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sur
les écrivains belges de langue française
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Fernand
Crommelynck (1886-1970)
Fernand
Crommelynck
TA2391
Production:
Archives et Musée de la Littérature - 15.10.86 - Réalisation:
Jean-Paul Lavaud
- Durée: 17' - Couleur
Né
à Paris en 1886, Fernand Crommelynck se passionne très jeune pour le
théâtre. Acteur et metteur en scène, proche de Maeterlinck dans ses
premiers essais dramatiques, il se révèle et connaît la gloire avec
Le cocu magnifique. Créée à Paris en 1920 par Lugné-Poe, cette
"farce lyrique" s'affirme comme l'un des textes majeurs de
la littérature théâtrale de l'entre-deux-guerres. Elle inspire
nombre de metteurs en scène, parmi lesquels Meyerhold qui conçut
pour la monter en Russie son premier grand dispositif constructiviste
(1922).
Marqué
par l'expressionnisme allemand, Crommelynck donne au théâtre un
langage nouveau: dru et sensuel, passant brutalement de l'outrance au
lyrisme. Prisonniers d'une idée fixe, ses personnages créent sur la
scène une situation de crise où s'accusent les traits à la fois
tragiques et grotesques de leur masque.
Hormis
des adaptations de Shakespeare, Crommelynck se tait subitement, si
l'on excepte les commandes qui lui sont faites et les légendes qu'il
fait courir sur des pièces en cours d'élaboration. Un pseudo-roman
policier, Monsieur Larose est-il l'assassin?, marque toutefois son
retour à l'écriture (1950). Il meurt en 1970 à
Saint-Germain-en-Laye.
Commentaire
Cette
émission est relativement courte. Il s'agit d'une présentation
synthétique et chronologique du théâtre de Crommelynck et de ses
principales pièces. Elle est complétée par quelques détails
historiques sur leur genèse ou les représentations. Le commentaire
off est illustré principalement par des images fixes: photos de
l'auteur ou de représentations de ses pièces et par un extrait son
de la pièce Les amants puérils. Une place plus importante est
accordée au Cocu magnifique et notamment à la fameuse mise en scène
constructiviste de Meyerhold en 1922.
L'émission
débute par cette introduction:
"Les
grands dramaturges de la fin du XIXème et du début du XXème siècle
évacuent l'illusion du réalisme au théâtre. Leur oeuvre est une
vision tant de moraliste que de poète. Une parenté s'établit
ainsi entre un Auguste Strindberg, un Frank Dedekind et Fernand
Crommelynck. Le théâtre n'est pas pour eux une tranche de vie présentée
sur scène mais le lieu ou créer des personnages plus grands que
nature et leur faire vivre plaisirs et tourments hors du commun.
Leur thématique est commune: l'importance de la sexualité, la
jalousie, la description la plus violente des passions les plus
exacerbées, la déchéance pitoyable d'êtres en crise. Ils
inaugurent une théâtralité nouvelle en prise sur son époque et
sur l'intensification de ses contradictions. En même temps, ils
adoptent des innovations techniques qui vont bouleverser l'espace théâtral
comme l'éclairage électrique."
Après
une brève évocation de l'enfance et de la jeunesse de Crommelynck,
l'émission passe en revue les pièces écrites par l'écrivain entre
1905 et 1935.
1905:
Nous n'irons plus au bois. Crommelynck écrit cette première pièce
à 19 ans.
1911:
Le sculpteur de masques, Crommelynck réagit contre le théâtre français
de son époque qui ne vivait que de prédications morales, de drames
historiques et de lyrisme de boudoir. Avec cette pièce, l'auteur
retrouve l'importance du silence au théâtre.
1911:
Les amants puérils. Avec cette première grande pièce, Crommelynck
trouve son véritable génie. La pièce présente une adéquation
parfaite entre la thématique et la construction dramatique. Pièce de
l'incommunicabilité totale où règne la mort toute-puissante.
1920:
Le cocu magnifique est la pièce qui aura incontestablement le plus
compté dans l'oeuvre de Crommelynck. Créée en 1920, elle le rend célèbre
du jour au lendemain. Dans une construction géométrique rigoureuse,
chaque protagoniste n'est qu'une projection des hantises et des désirs
de Bruno, le cocu magnifique, un fragment éclaté du prisme de cette
figure centrale.
La
conception du Cocu magnifique s'inscrit dans le climat d'ébullition
et de recherche tous azimuts des années 20. La mise en scène de
Meyerhold à Moscou en 1922 restera célèbre dans l'histoire du théâtre
mondial: la pièce fut jouée dans un décor constructiviste, un
ensemble de plates-formes, d'escaliers et de passerelles, les comédiens
sont présentés en bleu de travail. Formés à la méthode bio-mécanique,
les corps des comédiens sont considérés comme des machines-outils
qui doivent produire des mouvements d'une efficacité et d'un
rendement maximum. Les acteurs firent du Cocu magnifique une vitrine
du constructivisme et de la bio-mécanique. Cette mise en scène sera
considérée par le pouvoir communiste comme une "oeuvre décadente
et bourgeoise". Le radicalisme esthétique de l'époque auquel
Crommelynck participe s'inscrit dans un climat de tensions sociales et
politiques de plus en plus fortes - c'est le moment de l'ascension des
totalitarismes et des crises économiques. De ce climat politique,
l'oeuvre de Crommelynck reflétera de plus en plus les dimensions
exacerbées.
1925:
Tripes d'or Cette pièce sur le thème de l'avare est peu jouée.
1929:
Carine ou la jeune fille folle de son âme.
1934:
Une femme qui a le coeur trop petit.
1934:
Chaud et froid ou l'idée de monsieur Dom, pièce à visée politique
contre le nazisme. Elle exprime comment une philosophie politique peut
se développer à partir du néant et s'étendre d'une façon aussi
dangereuse qu'irréversible.
L'émission
se termine par l'évocation de la dernière partie de sa vie de 1935
jusqu'à sa mort en 1970. Crommelynck ne publie plus et ne fait plus
jouer de pièces.
Liens
avec d'autres documents
Cent
ans d'écriture théâtrale - Archives et Musée de la Littérature -
1986 - TA1451
Captations
vidéo
-
disponibles
aux Archives et Musée de la Littérature:Les amants puérils.
Mise en scène de Patrice Caurier et Moshe Leiser. Théâtre
National de la Communauté française de Belgique, 1995.
-
Chaud
ou froid ou l'idée de Monsieur Dom . Mise en scène de Yves
Larec. Théâtre Royal du Parc, 1992.
Le
cocu magnifique
Réalisation
d'Emile-Georges De Meyst -
avec Jean-Louis Barrault, Maria
Mauban, Marcel Josz, Werner Degan
VC6200
90' VO FR - 1946
Bruno,
écrivain public, met son imagination au service des amants. Follement
épris de Stella, il l'épouse et chante sans malice les attraits de
sa femme. Mais la rumeur publique s'empare de ses paroles et Bruno
surprend ses propres mots qui passent de bouche en bouche. Son trésor
ne lui appartient plus, la jalousie le dévore et le rend fou. Il
projette de tuer Stella. Mais il finit par se rendre compte que Stella
ne l'a jamais trahi et qu'il est victime d'un complot monté par des
commères animées de haine.
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La
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