc de Classica mars 2013.
IPECAC RECORDINGS, 2012. Enregistrement 2010.
Cet enregistrement en public de Laborintus II de Luciano Berio rassemble l'artiste polyvalent Mike Patton et Ictus Ensemble dirigé par Georges-Elie Octors. Ecrite pour le 700ème anniversaire de la naissance du poète italien Dante Alighieri, l'oeuvre mélange des éléments du poème éponyme d'Edoardo Sanguineti, des extraits de la Bible et de poèmes de T. S. Eliot et Ezra Pound. Musicalement, Laborintus II emprunte des éléments de son langage au jazz et à la musique électronique tandis que sa structure s'inspire des oeuvres de Claudio Monteverdi. Survolant une combinaison de musique orchestrale, vocale et des parties récitées, la narration en italien et en anglais adopte une large palette de vocalités différentes allant du murmure au cri et portant une vaste gamme d'émotions. AG
Présenté en Rock sous la référence XP206V
ANALEKTA, 2013.
Rien ne résiste à cette voix rare de contralto, à cette chaleur et à cette "gouaille" si personnelle à Marie-Nicole Lemieux : Alliant présence, franchise, musicalité et sonorités de velours, elle connaît le succès depuis l'année 2000, date à laquelle, elle remporte (notamment) le 1er prix au Concours Musical Reine Elisabeth qui lui accorde en plus le prix spécial du lied. Après une décennie de présence sur les scènes internationales, elle revient avec ses Meilleurs Moments, album publié chez Analekta qui aborde des airs sacrés et profanes composés par Vivaldi, Domenico Scarlatti, Haendel et Brahms. MdW
DECCA, 2013. Enregistrement 2012.
Pour ce premier CD publié chez Decca, Julia Lezhneva parcourt chronologiquement le répertoire du motet soliste italien au 18ème siècle : Vivaldi, Haendel, Porpora et Mozart à l'arrivée. Ce récital festif et joyeux contient des airs virtuoses qui, à la différence de l'opéra sont chantés en latin. Cela, Vivaldi l'a bien compris : il " recycle " donc son Saeviat tellus et en utilise l'air pour deux opéras, Rodrigo et Rinaldo. Rappelez-vous le récital que Julia Lezhneva avait consacré à Rossini en 2011 (DR7348). Il semble que la protégée de Marc Minkowski poursuive son étoile avec cet album-ci : la soprano russe " attrape " ses aigus avec une facilité déconcertante, il s'en dégage de l'ardeur et de la joie : Alleluia ! MdW
HARMONIA MUNDI, 2013. Enregistrement 2012.
Pour ce septième volume de son anthologie Schubert, Matthias Goerne retrouve Andreas Haefliger pour la partie jouée au piano. Et il y a de quoi rester sans voix: un sens du phrasé naturel sans aucune de surenchère au niveau de l'accentuation. Justesse du propos! MdW
BR-KLASSIK, 2012.
Le Dixit Dominus de Georg Friedrich Haendel et le Magnificat de Johann Sebastian Bach n'ont plus des secrets pour le chef, les solistes, le choeur et l'orchestre qui nous en livrent une interprétation au-dessus de tout soupçon. Les tempi m'ont semblés plus rapides qu'allègres mais ce n'est que mon goût. AG
CHALLENGE CLASSICS, 2013. Enregistrement 2011.
Son engagement profond dans la foi catholique et le fait d'écrire une musique expressive et colorée sont deux constantes de l'oeuvre de James MacMillan. Ce deuxième volume de la série que lui consacre le label Challenge Classics met en présence quatre pièces marquantes tirées de son répertoire. La plus récente, O, date de 2008. Cette antienne émane de O Radiant dawn, extrait des Strathclyde motets (2007) dont elle reprend le matériau. A l'opposé se trouve Tryst pour orchestre composé en 1989 dans le style dramatiquement expressif de Confession of Isobel Gowdie. C'est une oeuvre forte et puissante. La mise en musique du texte du Magnificat et de Nunc dimittis pour choeur et orchestre donne naissance à des pièces de grandes envergures qui se partagent le même matériau. La recherche de couleurs orchestrales culmine à la fin de Nunc dimittis par l'usage d'un registre quintoyant de l'orgue associé aux bois et cordes de l'orchestre pour créer un climat fascinant, presque surnaturel. La musique de James MacMillan ne peut laisser indifférent. AG
K617, 2012. Enregistrement 2013.
Tirées de l'oeuvre monumentale de Marc-Antoine Charpentier, voici deux histoires sacrées chantées en latin : Judith ou Béthulie libérée qui développe l'épisode faisant suite au joug d'Holopherne et Le Massacre des Innocents qui retrace la mort des enfants de Bethléem ordonnée par le roi Hérode. Lors de ses années de formation en Italie, Marc-Antoine Charpentier compose ses Histoires Sacrées qui dressent le portrait des épisodes majeurs des Ancien et Nouveau Testaments dans un déploiement foisonnant d'invention vocale et instrumentale. Tout cela pour dire que ce compositeur a vraiment oeuvré au renouvellement des formes musicales sacrées ainsi que dans leurs sources d'inspiration.
Formé en 1987, le Centre de musique baroque de Versailles rassemble les Pages (20 enfants) et les Chantres (17 adultes) accompagnés par une formation instrumentale, appelée les Symphonistes et dirigée par Olivier Schneebeli. MdW
APARTÉ, 2013. Enregistrement 2012.
Chanteuse française en vue actuellement, Julie Fuchs allie une formation à la fois musicale, de chant et de violon ainsi que théâtrale. Son répertoire est éclectique, allant de l'opérette à l'opéra ou au jazz. Ce premier récital solo marque un changement puisqu'il s'attache à la mélodie française et au lied romantique des années 1880-1892 : répertoire pointu dans lequel Julie Fuchs choisit des mélodies de Debussy et huit lieder de Mahler dont le célèbre "Das himmlische Leben" qui servira de final à sa Symphonie n°4. Belle réalisation audacieuse ! MdW
MIRARE, 2012. Enregistrement 2011.
Structuré en trois volets composés chacun de cinq parties, Le Miroir de Jésus est considéré comme le testament musical et spirituel d'André Caplet (1878-1925), ardent défenseur de la création musicale de son temps. Intitulés - Miroir de joie - Miroir de peine et Miroir de gloire, ce triptyque est une méditation sur les mystères du Rosaire, les événements vécus par Jésus reflétés dans la vie de Marie. Composé sur les poèmes d'Henry Ghéon en 1923, l'oeuvre est particulière par sa formation musicale : une mezzo-soprano, un choeur de femmes, une harpe et un Quintette à cordes. Articulés en quinze fragments, Le Miroir de Jésus se médite comme une prière entre joies, peines et "glorieux " événements de l'existence. MdW
GIMELL, 2012.
DIAPASON D'OR FEVRIER 2013
Jean Mouton est un des compositeurs les plus habiles dans l'art d'écrire des motets qu'a connu le 16ème siècle. Son écriture contrapuntique atteint une grande complexité sans pour autant perdre de son intelligibilité. Ainsi le motet Nesciens Mater compte huit voix réparties en deux choeurs, toutes les voix restant clairement audibles d'un bout à l'autre. Certes, l'interprétation des Tallis Scholars participe à cette limpidité sereine portée par la musique mais ce n'est pas tout. L'art, la technique et l'inspiration sont au rendez-vous.
