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Pierre Alechinsky

 1927

Alechinsky et Dotremont

TU0027 - Non libre de droits actuellement

Production: RTBF - Signes des temps - 06.06.72 - Réalisation: Claude Lebrun - Durée 32' - Couleur

Deux artistes belges sont représentés à la biennale de Venise en 1972: Pierre Alechinsky et Christian Dotremont. L'émission présente un film réalisé par Luc de Heusch: Dotremont-les-logogrammes consacré à Christian Dotremont. L'écrivain, réalisateur et lui-même membre de Cobra, Luc de Heusch, présent dans l'émission, définit le mouvement Cobra et commente son film.

Commentaire

Cobra

    Après la guerre, de jeunes peintres et écrivains se réunissent pour élaborer une nouvelle forme d'art libre en opposition avec la culture dirigée du stalinisme. En 1949, le groupe prend le nom de "Cobra", nom formé avec les premières lettres de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam. A ses débuts, le Danois Asger Jorn en est la figure principale mais c'est Christian Dotremont qui formule l'essence même du mouvement. De 1949 à 1951, ils éditent la revue "Cobra".

    Cobra est un mouvement hérité du surréalisme mais abandonne la création imagée pour la création psychique et physique. Il conforme la rupture avec le géométrisme de l'art abstrait et se libère par un lyrisme à l'état pur, sauvage. Il se définit avant tout comme Art en liberté.

Christian Dotremont

Luc de Heusch présente ainsi le "phénomène Dotremont": jonction de deux imaginations, verbale et graphique. Signification et sinification de Dotremont en 1950 est une réflexion sur le lien mystérieux du signe écrit et de la pensée. Logogrammes qui est le prétexte du film, est la fusion et l'interaction intimes de l'imagination verbale et de l'invention graphique dans un même geste, dans un même mouvement de la main. Le mot entraîne un dessin et réciproquement.

Dotremont-les-logogrammes

Ce film de quatorze minutes débute par la lecture d'un logogramme dont le texte défile sur l'écran:

"Christian Dotremont invente le logogramme en 1962. Il entreprend là de faire jouer aussi réciproquement et aussi infiniment que possible l'imagination verbale et l'imagination graphique de l'écriture.

Et il nous donne à voir des sortes de dessins, ses manuscrits de premier jet, puis nous les donne à lire, car après coup il en récrit le texte en petites lettres lisibles. A moins qu'insatisfait, il ne jette le logogramme dont il ne reprend jamais rien.

Dotremont va en Laponie pour vivre, trouver l'inspiration, fuir les moteurs, la maladie, les vacances au soleil, les soirées au néon et Gloria quelquefois si absente."

(Les dessins auxquels le texte fait allusion sont des idéogrammes chinois.)

Ce film est avant un essai à caractère poétique nous présentant l'artiste au travail dans son atelier ou devant son bureau. Ce film de 1972 nous montre donc un Dotremont assez éloigné de ses débuts avec Cobra. La caméra parcourt les logogrammes de différentes manières en fonction de l'aspect que le réalisateur veut mettre en évidence: dessin ou texte. Ainsi par exemple ce mouvement qui imite celui du chariot d'une machine à écrire. Des textes de Dotremont sont lus en voix off sur des images de l'écrivain lors de son voyage en Laponie.

Après la projection du film, Luc de Heusch commente son film, parle de Gloria, une femme danoise que Dotremont a aimée, de la maladie et de l'humour particulier de l'écrivain, humour proche des Marx Brothers. Dotremont est-il le plus grand poète belge de son époque depuis Michaux? son imagination verbale, son attention pour les jeux de langage en font un des très grands poètes de notre époque.

Pierre Alechinsky

Luc de Heusch commente le film qu'il a réalisé sur Alechinsky: Ce film est consacré à la création artistique au plan des formes, non littéraire d'Alechinsky. Il évoque l'enracinement populaire de l'artiste, son intérêt pour la Wallonie et particulièrement pour le folklore binchois. Il montre comment à partir de la technique japonaise dont il s'inspire, Alechinsky fait tout à fait autre chose. Le signe qu'il trace, extrêmement rapide, ne renvoie pas à un code verbal abstrait mais est en prise directe avec la réalité sensible. Le film tente en fait de surprendre l'artiste dans son combat furieux avec ses monstres intérieurs.

Les autres thèmes abordés dans l'interview: Les différences entre la technique des logogrammes et la peinture gestuelle (action painting). Le rapport à la bande dessinée: à partir de 1965 Alechinsky utilise la peinture acrylique et entoure la partie centrale du tableau de dessins encadrés qu'il appelle des remarques marginales dont la fonction est de compléter le sens du tableau.

Liens avec d'autres documents

Alechinsky Pierre - R.T.B.F. - Styles - Réalisation: Jean Antoine - 1987 - TC0151

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