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sur
les écrivains belges de langue française
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Le
fantastique : Littérature et fantastique
TU0772 -
Non libre de droits actuellement
Production: R.T.B.F. - Hors-Texte - 1962 -
Réalisation: Jean Antoine
- Texte de
Henri Vernes - Durée: 39' - Noir et blanc
Cette émission a une intention pédagogique:
expliquer l'origine et le développement du genre fantastique en littérature, d'abord
comme sentiment humain exprimé dans de nombreuses représentations symboliques et
mythologiques jusqu'au Moyen Âge, comme genre littéraire ensuite, à partir du XVIIe
siècle jusqu'à nos jours.
Ce parcours historique est entrecoupé
d'interventions d'écrivains qui se sont illustrés dans le domaine du fantastique: Thomas Owen, Jean Ray et Michel de Ghelderode. Des interviews de circonstance
également, de Jacques Bergier, de
Louis Pauwels et de
Monique Alika Watteau (auteur de romans fantastiques à succès dans les années 60). Jean Ray et
Jacques Bergier racontent chacun une de leurs histoires.
Commentaire
Ce document assez ancien apparaîtra sans doute
démodé pour des yeux habitués aux effets visuels actuels. L'illustration musicale ne
démentira pas l'impression ressentie par notre spectateur imaginaire, de baigner dans une
atmosphère un peu surannée. Mais l'intérêt est ailleurs, dans les documents que
l'émission contient sur Thomas Owen, Jean Ray (qui se transforme en conteur) et surtout
Michel de Ghelderode. Le sujet de l'émission est illustré par des peintures, des
dessins, des gravures, des statues, des traités et des couvertures de livres célèbres.
Du point du vue des concepts introduits, ce parcours historique n'est pas exempt de
confusions, entre le fantastique au sens strict, le merveilleux et la science-fiction.
La première séquence est consacrée aux
origines anthropologiques du fantastique: le sentiment de terreur éprouvé par les
premiers hommes face à une nature menaçante et hostile qui les pousse à représenter
les forces du mal sous la forme de masques et de statues.
Thomas Owen
explique comment certains petits événements de la vie quotidienne sont
devenus, dans son imagination d'enfant, des faits fantastiques (Les chemins étranges,
Pitié pour les ombres, Le livre interdit sont cités dans la séquence).
Au Moyen Âge, apparaît le personnage du sorcier,
qui passe des contrats avec Satan, et sur lequel on écrit des traités. Les bûchers
s'allument, la terreur règne. Le fantastique n'a pas encore pris place dans la
littérature car il est d'une trop terrible quotidienneté, mais il est déjà
représenté dans la peinture d'un Jérôme Bosch par exemple.
Sous Louis XIV, Satan perd sa puissance.
Charles Perrault (1628-1703), Madame le Prince de Beaumont et la comtesse d'Aulnois
(1650-1705) écrivent des contes dans lesquels figurent des princes charmants et d'autres
qui le sont moins. Alice au pays des Merveilles descendra plus tard de ces contes
de fées. C'est aussi l'époque où l'on découvre les Contes des Mille et une nuits.
Les contes sont peuplés de dragons que combattent des chevaliers sans peurs et sans
reproches. Désormais, le fantastique est entré dans la littérature.
Le romantisme avec son goût pour les ennemis
sinistres et les châteaux maudits en fera un usage frénétique. A la fin du XVIIIe
siècle, Walpole, Radcliffe, Lewis écrivent des romans d'inspiration noire. Museus exhume
les contes populaires allemands. Grimm avec ses légendes et Hugo avec ses contes
sanglants s'en souviennent, comme un peu plus tôt Hoffmann. Balzac, avec Les contes
drolatiques, met en scène un succube, véritable démon araignée qui guette les
hommes et les vide de leur substance. Viendront ensuite Mary Shelley avec Frankenstein
ou le Prométhée moderne, Sheridan le Fanu avec Carmilla etBram Stoker avec
Dracula.
Thomas Owen
parle de ce qu'il appelle le mélange de la vie du rêve et de la vie réelle.
Il développe ensuite le thème du vampire qu'il définit comme thème poétique en raison
de la présence constante des vampires dans notre monde quotidien.
Jean Ray, se transformant en conteur, narre l'histoire du dernier loup-garou de Gand
dans une mise en scène qui est sensée rendre une atmosphère particulière à la
narration, mais qui ne parvient qu'à souligner la naïveté touchante de l'écrivain.
Le fantastique aux États-Unis doit beaucoup à
Lovecraft qui a donné au fantastique une dimension cosmique. Les nombreuses revues ont
véritablement popularisé le genre fantastique.
Jacques Bergier
raconte l'histoire d'un de ses livres (à un rythme défiant toute
compréhension immédiate). Louis Pauwels
Louis Pauwels
Louis Pauwels
explique ensuite, à travers de nombreux exemples, ce qu'il
appelle le réalisme fantastique (un fantastique qui s'inspire surtout des recherches
scientifiques). (Vues du livre de Pauwels et Bergier, Le matin des magiciens)
La science-fiction est-elle une des formes
récentes du fantastique? On peut, en tout cas, dire qu'elle reprend, en les adaptant,
certains des thèmes fantastiques comme celui du vampire ou du loup-garou.
Michel de Ghelderode, filmé chez lui dans sa chambre à Bruxelles, parle longuement de la vie
sensible des objets qui l'entourent et qui le troublent (chevaux de bois, marionnettes,
statuettes, masques, reliques et talismans). Ce sont les compagnons d'un homme solitaire
mais bavard, remèdes au vide et au néant, avec lesquels se nouent d'étranges dialogues
imaginaires.
Liens avec d'autres documents
Michel
de Ghelderode: Connaissez-vous Michel de Ghelderode? - TA2131
Thomas Owen:
Thomas
Owen ou l'homme pluriel - R.T.B.F. - 1982 - TU0914
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