Jean Mouton a été enterré à la collégiale de St Quentin sous le nom de Maistre Jehan de Hollingue, dit Mouton. On ne sait rien de ses débuts et ce n'est qu'en 1477 qu'on repère sa trace comme écolâtre-chantre à la collégial Notre Dame à Nesle, près de Péronne. En 1483, il est nommé maître de chapelle au même endroit et est ordonné prêtre. Sept ans plus tard, il est chargé de l'éducation des choristes à la cathédrale d'Amiens, il y organise la représentation d'un mystère. En septembre 1501, il enseigne le plain-chant et la polyphonie à la maîtrise de la collégiale St André à Grenoble. On pense que lors d'une visite de la reine Anne de Bretagne et de son mari Louis XII à Grenoble, Mouton aurait quitté son poste pour rejoindre la chapelle royale en tant que chanteur. C'est en effet à la cour de France que se poursuit sa carrière, d'abord sous le règne de Louis XII, ensuite sous celui de François 1er. Il compose de la musique pour les événements importants, tant publiques que privés. Ainsi le motet Quis dabit oculis est une lamentation sur la mort de la reine. Ainsi la musique de Mouton rythme les événements politiques de son temps. La victoire de François 1er à la bataille de Marignan reçoit son motet : Exalta regina Galliae tandis que l'élection du pape Léon X en 1513 donna naissance au motet Christus vincit. On voit que la musique de Mouton ne manquait pas de diffusion. Loyset Compère et lui se connaissaient et c'est donc une manière d'hommage que de prendre la chanson à trois voix Dictes moy toutes voz pensées comme support d'une messe. Celle-ci réserve un traitement d'exception à ce cantus firmus qui ne se contente pas d'emprunter une partie à la chanson mais les place toutes dans la texture de la messe. Cette façon de procéder culmine dans le deuxième Agnus Dei lui aussi à trois voix. On l'entend, la technique du canon n'avait plus de secret pour Mouton. Son influence sur les musiciens de son temps fut grande et c'est via Adrian Willaert qui fut son élève que son héritage se transmit bien au-delà des frontières françaises. AG
DECCA DVD, 2012.
Réalisateur: Olivier Simonnet.
Durée: 60 minutes.
Langues et sous-titres: italien (chanté), anglais, français, allemand et espagnol.
Cecilia Bartoli troque le sobre noir et le blanc du CD contre un rêve de princesse dans les décors opulents du Château de Versailles pour la création du DVD Mission - La Musique d'Agostino Steffani à Versailles. Le programme est proche de celui du CD mais il comporte sept inédits. Guidés par Agostino Steffani/ Franck Delage à la fois narrateur et acteur, cette balade fait résonner la musique d'un des grands compositeurs d'opéra et maître incontesté dans le domaine du duo de chambre vocal, pourtant malmené par l'époque ou la géographie : sa musique fut jugée " trop italienne pour les Allemands et trop exilée pour les Italiens ". Homme doué, il ne fut pas seulement compositeur reconnu par ses pairs, il est aussi un redoutable diplomate dans les cours d'Europe et exerçe de nombreux postes importants dans le domaine de la religion catholique (prêtre, vicaire apostolique du Nord et évêque). Cette mise en valeur d'un être exceptionnel permet même une jolie distorsion historique : si le compositeur a bien rencontré Louis XIV à Versailles en 1679, il ne s'agissait pas encore du château actuel puisque la cour s'y est installée en 1882. Et nous, on aime quand Cecilia Bartoli aborde des airs élégiaques avec douceur, pertinence et profondeur.... MdW
HARMONIA MUNDI, 2013.
La fête galante de Watteau (1684-1721) est une fête musicale. Présente dans un tableau sur trois, la musique tient une place essentielle dans l'oeuvre du peintre. Observée avec la précision d'un connaisseur, elle s'enracine dans la réalité des concerts de son temps pour mieux alimenter le discours amoureux des toiles et se fondre dans leur mystère. Elément poétique, elle enrichit le sens du propos par sa puissance allusive, elle suggère un univers sonore où se mêlent les sons de la musette, du cornet, des violons, de la guitare ou du chant. Il faut d'abord apprendre à regarder ces sons avant de les entendre.
Edité à l'occasion de l'exposition "Watteau, la leçon de musique" au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, ce livre-disque vous invite à écouter la musique en rapport avec les tableaux de Watteau à l'aide de nombreux exemples picturaux et musicaux. [commentaire Harmonia Mundi]
Dans le livret, les pièces musicales sont mises en regard des tableaux présentés à la très médiathique exposition du Palais des Beaux-Arts (du 8 février au 12 mai 2013). Très belle présentation. NR
CHANDOS, 2012. Enregistrement 2011.
Jean-Efflam Bavouzet opère ici un tournant dans sa carrière d'interprète: voici un album consacré à la musique de Manuel de Falla. On y trouve Les Nuits dans un Jardin d'Espagne (1916), oeuvre à la texture chatoyante et à l'écriture sensuelle. Juanjo Mena et la soprano Raquel Lojendio interprètent une autre pièce, un ballet composé sur une nouvelle d'Alarcon, Le Tricorne. La conclusion est donnée avec la Suite pour Orchestre, Hommages qui est une des dernières oeuvres écrites par le compositeur. Une vision, à mon sens, un peu trop réservée....MdW
ECM RECORDS, 2009. Enregistrement 2007.
Quand une oeuvre austère rencontre une interprétation austère, cela produit un voyage intérieur étonnant, une mise à nu épurée et solitaire à l'atmosphère somnambulique. Composé par Othmar Schoeck entre 1931 et 1934, ce " Notturno " compte parmi les chefs-d'oeuvre pour une formation mêlant voix et quatuor à cordes. Peu éloigné d'Alban Berg ou du Quatuor n°2 de Schoenberg, cette oeuvre composée en cinq mouvements inégaux induira une nouvelle relation entre la voix et les sons. MdW
Diapason décembre 2009.
BEL AIR DVD, 2012. Enregistrement 2010.
Metteur en scène: Humbert Camerlo.
Réalisateur: Don Kent.
Chorégraphie: Jean Guizerix.
Durée: 178 minutes.
Langues et sous-titres: italien, anglais, allemand, espagnol.
Filmé à l'opéra de Paris en 2010. Après 35 ans d'absence, voici le retour de la mise en scène des "Noces" vue par Giorgio Strehler (1921-1997).
Diapason d'or novembre 2012
MIRARE, 2012.
"Saint-Saëns et Fauré, deux grands représentants de la fin du romantisme, un maître et un élève liés par le même idéal musical. L'un et l'autre, avec la fougue de la jeunesse ou pendant leur pleine maturité, ont donné des oeuvres tendres et lumineuses. Face aux brumes wagnériennes, ils ont éclairci le paysage musical français. A son pupitre de Premier Violon de l'Orchestre de chambre de Paris ou en soliste, la violoniste Deborah Nemtanu livre sa version des derniers romantiques français."(voir pochette)
Une particularité de cet enregistrement se situe dans le choix d'interpréter le premier Concerto pour violon et orchestre de Saint-Saëns: composée en un seul mouvement, cette oeuvre de jeunesse, au caractère plus secret est sans doute moins connu que les deux concertos suivants. MDW
MUSICALES ACTES SUD, 2011. Enregistrement 2010.
Articulé autour des premières saisons des ballets russes de Diaghilev, cet enregistrement public propose un panorama du début du XXème siècle : crée en prélude de l'Oiseau de Feu de Stravinski en 1910, le ballet Les Orientales rassemble des oeuvres de compositeurs comme Alexandre Glazounov, Christian Sinding, Anton Arensky et Edvard Grieg. Un siècle après cet événement, François-Xavier Roth et l'ensemble instrumental Les Siècles reconstituent, avec l'aide du musicologue François Dru, ce ballet composite. MdW
PAN CLASSICS, 2013. Enregistrement 2012.
