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sur
les écrivains belges de langue française
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André
Blavier (1922 -
2001)
TA
2343
Durée:
15'. Diffusion: 20/09/1997. Réalisation: Michel Van Loo, Jean-Marc Panis.
Journaliste: Philippe Dewolf, Pierre Depré, Philippe Cornet.
Extraites
de Courants d'art, des séquences
courtes - entre 10 et 15 minutes - proposent une introduction rapide
aux principaux thèmes et aspects de l'esthétique d'un écrivain, à
l'occasion de la parution d'un livre.
Portrait
d'un André Blavier, personnage haut en couleurs, volontairement en marge de
toutes institutions culturelles, éprouvant visiblement du plaisir à malmener
ses interlocuteurs.
La
séquence initiale donne le ton. On voit Blavier se promener dans un parc alors
que défilent sur l'écran deux vers d'un poème:
Mon
réel c'est les mots, et l'unique royaume
le
domaine enchanté de mes amours fantômes.
Interrogé
chez lui, dans son bureau capharnaüm, il dit ne s'être intéressé qu'à
ce qui sortait de la norme, ne considérer que les
anfractuosités et les excroissances du savoir. Mais pourquoi a-t-il choisi
d'être bibliothécaire ? Parce
qu'il faut bien s'emmerder, perdre sa vie à la gagner. De toutes façons on
perd sa vie à la vivre, c'est une duperie. Comment tromper l'ennui ? Je
m'ennuie en pataphysicien, l'ennui est la condition normale de l'homme.
Blavier
contemple, amusé, une interview d'archives où Raymond Queneau dit son déplaisir
à être interviewé. Il explique son intérêt pour l'écrivain français.
Un
montage fait alterner un document ancien et des images contemporaines, au même
endroit à Verviers, où l'on voit André Blavier, à près de trente ans
d'intervalle, lire la traduction qu'il a faite en wallon d'Ubu
d'Alfred Jarry. Pourquoi cette traduction ? Pour
rendre Ubu accessible aux plus reculées peuplades. Et pour le très vif plaisir
du langage aussi. Divers objets ubuesques et un tableau le représentant
sont montrés. À la question du journaliste qui lui demande ce qu'il pense du
titre de l'exposition qui lui est consacrée " Le don d'ubuquité ",
Blavier répond: Je veux bien me cuiter.
Il commente: L'expo m'emmerde, je
n'aime pas qu'on me prenne pour un homme de lettres. Je ne m'en prends pas
pour un. Je m'étonne de l'importance qu'on m'accorde dans certains
milieux, j'ai seulement publié deux ou trois crevés bouquins. N'est-ce
pas une exposition d'hommage ? C'est
une exposition dommage, oui, elle me donne des ennuis.
Blavier
raconte une anecdote significative du peu de considération que la Ville de
Verviers porte à son travail, parle aussi de la revue et de la maison d'édition
" Temps mêlés ". À la question, " Quel était votre premier
souci en tant qu'éditeur de revue et de collection ? ", il répond:
Payer l'imprimeur. À nouveau, une
alternance d'images anciennes et contemporaines le montre rentrant à la
bibliothèque communale où il a travaillé. Dans une partie désaffectée de
celle-ci, il répète son message pataphysicien: On
croit échapper à l'ennui, par des filles aux jupes légères, par des jeux
de mots, des calembours ou par des mots-croisés, mais l'ennui est
fondamental, constitutif de la vie humaine.
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La
Médiathèque, 2002 - 2006
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