sur les écrivains belges de langue française

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Jean-Baptiste Baronian (1942)

Oeuvres en chantier.

Baronian. D'après Bruxelles.

TA 7055

Production : R.T.B.F. - Oeuvres en chantier - 03/10/1999 - Réalisation : Pierre Barre, Anne François, Michel Van Bellinghen, Marc Dacosse, Léopold De Guchteneere. Journaliste : Marianne Sluszny, Guy Lejeune - Durée : 29' - Couleur.

Constituée d'interviews, de séquences filmées dans un contexte choisi par l'auteur (souvent des éléments de son décor quotidien ou ses références majeures), de lecture d'extraits, Oeuvres en chantier fait le bilan de la démarche de l'écrivain, en définit les enjeux, et l'interroge sur ses projets et les axes de son oeuvre à venir.

Bruxelles est pour Jean-Baptiste Baronian une ville à l'atmosphère tout à fait particulière, fantastique, mystérieuse, qu'on ne peut décrypter au premier regard. Il a donc confié les notes prises durant des années à Jean-Pol Stercq pour en réaliser une transposition photographique. Le résultat en est le livre D'après Bruxelles.

L'émission est filmée dans différents lieux, exemplaires de la ville. L'écrivain présente d'abord D'après Bruxelles sur fond de ruines. Ensuite, voyageant en tram ou se promenant au vieux marché, il parle de l'importance de la déambulation pour lui-même comme pour ses personnages (il joue à " l'éponge ") ; au Vieux Marché il réfléchit à ce que signifie le fait d'être collectionneur, et à la fascination qu'il éprouve pour les objets laids (qui a pu posséder cette laideur ?).

De très belles images du canal sont le support d'une réflexion sur cette zone étrange ; la voie d'eau coupe la ville en deux, isolant deux Bruxelles, une cité luxueuse et une cité pauvre : passer de l'un à l'autre pôle du contraste représente un des charmes de la ville. La Place Rouppe apparaît également comme un de ces lieux où les extrêmes se rejoignent.

Dans la perception de Baronian, les odeurs sont déterminantes : elles sont un des points de concrétisation. Le train-train quotidien des petites gens, qu'il veut montrer est, pour l'écrivain, rendu particulièrement sensible par les odeurs. Et pour échapper à la médiocrité de leur existence, ces petites gens, les vrais damnés de la terre, sont obligés de franchir les barrières du crime, comme pour justifier leur existence. Ce passage de frontière ouvre peut-être à une réalité qui nous dépasse tous.

On voit ensuite l'écrivain collectionneur fouiner chez les bouquinistes de la Galerie Bortier et commenter " en direct " ses découvertes. On fait le tour de la culture en fouillant les caisses ; en bouquinant, on apprend plus qu'en consultant les dictionnaires.

Dans un café, il évoque son origine arménienne qui lui permet de porter un regard plus aigu sur la réalité belge. Quand on vient d'un peuple qui a tant souffert, cela donne une certaine ironie pour voir les problèmes belges.

Les fenêtres et le jeu de miroir des vitrines retiennent encore l'écrivain (je y est le même et je y est un autre).

L'émission se termine par un panorama de la cité sur la lecture d'un texte, " Spectacle ".

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