L'Oratorium Germanicum de Passione, composé en 1731, occupe une place à part dans la production d'oratorios de Johann Joseph Fux. En effet, outre qu'il est écrit en langue allemande, cet oratorio n'appartient pas au genre en vigueur à la cour viennoise c'est-à-dire " sepolcri " derrière lequel se cache ce qu'il est convenu d'appeler une passion. Autre curiosité, le texte reprend le mythe antique d'Andromède d'après Apollodor comme métaphore de la passion du Christ. Les personnages acquièrent une identité double : Persée est le Christ, Cassiopée est le genre humain et Andromède est Anima et le tout représente la nouvelle alliance de Dieu avec son peuple. Oui, c'est une lecture au x-ième degré, j'en conviens. L'habileté du compositeur se montre à la fois dans sa maîtrise du contrepoint et l'économie de moyen dont fait preuve cette oeuvre. Mais pourquoi, diable, confier à des voix d'enfants une merveille pareille ? On y perd toute la saveur expressive que recèle une passion et que les lignes mélodiques sublimes de Fux induisent. De plus la justesse d'intonation laisse à désirer. C'est la crise ? Et bien nous attendrons une meilleure version pour savourer cet oratorio ! AG
CLAVES, 2012. Enregistrement 2011.
Vu dans Diapason (décembre 2012)
Kei Koito a choisi l'orgue que Christian Müller a construit en 1738 dans l'église Saint Bavon de Haarlem (Pays Bas) pour enregistrer ce récital consacré à un choix d'oeuvres de Jean-Sébastien Bach. Le programme, construit comme un récital nous fait entendre " un peu de tout " puisqu'on y trouve aussi des transcriptions de pièces pour clavier et plus spécifiquement pour clavecin comme le Concerto en ré mineur d'après un concerto pour hautbois d'Alessandro Marcello. L'interprète est ici à la fois soliste et orchestre, c'est aussi le cas dans le très beau choral Ich ruf'zu dir Herr Jesu Christ ou encore dans Erbam'dich mein, o Herre Gott. Le jeu de Kei Koito, bien articulé et assis sur des basses solides donne un sentiment de force tranquille. AG
ALPHA, 2012.
Revisitant une discographie qui est loin d'avoir laissé l'auditeur indifférent, Vincent Dusmestre et son Poème Harmonique puisent dans leur répertoire pour mettre à l'honneur un procédé de composition très présent dans la musique baroque, fondé sur la répétition obsédante d'un même motif mélodique, rythmique ou harmonique. Des lamenti d'Italie, vers les grounds d'Angleterre, en passant par les danses d'Espagne et les folias, dont Briceño, El Fenix de Paris (BB9266), donnera la première version chantée, nous voyageons à travers le temps et l'espace à la recherche d'exemples d'ostinato. Si la définition donnée ci-dessus renvoie l'auditeur assez facilement vers Maurice Ravel et son Boléro, rappelons tout de même que les premiers exemples de basse obstinée remontent au 13ème siècle. Ces deux exemples extrêmes ne sont bien sûr pas repris sur ce disque, mais cela n'enlèvera rien à votre plaisir de découvrir ces pièces qui comportent un indéniable côté ludique, tel ce "Ballo di tre zappi" par le compositeur connu sous le nom d'"Il Fassolo" (BF1453), en fait une danse des boiteux sous forme de sérénade. AF
VIRGIN CLASSICS, 2012.
Vu dans Diapason:
Mademoiselle Blanc-Sec aurait adoré ce disque. Vous connaissez Mademoiselle Blanc-Sec ? C'est le professeur de piano qu'on aurait tous détesté avoir, de celles qui vous filent des coups de métronome sur les phalanges pour vous faire respecter le tempo... et aussi un peu pour vous faire respecter les compositeurs classiques. Parce que, quand même, on ne plaisante pas avec les morts !
HARMONIA MUNDI, 1987.
Omnes Gentes - Regina Coeli - O Spientia - Laudate pueri - Salve Regina - Exaudi Deus - Anima Christi - Ave Coeli - Dixit Dominus - O Dulcissime - Domine Salvum Regem
MIRARE, 2012.
"Chacun avec son style propre et ses couleurs particulières, Bizet, Fauré, Debussy et Ravel ont su porter un regard émerveillé sur le monde de l'enfance. Dans les oeuvres pour piano à quatre mains dédiées à l'univers enfantin, qui sont bien autre chose que de simples pièces de salon, ils transportent l'auditeur dans le pays du rêve tendre, voluptueux, touchant et vrai." (pochette CD).
CLAVES, 2012. Enregistrement 2011.
Fabrizio Chiovetta est un disciple de Paul Badura-Skoda. Cela vous renseignera déjà sur son approche pianiste, à fleur de doigt. Son travail de chambriste fait merveille dans cette ultime sonate pour piano de Franz Schubert à laquelle Chiovetta donne un relief remarquable. Nous entendons un homme tantôt chuchotant ses secrets intimes, au bord des larmes, tantôt laissant éclater sa colère face aux frustrations de la vie. Le discours est vivant, frémissant d'un sang qui bat réellement dans les veines de l'interprète. Celui-ci n'hésite pas à prendre des risques en interrompant brièvement le déroulé linéaire de la musique pour une respiration habitée de sens. Une interprétation personnelle, certes, mais tellement sensible. AG
DECCA, 2012.
Vladimir Ashkenazy complète ses enregistrements des oeuvres pour piano de Rachmaninov par cette vingtaine de miniatures incluant plusieurs enregistrements inédits dont le mouvement des Vêpres, Nunc dimittis. Une occasion pour le pianiste de revenir sur son passé, sur cette nuit avant Pâques à Moscou où l'on avait décidé d'exécuter cette oeuvre tant célébrée depuis. Une façon très digne de conclure cet enregistrement intégral de la musique pour piano du compositeur russe. MdW
HYPERION, 1990.
AVANTI CLASSIC, 2012.
La musique d'Alessandro Scarlatti (1660-1725) trouve avec Dominique Corbiau et la Cetra d'Orfeo un swing d'une modernité inouïe. Le jeune contre-ténor belge a rassemblé ici toutes les facettes de l'art du compositeur, de l'opéra à l'oratorio apportant une belle moisson d'oeuvres inédites au disque. " J'ai imaginé ce programme comme un voyage au coeur de l'Italie baroque, avec ces somptueux palais, ses théâtres mythiques, et ses églises grandioses, autant de lieux ou fut célébré l'immense talent d'Alessandro Scarlatti qui savait avec un style tellement original mêler sophistication et simplicité pour traduire les sentiments les plus variés qu'ils soient profanes ou sacrés. " Dominique Corbiau.
Coup d'oeil sur le parcours de cet artiste de chez nous. Dominique Corbiau a commencé la musique dès l'âge de quatre ans par l'apprentissage du piano mais c'est véritablement le chant qui lui apporte l'épanouissement. Après des études aux conservatoires de Liège, de Mons et de Bruxelles, Dominique Corbiau s'est produit en concert dans des lieux prestigieux aussi bien en Belgique qu'à l'étranger et en compagnie de nombreux ensembles et orchestres. Sa voix de contre-ténor lui ouvre naturellement les portes du répertoire baroque sans dédaigner pour autant le Lied Romantique (Schubert, Mendelssohn, Schumann) ainsi que la Musique Contemporaine (création d'oeuvres de Viktor Kissin, Gheorghi Arnaoudov, Jean Jadin, Michel Lysight...). En novembre 2008, Dominique Corbiau a enregistré pour le label Universal Music le CD " Memoria " [ref. GC4529] ainsi qu'un album de pièces originales, fruit de sa collaboration musicale avec le compositeur français Cyril Orcel [ref. FO5252] AG
MIRARE, 2012.
