sur les écrivains belges de langue française

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Max Elskamp (1864-1931)

Max Elskamp: le poète d'Anvers et d'Ecaussinnes

TA3491

Production: R.T.B.F - En Toutes Lettres - 1995 - Réalisation: Jean-Marie Deconinck - Durée: 55' - Couleur.

Ce document évoque de façon chronologique la vie et l'oeuvre du poète symboliste anversois Max Elskamp. La ville d'Anvers, et particulièrement la rue Saint-Paul, son calvaire et son église ainsi que la campagne hennuyère servent de cadre à cette évocation à laquelle Julos Beaucarne a apporté sa participation.

L'écrivain est présenté comme un écrivain flamand de langue française. Son goût pour le folklore, les instruments d'astronomie et la gravure sont évoqués. L'émission aborde ensuite le mysticisme d'Elskamp et son intérêt pour l'ésotérisme, et enfin sa démence à partir de 1924. Un thème est traité plus en détail: les transgressions productrices de sens que le poète se permettait vis-à-vis de la langue.

L'oeuvre du poète, son importance et sa signification littéraire sont traitées par un universitaire (Christian Berg), par un professeur de lettres (Jeannine Paque) et par un poète (Guy Goffette).

(Ce document a été soutenu par le plan d'action européen 16:9)

Commentaire

    De facture classique, sans procédés fictionnels, sans reconstitutions ni d'effets spéciaux, cette émission est avant tout un documentaire poétique et chanté.

    Un commentaire off apporte les principaux éléments biographiques et littéraires d'une façon presque didactique. Certains d'entre eux sont développés ensuite par les participants. Les commentaires sont abondamment illustrés par des tableaux représentatifs des mouvements picturaux de l'époque.

    Outre ces éléments documentaires, le réalisateur a essayé de mettre en valeur les textes lus de Max Elskamp (La chanson de la rue Saint-Paul et Dominical notamment) et les chansons interprétées par Julos Beaucarne, en créant un climat poétique souvent empreint de sérénité, mais parfois plus inquiétant (vues d'Anvers, de ses rues et de ses éléments architecturaux, vues d'Ecaussinnes, paysages, cartes postales anciennes, sur une musique de Robert Schumann).

    Une longue séquence du document est consacrée au goût de Max Elskamp pour le folklore anversois et pour la collection de certains objets (sa collection d'astrolabes, d'horloges, de sextants et de cadrans solaires est aujourd'hui au Musée de la Vie wallonne de Liège).

    Les douze chansons créées par Julos Beaucarne à partir des textes de Max Elskamp sont toutes disponibles à la Médiathèque.

L'étiquette d'écrivain flamand de langue française

Comme Verhaeren, Rodenbach et Maeterlinck, Elskamp a été défini comme un écrivain flamand de langue française. Pour Christian Berg de l'université d'Anvers, ce côté flamand se limite aux thèmes et aux décors flamands qui ont inspiré l'auteur. Comme ces autres écrivains, Elskamp fait partie de la vie littéraire qui était centrée autour de Bruxelles et aimantée par Paris.

Le poète symboliste

Jeannine Paque analyse le poème Dominical (1892), poème symboliste exemplaire, pour en montrer la complexité sous une apparente simplicité. Il peut se résumer en deux grands vecteurs: une journée, le dimanche et un lieu, la ville. On peut approcher le texte de six façons différentes:

  • c'est une journée réelle puisque le poème contient des éléments chronologiques;st

  • c'est tous les dimanches, comme s'il y avait un phénomène répétitif;

  • c'est un dimanche qui en rappelle un autre;

  • c'est un dimanche qui fait penser qu'il pourrait ne pas y en avoir, c'est une absence de dimanche;

  • c'est un dimanche très particulier qui est le dimanche d'une rencontre avec une jeune femme;

  • C'est un dimanche de la fin d'un cycle, peut-être la fin de la vie.

Transgression et invention chez Elskamp

Pour Jeannine Paque, c'est la recherche de la langue du passé chargée de sens qui caractérise et explique le style de l'auteur. Il veut retrouver ce qu'il appelle le vierge de l'inscience. Elskamp utilise et juxtapose des mots simples mais cette simplicité est le fruit d'un travail intellectuel (la byzantinisation du texte) car il emploie ces mots simples dans des contextes inhabituels. Elskamp a également recours à des archaïsmes ou à des néologismes (felice de félicité, le verbe arder cf. ardent). (Lecture d'un extrait de Dominical: Et s'ébrouant. Rouets rouant...)

Sur le plan de la syntaxe, Elskamp procède par bouleversements et raccourcis (syntaxe en raccourci est une expression de l'auteur). Plus rien n'est à sa place. Le nom y est plus important que le verbe. Les transgressions ne sont jamais gratuites mais productrices de sens. (Chanson de Julos Beaucarne: J'ai triste d'une ville en bois...)

Le mysticisme d'Elskamp et son intérêt pour l'ésotérisme

La philosophie et les religions, particulièrement le Bouddhisme, sont conçues avant tout comme objets de connaissance (Jeannine Paque). Dans la dernière partie de sa vie, l'auteur se retire dans un univers intérieur "à la Huysmans" (Christian Berg). Ses relations avec Marie Gevers et le parrainage du poète Paul Neuhuys sont évoquées.

La démence d'Elskamp (à partir de 1924)

Effigies est considéré par Christian Berg comme le recueil de la folie: le phrasé y est mais la machine tourne à vide.

Pour conclure, Jeannine Paque définit Elskamp comme le plus moderne des symbolistes belges, singulier par ses recherches sur la versification, la syntaxe et enfin par la thématique du naïf imagier de la Flandre heureuse.

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