sur les écrivains belges de langue française

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Franz Hellens  (1881-1972)

Deux émissions anciennes mais très différentes lui sont consacrées: la première, très construite, tente une synthèse de l'oeuvre; la seconde s'intéresse plutôt aux événements de la vie de l'écrivain. Dans la première, Franz Hellens nous apparaît comme un personnage un peu hautain et distant. Dans la seconde, nous sommes en face d'un vieillard, d'abord méfiant devant la caméra et le micro, mais ensuite souriant et détendu.

Franz Hellens ou documents secrets

TA4511

Production: Sofidoc, Ministère de l'Éducation Nationale - 1958 - Réalisation: L. Deroisy - Durée: 20' - N/B et couleur

Dernier écrivain de langue française que la ville de Gand ait porté, Franz Hellens s'est confié dans son journal intime et littéraire Documents secrets, Histoire sentimentale de mes livres et de quelques amitiés, 1905-1956.

Franz Hellens voyagera beaucoup dans tous les pays qui entourent la Méditerranée. C'est au cours de cette période qu'il fonda la revue littéraire Le Disque vert, dans laquelle Michaux publia ses vers. Par la suite, il deviendra bibliothécaire au Parlement de Bruxelles. C'est dans la troisième partie de son oeuvre qu'il écrit ses livres les plus importants: le meilleur de lui-même y est lié à des allégories graves ou bouffonnes, ou les deux à la fois, qui finissent par réformer les vieux mythes (celui de Don Quichotte, celui de Don Juan ou celui de Hamlet). De grands thèmes traversent son oeuvre: l'eau, le noir et blanc, l'illusion, la musique, le merveilleux.

Commentaire

    Comme beaucoup d'émissions plus anciennes (nous sommes en 1958), celle-ci débute par la présentation de ses objectifs: traiter l'oeuvre, ses thèmes, son esthétique, sa mythologie plutôt que la vie de l'écrivain.

    Le commentaire (off) est continu, littéraire dans son écriture et dans le ton, véritable essai de synthèse de l'oeuvre de l'écrivain. Les images ne semblent avoir qu'une seule fonction: illustrer, en arrière-plan, ce qui est dit. Les images muettes de l'écrivain (dans sa maison en Ile-de-France) en train d'écrire ou regardant par la fenêtre, créent une distance et une atmosphère de mystère qui est renforcée par la musique. Cette impression de distance de l'écrivain ou de son oeuvre par rapport au spectateur est idoine, appropriée à l'esthétique de Hellens que le commentaire décrit comme celle du distanciement qui était la règle des primitifs comme Dirk Bouts: l'artiste se sépare du monde et le convertit en spectacle.

    Gand, l'Escaut, la Lys, la Seine et l'Oise, sont présentés comme la source des thèmes de l'oeuvre de Franz Hellens: l'eau, le noir et le blanc, l'illusion, la musique, le merveilleux. Une exception cependant à cette thématique: les couleurs vives et le tumulte du monde extérieur à la suite des voyages de "l'homme du Nord" autour de la Méditerranée. Dans ce registre de l'illusion, l'écrivain rappelle que Modigliani a fait son portrait qui ne lui ressemble pas encore mais lui ressemblera un jour. Il parle de deux de ses livres, Mélusine (1920), roman pré-surréaliste et fantastique et Confession d'un voyou, oeuvre de la liberté perdue et retrouvée. (Lecture d'un extrait de ce livre sur des images du parc de Bruxelles)

    Hellens évoque ses oeuvres de la maturité, dans lesquelles il crée des allégories à partir de mythes comme celui de Don Quichotte dans Oeil-de-Dieu (1925), de Don Juan dans Moreldieu (1946) et de Hamlet dans Mémoires d'Elseneur (1954).

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