" A l'aube du XXe siècle, Paris vécut plus que toute autre ville la métamorphose des arts des temps modernes. Les vibrations de couleurs et de lumières sur les toiles de Monet, de Seurat et de leurs contemporains furent changées en sons dans l'oeuvre de Debussy, dont le Quatuor ouvrait la voie à une esthétique nouvelle. Dix ans plus tard Ravel en cristallisera le style, comme pour aller au bout de la pensée de son aîné. Entre ces deux fleurons du répertoire français, le 1er quatuor de Saint-Saëns se révèle une oeuvre formidablement attachante, à la fois pleine de charme, d'humour et d'élégance. " (pochette CD).
DEUTSCHE GRAMMOPHON, 2012.
Mon premier est un tout jeune quatuor à cordes dont les interprètes sont les chefs de pupitres de l'Orchestre symphonique Simon Bolivar. Tous sont issus, d'El Sistema, ce réseau vénézuélien de centres de pratique musicale ouvert à tous. Mon deuxième est un programme attachant, savant mélange américain et européen : deux pièces renommées d'Antonin Dvorak et de Dmitri Chostakovitch pour la grande Europe d'aujourd'hui et le quatuor à cordes n°1 du compositeur argentin, Alberto Ginastera. Mon tout est un album au tempérament ardent et chaleureux fort bienvenu en cette saison froide. MdW
VIRGIN CLASSICS, 2013. Enregistrement 2012.
Détrompez-vous ! Il ne s'agit pas d'un groupuscule de jeunes " mafieux " mais du bien connu Quatuor Ebène. Autour des personnalités - frère et soeur - de Félix et de Fanny Mendelssohn et de 3 quatuors à cordes, ils excellent dans ce dernier CD: équilibre, jeu intense et contours parfaitement définis. Durant sa vie, Félix compose huit quatuors à cordes dont celui de l'opus 80, écrit après la mort brutale de sa soeur et intitulé " Requiem pour Fanny ". Celle-ci (qui sera la seule femme du 19ème siècle à porter le titre de " Kapellmeister ") n'en composera qu'un en 1834. MdW
DIAPASON D'OR FEVRIER 2013
MIRARE, 2012.
Avec la grâce et l'élégance qu'on lui connaît, Anne Queffélec déploie ses nombreux talents d'interprète dans un récital dévolu aux compositeurs français de l'entre deux-guerres, ceux-là même qui ont ouverts de nouveaux horizons musicaux. Entre le surréalisme décalé de Satie, la poésie de Debussy en passant par la nostalgie de Ravel ou l'insouciance de Poulenc, la composition française de cette époque compte aussi des créateurs plus discrets : en proposant des pièces méconnues de Pierre-Octave Ferroud, de Reynaldo Hahn, de Gabriel Dupont, de Charles Koechlin ou de Florent Schmitt, Anne Queffélec ouvre une autre page, celle des compositeurs laissés pour compte qui, pourtant ont fait les " riches heures de la musique française ". MdW
Diapason d'or avril 2013.
HARMONIA MUNDI USA, 2012. Enregistrement 2011.
Combinaison et cohésion totale entre le Tokyo String Quartet, le clarinettiste, Jon Manasse et le pianiste Jon Nakamatsu qui signent ensemble chez Harmonia Mundi (USA), un bel enregistrement autour des Quintettes pour piano ou avec clarinette de Brahms. Au programme, une oeuvre de jeunesse (Op.34) de la main d'un homme prêt à conquérir le monde et une pièce (Op.115) d'un compositeur au soir de sa vie. A conseiller. MdW
ONYX, 2007. Enregistrement 2006.
Enregistrement public
DEUTSCHE GRAMMOPHON, 2012.
Vu dans Diapason (mars 2013)
Né en 1966, Max Richter est un musicien et compositeur germano-britannique de musique classique et électronique contemporaine, rattaché au mouvement post-minimaliste. Il a étudié la composition et le piano à l'université d'Édimbourg, à la Royal Academy of Music et avec Luciano Berio. Après ses études, Richter a co-fondé l'ensemble Piano Circus où il a eu l'occasion d'interpréter entre autres des oeuvres d'Arvo Pärt, Brian Eno, Philip Glass, Julia Wolfe et Steve Reich. Il est l'auteur de musiques de films (Valse avec Bachir, Elle s'appelait Sarah, Shutter Island ). En 2012, il signe pour Deutsche Grammophon et sa série "Recomposed" cette adaptation des Quatre Saisons de Vivaldi. Richter décompose les concertos et les traduit dans son langage. Chacun se fera son opinion à l'écoute, je ne dirai rien de plus. AG
APARTÉ, 2013. Enregistrement 2012.
Crâne rasé, mine des mauvais jours et couleurs blafardes sont la signature de ce premier récital du contre-ténor catalan, Xavier Sabata. Engagé par le passé dans le théâtre et la tragédie, il choisit de bifurquer vers le chant lyrique à 26 ans. Interpréter des rôles d'opéras c'est dit-il, de " l'art total ", une combinaison juste du geste théâtral et de la voix. Son programme est une succession d'airs chantés par de mauvais garçons provenant de six opéras d'Haendel. Il est vrai que la " bad guy attitude " est en général attribuée à d'autres tessitures de voix masculines. Qu'à cela ne tienne, Sabata risque l'incarnation de l'ange déchu au lieu de rôles plus convenus souvent dévolus à la voix de contre-ténor.
Je vous avoue que je m'attendais à beaucoup plus d'excès, de phrasés moins lisses et de personnages plus sournois. A quand un récital de vrais mauvais : renégats, ambitieux et traîtres en tout genre ?
Mais attendez une surprise à la suite de la plage n°12 : un extrait-bonus tiré de l'opéra Rinaldo. Vous voyez, ce protégé de William Christie n'est pas un mauvais garçon et l'on se réjouit de l'entendre prochainement dans du Haendel ou dans d'autres répertoires, mélange de Pop et de musique classique. MdW
Diapason d'Or mars 2013.
NOVUM ORGANUM EUROPE CONPACT, 2012. Enregistrement 2011.
HARMONIA MUNDI, 2013. Enregistrement 2012.
L'histoire de cette oeuvre est entourées de mystère. Est-elle de Pergolèse ou lui a-t-elle été faussement attribuée ? Loin d'être résolue, la question était relancée à chaque nouvelle découverte susceptible d'y apporter une réponse. Un nouveau tournant eut enfin lieu en 2009, lorsque le musicologue Reinhard Fehling découvrit un jeu de partie séparées à l'abbaye de Kremsmünster en Basse-Autriche. L'étude comparative de l'ensemble des éléments réunis avec d'autres oeuvres analogues de Pergolèse permit de révéler des parallèles évidents, d'une portée telle qu'ils contribuent à prouver l'autenticité de l'oeuvre. Cette pièce majeure du baroque napolitain a été donnée pour la première fois en concert au Festival de Beaune en juillet 2012, quelques jours avant son enregistrement. AF
GLOSSA, 2013. Enregistrement 2012.
