|

sur
les écrivains belges de langue française
_____________________________________________________________________________
François Emmanuel
(1952)
TA
2341
Durée: 09'45. Diffusion: 26/09/1998.
Réalisation: Anne François, Pierre Barre, Michel Van Loo.
Extraites de Courants
d'art, des séquences courtes - entre 10 et 15 minutes - proposent une
introduction rapide aux principaux thèmes et aspects de l'esthétique d'un
écrivain, à l'occasion de la parution d'un livre.
L'émission est filmée dans la ferme
qu'habite l'écrivain. On le voit devant son ordinateur, murmurant le texte
qu'il vient d'écrire. Il lit un extrait de son livre La nuit d'obsidienne puis résume son parcours professionnel.
Durant ses études de médecine, il s'est mis à faire du théâtre: c'était
l'occasion d'exprimer quelque chose. En 1981, alors
qu'il était assistant en psychiatrie, il part en Pologne, suivre
l'enseignement du dramaturge Grotowski. Il y fait des exercices de danse et de
voix libre, de vocalise. On est alors en
rapport avec l'innommable du corps, avec quelque chose qui est plus grand que
soi, le chant, la danse. Ce rapport avec du plus grand a suscité chez moi des
associations et m'a conduit à tenter d'écrire le roman princeps, La
Nuit d'obsidienne. Il en lit un
extrait sur des images de promenade dans la campagne.
François Emmanuel indique ensuite ce que
représente pour lui l'écriture romanesque: un
laisser-aller, une déportation vers là où on ne sait pas, vers quelque chose
qu'on ne peut pas comprendre. C'est ce qui explique dans son oeuvre la
place de la mort, celle des femmes et du secret qu'elles s'échangent entre
elles, la présence du regard, du rêve, du voyage. Ses livres, dit-il, se répartissent
en deux styles d'écriture, les livres d'été qui fonctionnent
sur quelque chose de plus léger, de jubilatoire, de swingué comme Grain
de peau ou Le tueur mélancolique.
Les autres livres, plus graves, sont des textes d'hiver.
On le voit sculpter des statuettes en
terre glaise en évoquant le côté assez
magique de l'écriture. Je me
documente beaucoup, cela nourrit le propos. Je me mets ainsi en situation, et
c'est la nuit qui fait le reste. Toute notre vie inconsciente se dirige peu à
peu vers le propos vers lequel on tend.
À une question portant sur la
sublimation, il estime que cette notion amenée par Freud pour parler de l'art
est un terme réducteur. La psychanalyse
doit s'arrêter à l'endroit où commence ce que Platon appelait les folies
divines, c'est-à-dire l'amour, l'art, l'âme antique - c'est
l'art divinatoire -, et la mystique. La psychanalyse n'a rien à dire sur
ces quatre folies divines.
L'émission se clôt sur la lecture, par
François Emmanuel, d'un extrait de La
partie d'échecs indiens parlant de l'errance, de l'importance de la
marche, de la perte (perdre est la seule
voie de transformation). Nous sommes
restés sur cette image.
_____________________________________________________________________________
(c)
La
Médiathèque, 2002 - 2006
|