CHOC CLASSICA FEVRIER 2013 et Diapason d'Or (mars 2013)
Non, non. Vous n'êtes sujet à une hallucination auditive et votre lecteur de CDs n'est pas affecté par une quelconque panne. Ce que vous entendez est le fruit des dernières expérimentations chromatiques de Carlo Gesualdo. Oui, c'est très osé, surtout à cette époque. Mais quand on est prince de Venosa, on peut prendre des libertés. Au nombre de celles-ci, on compte ces rencontres des voix sur un accord dissonant qui ne reçoit aucune résolution laissant l'auditeur en tension, ces glissements chromatiques à toutes les voix aptes à donner la nausée et j'en passe. C'est dans les textes à la fois maniéristes et doloristes qu'il faut chercher une des explications à ces choix surprenants. La mort, la souffrance intime, une certaine vision de l'amour sont des thèmes qui appellent une telle expressivité. Celle-ci est magnifiée par La Compagnia del Madrigale qui n'a que ses cinq voix pour nous faire ressentir ces émois. Clarté de la polyphonie, sobriété, justesse sans faille contribuent à faire de cet enregistrement une version de référence. Précipitez-vous. AG
ANALEKTA, 2012.
Contemporain de Johann Sebastian Bach, Georg Philipp Telemann et George Frideric Handel, Johann Christoph Graupner (1683 - 1760) a étudié le droit à l'université de Leipzig et la musique avec Johann Kuhnau, le cantor de la Thomaskirche. En 1705, Graupner est engagé comme claveciniste dans l'orchestre de l'Opéra d'Hambourg dirigé par Reinhard Keiser. Là, il compose six opéras, certains en collaboration de Keiser. Quatre ans plus tard, il accepte un poste à la cour de Hesse-Darmstadt et devient, en 1711 Hofkapellmeister et fournisseur de la musique pour la chapelle de la cour. Ce fut là qu'il accomplit sa carrier jusqu'au moment où, en 1754, il devint aveugle. La production musicale de Graupner compte quelques 2000 oeuvres dont 133 sinfonias, 85 ouvertures, 44 concertos, 8 opéras, 1418 cantates sacrées et 24 cantates profanes, 66 sonates et 40 partitas pour clavecin. Les démêlés avec son employeur au sujet de la propriété de ses manuscrits firent inexorablement entrer Graupner dans l'oubli. Ses oeuvres restèrent inédites, enfouies dans la bibliothèque de la cour et c'est grâce aux efforts des musicologues et des interprètes qu'elles sont à ce jour rendues à nos oreilles. La claveciniste canadienne Geneviève Soly a entamé depuis les années 2000, une intégrale de l'oeuvre de Graupner. Elle souligne la diversité stylistique de son langage, s'adaptant à la nature de la pièce composée. AG
GLOSSA, 2013. Enregistrement 2012.
Ombragé par la présence de Georg Friedrich Handel qui régnait sur la musique en Angleterre comme un chêne sur un maigre roseau, William Hayes (1708-1777) fit de son mieux pour prendre un peu de hâle de temps à autre. Anthony Rooley s'est adjoint un ensemble de chanteurs et d'instrumentistes triés sur le volet pour réitérer le succès des Passions (réf. BH6380) avec six cantates et une ode qu'il serait vraiment dommage d'ignorer. Le cycle de cantates remonte à 1748 et fournit des histoires à la fois originales et humoristiques magnifiées par une instrumentation inhabituelle. L'ode When the fair consort in th'Elysian choir adopte le récit d'Orphée et Euridice. Cette pièce a été composée à l'occasion de la réception par Hayes d'un grade universitaire à Oxford. L'action se situe au moment où, ayant quitté les enfers, Euridice est contrainte d'y retourner à cause d'un malencontreux regard d'Orphée. Dans un duo plein d'émotion, les amants se disent adieu. Une bien jolie découverte. AG
DGG.
ONYX, 2013. Enregistrement 2012.
Pour mémoire: Denis Kozhukhin a remporté le premier prix du Concours Reine Elisabeth en 2010.
DEUTSCHE GRAMMOPHON, 2013. Enregistrement 2011.
CHANDOS, 2012.
Voici une exploration intéressante au coeur des sonates pour violon et piano composées par Strauss et Respighi. Associées le plus souvent à la musique lyrique ou orchestrale, leurs compositions instrumentales s'en trouvent reléguées au second plan. Le duo Little-Lane nous rappelle avec conviction que ce répertoire vaut le détour. MDW
AVI-MUSIC, 2013. Enregistrement 2011.
CHANNEL CLASSICS, 2012. Enregistrement 2007.
Vu dans Diapason (octobre 2012)
Les six Sonates en trio écrites pour l'orgue par Jean-Sébastien Bach sont ici arrangées pour flûte, violon, viole de gambe, violoncelle, luth et clavecin par l'ensemble anglais Florilegium. L'instrumentation varie à chaque sonate qui garde cependant toujours l'option du continuo au clavecin. L'écriture de la sonate en trio pour orgue sous-entend une autonomie ainsi qu'une proximité des parties qui ne souffre aucun manquement. Les chambristes de Florilegium s'en sortent haut la main, offrant une version renouvelée de ce chef d'oeuvre. AG
ENCELADE, 2012. Enregistrement 2011.
" L'Encelade est un label nouvellement créé et spécialisé dans la musique baroque. Son objectif est de faire connaître de nouveaux répertoires, de nouvelles partitions et de nouveaux interprètes, privilégiant une démarche associant musicologie, authenticité et plaisir musical... Deux idées complémentaires sont à l'origine de " L'Encelade ". Tout d'abord un projet artistique : dans un monde global et uniforme, il est important de garder des espaces de liberté qui permettent de produire des artistes venant de tout horizon, connus ou débutants, qui interprètent des oeuvres qui peuvent sortir des sentiers battus. Notre objectif est de continuer le travail de découverte de ce répertoire si riche et si divers. L'important pour nous est d'offrir une oeuvre et une démarche d'interprète authentiques... Cette démarche peut s'avérer risquée et il est donc important de la lier à un modèle économique adapté. L'art ne peut exister aujourd'hui sans commerce ni équilibre financier. Alors que l'industrie de la musique enregistrée traverse une crise sans précédent, " L'Encelade " veut associer musique classique et ancienne avec des modèles économiques issus de l'internet
inspirés de l'auto et de la micro-production qui foisonnent aujourd'hui en musique électro-acoustique. Notre objectif est d'adapter tout ce matériel aux répertoires que nous aimons avec comme principal objectif de faire de l'interprète le principal intéressé à son succès auprès du public. "
Cet enregistrement propose une sélection de sonates pour violon et basse continue reflétant la personnalité si singulière de Tomaso Albinoni (1671-1751). Très minérales dans l'architecture structurelle, ses oeuvres raffinées laissent s'épancher de séduisantes lignes mélodiques, fluides et imprévisibles. Une belle représentation en musique de Venise au début du XVIIIe...Vénitien d'origine, Albinoni publie son premier recueil de sonates pour violon en 1708. A la différence de nombreux compositeurs de son époque, il écrit pour son plaisir, et non sur commande, grâce aux revenus générés par une fabrique familiale de cartes à jouer. Sa renommée dépasse rapidement les frontières. Il voyage en Europe, dédit une sonate à Pisendel, violoniste virtuose allemand, préfigurant Beethoven qui fera de même avec Kreutzer. JS. Bach lui-même s'inspire des oeuvres du compositeur vénitien et enseigne la basse continue à ses élèves sur ses mélodies. Albinoni nous laisse de nombreuses oeuvres de musique de chambre, principalement pour le violon. Malheureusement, la majorité de ses partitions d'opéras disparaisse à Dresde lors de la deuxième guerre mondiale.
Musicien célèbre "malgré lui" et dont les compositions originales restent paradoxalement peu connues, Albinoni laisse une oeuvre consacrée à la recherche d'un langage musical épuré particulièrement expressif. Son écriture possède une élégance et une allure toutes "classiques", associées à une puissante expression lyrique, dépassant la simple virtuosité. Pour restituer au mieux l'univers musical et sonore d'Albinoni, Guillaume Rebinguet-Sudre a collaboré étroitement avec le luthier Christian Rault qui a réalisé un instrument typique de la facture vénitienne de l'époque, inspiré par un Montagna de 1717. Cet album est le premier enregistrement soliste de Guillaume Rebinguet-Sudre, professeur au CRR de Bordeaux qui s'attache à restituer une interprétation vivante, spontanée et respectueuse du contexte de la création des oeuvres. Il apprécie tout particulièrement les projets originaux. C'est avec cet esprit qu'il fonde et dirige " L'Ensemble Baroque Atlantique ". Il est accompagné dans ce programme par Claire Gratton au violoncelle qui collabore avec de nombreux ensembles de renom comme " La Simphonie du Marais ", " Le Concert d'Astrée ", " Le Cercle de l'Harmonie "... et Jean-Luc Ho au clavecin dont le premier enregistrement soliste sorti chez L'Encelade en 2011 consacré à Couperin et Bach a été " Choix de France Musique " et récompensé par un " Diapason Découverte "... " site www.Encelade.net
CHANNEL CLASSICS, 2012. Enregistrement 2011.
Acclamés pour les enregistrements dédiés à la Renaissance anglaise et à la musique romantique allemande, l'ensemble vocal "Les Gents" traverse l'océan pour rendre hommage à Broadway et à Gershwin en particulier. Jetse Bremer effectue divers arrangements des mélodies pour soliste, choeur et instruments du compositeur. MDW
CLAVES, 2012. Enregistrement 2011.
L'Octuor Op.3 de Johan Svendsen est une oeuvre composée alors que le futur compositeur et chef d'orchestre suivait encore les cours de composition de Carl Reinecke au Conservatoire de Leipzig. Oeuvre de jeunesse, certes mais coup de maître. Nul doute que Svendsen a puisé son inspiration auprès de Félix Mendelssohn dont l'octuor est un des premiers du genre. Comme chez ce dernier, l'écriture est transparente compte tenu de l'effectif instrumental, on y trouve aussi l'élan du discours sans pour autant tomber dans la volubilité. Le troisième mouvement, Allegro sostenuto présente une ligne mélodique des plus lyriques que les instruments chantent pleinement. Comme Svendsen, Max Bruch suivit les cours de composition de Carl Reinecke et comme lui, son Octuor doit beaucoup à celui de Mendelssohn. Cependant, il ne s'agit nullement ici d'une oeuvre de jeunesse, peu s'en faut. C'est en 1920, soit quelques six mois avant sa mort que le compositeur coucha sur le papier ce triptyque pour cordes. On sait que Bruch ne fut pas sensible aux modes de son époque, ceci explique cette écriture romantique. L'octuor commence calmement par une cantilène chantante bientôt rejointe par un motif contrasté. Le développement du mouvement va marier les deux thèmes. Un Adagio plus sombre précède l'Allegro molto final qui plonge l'auditeur dans une clarté enjouée. L'ensemble Tharice Virtuosi livre ici du très bel ouvrage en matière de cohésion tout en traitant le son avec délicatesse. Le genre garde ainsi sa nature chambriste. Plaisir d'écoute assuré. AG
HARMONIA MUNDI, 2012. Enregistrement 2011.
Quelle que soit la vérité sur leur "anglicité", ces six suites font montre d'une écriture pour clavier pleine d'invention. Chaque suite est introduite par un prélude d'une ampleur exceptionnelle pour l'époque. Le grande diversité des mouvement de danse, car, rappelons-le, il s'agit de suites de danses, offre un écrin à la virtuosité du claveciniste.
NAIVE, 2012.
Diapason d'Or (mars 2013) et Choc de Classica (mars 2013) -
Johann Sebastian Bach était un expert es-recyclage : des concertos italiens se transformaient en pièces magistrales pour l'orgue ou le clavier en général. Ainsi ces trois premières suites pour violoncelle seul transcrites par l'interprète pour le théorbe n'auraient pas fait sauter leur géniteur au plafond, certes pas. Il faut ajouter que sous les doigts d'Hopkinson Smith, le sacrilège devient bénédiction : rondeur de la sonorité, esprit dans les danses et noblesse partout ailleurs. Je n'en dirai pas plus pour vous permettre d'écouter ce disque au plus vite. AG
CHRISTOPHORUS, 2012.
Le Capricornus Consort nous invite à découvrir la musique d'un compositeur méconnu qu'il est urgent de découvrir : Philipp Heinrich Erlebach. Comme Bach, il ne quitta jamais son Allemagne du Nord natale et demeura fidèle sa vie durant à la cour du comte de Schwarzburg-Rudolstadt, en Thuringe. Fondé à Bâle en 2006, le Capricornus Consort s'est spécialisé dans la musique du 17e siècle et en particulier dans les pages méconnues de Johann Rosenmüller (prédécesseur de Bach à Saint-Thomas de Leipzig et de Vivaldi à la Pietà de Venise) et d'Antonio Bertali (musicien italien au service de la cour impériale des Habsbourg à Vienne).
Né en 1657, Philipp Heinrich Erlebach fut employé de 1678 à 1679 comme musicien et valet à la cour du comte Albert Anton von Schwarzburg-Rudolstadt. En 1681, il est nommé Kapellmeister. Il le restera pendant 33 ans donnant à la vie musicale de la cour un lustre qui attira les regards et les oreilles vers ses réalisations. Pourvoyeur de musique de la cour, Erlebach s'illustra dans tous les domaines depuis la musique instrumentale jusqu'à la musique sacrée. Son catalogue compte plusieurs centaines de cantates. Après sa mort survenue le 17 avril 1714, ses oeuvres furent achetées par la cour. Malheureusement un incendie survenu en 1735 détruisit une grande partie de celles-ci. Il en subsiste la trace dans deux catalogues. Malgré cela, 6 suites, 6 sonates en trio ont survécu. Les suites présentent l'influence de la suite française pour orchestre et les sonates en trio sont redevables de la sonata da camera à l'italienne. Ceci n'empêche pas Erlebach d'effectuer une bonne synthèse d'éléments relevant du goût germanique et des tendances européennes. Les deux volumes de Harmonische Freude contiennent une collection d'airs d'opéra. Du côté de la musique d'Eglise, Erlebach a composé des motets, des psaumes concertants, des hymnes, des messes, des oratorios et de très nombreuses cantates qu'il poussa à un haut niveau de développement. AG
CHANDOS, 2001-2000. Enregistrement 1999.
CHALLENGE CLASSICS, 2012. Enregistrement 2013.
Flash-back : nous sommes en juin 1840 à Leipzig. Chacun trouve sa place dans l'église Saint-Thomas et attend l'hommage rendu à Gutenberg et à son invention de l'imprimerie survenue 400 plus tôt. Pour fêter cet anniversaire, les moyens sont importants et l'instant solennel ; on attend d'ailleurs Félix Mendelssohn qui interprète une de ses oeuvres, la deuxième symphonie, sous-titrée " Lobgesang " (chant de louange). Cette " symphonie-cantate " composée à la mode 9ème de Beethoven, s'ouvre avec des trombones dont la sonorité remplit l'espace de l'église. Survient par la suite un développement important et riche de détails. Aujourd'hui : Jan Willem de Vriend se lance dans l'enregistrement de l'intégrale des symphonies de Mendelssohn avec énergie et ardeur. Premier volume. MdW
CHANDOS, 2013. Enregistrement 2012.
Ce mois de mars 2013 annonce de belles publications musicales : parmi celles-ci, ce cycle dédié aux compositions orchestrales de Joachim Raff (1822-1882), créateur prolifique (plus de 300 pièces) et homme influent de son époque. A la baguette de ce premier volume, il y a Neeme Järvi, en grande forme qui traduit fort bien le langage du compositeur germano-suisse dans deux oeuvres différentes: la Symphonie n°2 (1866) et les quatre Préludes pour des pièces de Shakespeare (1879). MdW
CHALLENGE CLASSICS, 2012. Enregistrement 2011.
Jaap van Zweden poursuit les enregistrement de l'intégrale des symphonies de Bruckner. Revue à plusieurs reprises dans les années qui suivent sa composition (1873), cette troisième symphonie est dédiée à Wagner: on y retrouve d'ailleurs des notions chères au Maître de Bayreuth: la lutte et l'héroïsme. MdW.
ONDINE, 2012-2011. Enregistrement 2010.
HYPERION, 2013-2012. Enregistrement 2011.
C'est grâce à la rencontre avec Mstislav Rotropovitch que Britten considère le violoncelle comme " un vecteur possible de son art ". Pendant une bonne décennie, cet instrument concurrencera sérieusement la production vocale du compositeur anglais qui n'hésite pas, par ailleurs, à montrer son engagement en faveur d'autres musiciens russes, ceci en pleine guerre froide. Il joue un rôle prépondérant dans la coopération anglo-soviétique. Les oeuvres contenues dans ces deux CD sont toutes dédiées au violoncelliste russe disparut en 2007. MdW.
SONY CLASSICAL, 2013-2012. Enregistrement 1985.
Diapason d'Or (avril 2013)
A l'occasion du centenaire de la naissance Witold Lutoslawski, Esa-Pekka Salonen dont on connaît l'admiration pour l'oeuvre du compositeur polonais, a enregistré les quatre symphonies au pupitre de l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles. Cette superbe version des symphonies fait chatoyer les couleurs orchestrales, révélant une profondeur de champ dans l'écriture qui déploie pleinement les qualités de cette musique souvent exigeante de l'auditeur. Hautement recommandé. AG
AVANTI CLASSIC, 2012-2011. Enregistrement 2010.
Pour réaliser cet enregistrement, les pianistes Karin Lechner et Sergio Tiempo ont sélectionné huit tangos qui ont été spécialement arrangés pour eux par des compositeurs argentins. A côté des bien connus 'La Muerte Del Angel' et 'Adios Nonino' d'Astor Piazzola prend place la Tango Rhapsody de Federico Jusid, une pièce théâtrale concertante dédiée aux deux pianistes. Cette oeuvre créée dans le cadre du fameux Progetto Martha Argerich festival à Lugano, ne demande pas seulement à être jouée mais aussi implique aussi une action scénique que le DVD joint à cette édition vous permettra de découvrir. FUN ! AG
PENTATONE CLASSICS, 2013. Enregistrement 2012.
En 2010, l'Orchestre Symphonique de Radio de Berlin sous la direction de Marek Janowski, entame les enregistrements publics des opéras principaux du compositeur. Pour le 200ème anniversaire de la naissance de Wagner, le label Pentatone marque le coup!
Sixième enregistrement de ce cycle, cet opéra est une intrigue basée sur la vie d'un homme entouré de mystères, Tannhäuser. Décrit parfois comme un aristocrate insubordonné du 13ème siècle, il est en tous les cas considéré comme un artiste romantique aux prises avec ses démons intérieurs, ses ambivalences. Pour Wagner, cet opéra est un processus complexe débuté par la rédaction du livret en vers et de la partition définitive en1845. Il sera présenté à Bayreuth en 1891. MDW
ORANGE MOUNTAIN MUSIC, 2012.
La chanteuse américaine Tara Hugo a déjà montré sa polyvalence vocale dans l'Opéra de Quat 'sous de Kurt Weill et Bert Brecht. Sa première rencontre avec la musique de Philip Glass est intervenue dans The Book of Longing (réf. FG6172) et elle revient maintenant dans cet enregistrement de songs du compositeur minimaliste. Les douze songs présentés ici appartiennent à trois sources principales: "The Book of Longing," La traduction en anglais par Coleman Barks de la poésie de Jalaluddin Rumi et des textes de l'interprète. Tara Hugo excelle dans la création d'une atmosphère adaptée aux paroles, dans un contexte intimiste qui évoque parfaitement le cabaret. Sa diction est sans faille, permettant à chacun de suivre le sens du discours. L'émotion est au rendez-vous : les mélodies de Philip Glass viennent de trouver en Tara Hugo une avocate des plus éloquentes. AG
POGUS PRODUCTIONS, 2012-1979. Enregistrement 1948.
Cette compilation sortie sous le label Pogus présente une sélection des pièces les plus importantes de l'avant-garde musicale péruvienne entre les années 1960 et 70, offrant ainsi un échantillon représentatif du travail des compositeurs. Treize oeuvres de treize compositeurs différents, cinq pièces pour bande magnétique et huit pièces instrumentales proposent une excellente introduction à la musique péruvienne à une époque où les compositeurs exploraient le sérialisme, l'électronique, le domaine électro-acoustique et aléatoire. On ne peut s'empêcher de mettre en lien ces créations avec le contexte politique troublé de cette période. Cette dimension permettra de mieux comprendre tous les enjeux de la pratique de l'art et d'éviter ainsi des comparaisons erronées avec ce qui se faisait en Europe et aux Etats-Unis au même moment. AG
Edgar Valcarcel a vécu à Buenos Aires, Argentine, durant les années 1960 et travaillait au CLAEM-Instituto Torcuato Di Tella (1963-1964). Il a composé ses premières pièces avec sons électroniques après avoir obtenu une bourse du Guggenheim qui lui a permis de travailler au Centre de musique électronique Columbia-Princeton de New York. C'est là qu'il compose Invención pour bande en 1967, travaillant avec des générateurs d'ondes acoustiques électroniques et du bruit blanc filtré et ayant recours à des techniques de montage et de bouclage. Né à Lima en 1931, Leopoldo La Rosa a étudié au Conservatorio Nacional de Música tout en étant Maestro de Capilla de la Basílica Metropolitana de Lima. En 1953, il voyage en Europe et rencontre Jesús Guridi à Madrid, Marcel Dupré à París, Franz Sauer au Mozarteum de Salzbourg et Gianfranco Spinelli à Milan. C'est ainsi qu'il devient chef d'orchestre, dirigeant l'Orchestre Symphonique National pendant près de 17 ans.
César Bolaños a d'abord étudié la musique à Lima au Conservatoire national de musique, puis aux États-Unis où il fréquente la Manhattan School of Music en 1959, puis le RCA (Radio Corporation of America) Institute of Electronic Technology pour étudier l'électronique entre 1960 et 1963. En 1963, il s'installe à Buenos Aires, Argentine, après avoir obtenu une bourse pour étudier au CLAEM - Instituto Torcuato Di Tella. C'est durant son séjour au CLAEM que Bolaños compose sa première pièce pour bande magnétique, Intensidad y Altura (1964), qui était aussi la première composition de musique électroacoustique produite au Centre, alors que le laboratoire était encore aux premiers stades de son développement. Intensidad y Altura s'inspire du poème éponyme de César Vallejo. À l'époque, le CLAEM avait trois magnétophones de différente qualité, un générateur de bruit blanc, un filtre passe-bande et un dispositif de fluctuations de vitesse. Comme sources sonores, Bolaños a utilisé trois canaux, du bruit blanc et diverses plaques de métal. Walter Casas Napan a étudié la composition au Conservatoire National de Conservatoire National de Musique avec Enrique Iturriaga. Son langage est souvent atonal , chromatique ou aléatoire . Luis David Aguilar Carbajal a étudié au Conservatoire National Supérieur de Musique avec Enrique Iturriaga. Il a également étudié la sociologie à l' Université de San Marcos.
Francisco Pulgar Vidal s'est rendu en 1957 en Colombie où il est sensibilisé à la musique dodécaphonique avec le compositeur Roberto Duque Pinedo. Il fait aussi un travail de collecte du patrimoine musical péruvien et n'hésite pas à intégrer des éléments folkloriques dans ses compositions. Il est également connu comme arrangeur de musique traditionnelle des Andes péruviennes Né en 1924, José Malsio est allé en Amérique en 1941 pour étudier à l'Eastman School of Music de Rochester. Entre 1942 et 1946, Malsio rejoint le cercle des élèves d'Arnold Schoenberg à Los Angeles; il étudie à l'Université de Yale avec Paul Hindemith. De retour dans son pays, il sera nommé directeur de l' Orchestre symphonique national (OSN) puis en 1970, directeur Conservatoire national de musique.
Enrique Sanchez-Concha Pinilla, connu sous le nom de Paco, était un compositeur , chef d'orchestre et critique péruvien. Il a travaillé dans le domaine de la musique folk et électro-acoustique. Alejandro Nuñez Allauca a étudié au Conservatoire National Supérieur de Musique et à l'Instituto Torcuato di Tella à Buenos Aires avec Francisco Kröpfl , Gabriel Brncic et Gerardo Gandini . Après un séjour aux Etats-Unis entre 1972 et 1973, il vit à Milan , en Italie depuis 1987. Ses oeuvres intégrent des éléments de musique traditionnelle andine ainsi que des échos de néo- romantisme .
Celso Garrido Lecca étudie la composition avec Rodolfo Holzmann au Conservatorio Nacional de Mùsica de Lima au Pérou. Il termine ses études à Santiago du Chili et entre à l'Institut du théâtre de l'université du Chili comme compositeur et directeur musical, poste qu'il garde pendant dix ans. Il entre au département de composition de la faculté des Sciences et arts de la musique de l'université du Chili, section qu'il dirigera plus tard. En 1950, il travaille avec le compositeur néerlandais Fré Focke qui l'initie avec l'atonalisme et la polytonalité. En 1964, il obtient une bourse pour étudier avec Aaron Copland à Tanglewood aux États-Unis. En 1973, il est de retour au Pérou où il occupe la chaire de composition du Conservatoire national de musique dont il devient ensuite directeur jusqu'à 1979. Son oeuvre s'inscrit dans le courant de rénovation musicale qui s'est imposé à partir des années 1950, avec l'introduction dans la musique péruvienne de nouvelles techniques comme le dodécaphonisme ou l'atonalité. Pedro Seiji Asato est né à Lima le 11 Juillet 1940. Il a principalement étudié la composition avec Edgar Valcárcel au Conservatoire National de Musique. Tout d'abord compositeur à l'avant-garde avec plusieurs oeuvres atonales et aléatoires, il pencha par la suite vers le néo-baroque et la Nouvelle Simplicité. Enrique Iturriaga est né à Lima le 3 Avril 1918. De 1945 à 1950, il travaille avec Rodolfo Holzmann au Conservatoire National de Musique. En tant que professeur, il a formé un grand nombre de compositeurs péruviens. Il faisait partie du groupe de compositeurs dans les années 50 qui ont renouvelé la musique académique de son pays en introduisant de nouvelles techniques musicales.
Arturo Javier Ruiz del Pozo a étudié au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lima avec Andres Sas , Lily Rosay , Donoso Miguel et Edgar Valcárcel . Il a poursuivi ses études musicales au Royal College of Music et à l' Université de Londres où il s'est spécialisé dans la composition de musique concrète , électronique et de musique de film avec des professeurs comme Laurent Casserley et Kenneth Victor Jones.
PARATY, 2012.
Connaissez-vous l'église Notre-Dame de la Chapelle ? Elle se situe à deux pas du Grand Sablon et mérite votre visite. Cette vénérable paroisse compte quelques 800 printemps. Cela se fête, n'est-ce pas. C'est pourquoi î'asbl Voce et Organo (les concerts d'orgue, vous connaissez ?) a demandé au compositeur belge Jean-Pierre Deleuze d'écrire une oeuvre pour cette occasion. C'est ainsi que Tota pulchra es, amica mea pour 6 voix, orgue, cornet, flûte à bec et électronique a été créée le 15 octobre 2010 en l'église Notre-Dame de la Chapelle. Pour rappeler l'époque de la construction de l'église, Jean-Pierre Deleuze a mis en présence des extraits d'un office en plain-chant traité en polyphonie simple, un Magnificat faisant la synthèse du matériau grégorien, des sonorités de l'orgue renaissance, des cornets à bouquin et des cloches de la paroisse retravaillées en studio et pour finir, l'antienne Nigra sum servant de support aux voix de dix récitants s'exprimant dans diverses langues pour rappeler ainsi le multiculturalisme de cette paroisse du centre de Bruxelles. Les sons de ces voix parlées s'intègrent alors progressivement aux voix de de l'Ensemble Psallentes, aux instruments et aux sonorités spectrales issues des cloches. On connaît l'attrait éprouvé par Jean-Pierre Deleuze pour les couleurs harmoniques. Il ne redoute pas de faire appel dans sa musique aux micro-intervalles puisant dans la musique spectrale et les musiques orientales les ressources aptes à nourrir son univers sonore. Avec l'orgue de l'église de la Chapelle, un nouvel espace de recherche s'ouvrait à lui. Accordé de manière mésotonique (favorisant les tierces naturellement justes), cet instrument offre de plus des timbres typiques de la facture de la Renaissance. Cet enregistrement permet d'entendre une oeuvre singulière et dotée d'une charge symbolique captivante. Du bien bel ouvrage. AG
ORCHID RECORDS, 2012. Enregistrement 1999.
FRA MUSICA, 2011.
Réalisateur: François Roussillon.
Durée 111 minutes.
Langues et sous-titres: anglais, français, allemand, italien, espagnol.
Cet enregistrement est la troisième reprise de ce Tour d'écrou "made in" Glyndebourne ? Ce qui change? La distribution (excepté Flora) et le chef d'orchestre: Jakub Hrusa favorise la lecture de cet opéra comme un huis clos aux accents angoissants au sein de la campagne anglaise. Ce suspense inquiétant subdivisé en 16 scènes reliées entre elles par des interludes, est relayé par la vision scénique épurée de Jonathan Kent qui alterne réel (plateau tournant, mur de verre, éclairages....) et imaginaire (projections diverses de scènes de paysages,...). Le thème, cher à Britten, est celui de la corruption de l'innocence mais distillé de façon adéquate, on en vient à penser que les enfants, figures pures et victimes pourraient être des doubles de leur prétendu bourreau.... MdW.
DIAPASON D'OR JANVIER 2013 + CHOC CLASSICA FEVRIER 2013
DGG.