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sur
les écrivains belges de langue française
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Maurice
Maeterlinck (1862-1949)
Maurice
Maeterlinck
TT9004
Production:
R.T.B.F. Télévision scolaire - 1982 - Réalisation: Jean
Govaers - Scénario et présentation
de René Michelems -
Durée: 27' - Couleur
Poète,
dramaturge, entomologiste, philosophe, le Gantois Maurice Maeterlinck
fut le seul écrivain de Belgique à obtenir, en 1911, le prix Nobel
de littérature. Sa réputation fut universelle, ses pièces triomphèrent
à Londres comme à Moscou, les États-Unis l'accueillirent en chef d'État,
et le roi Albert lui conféra le titre de comte. Puis vint le
purgatoire des artistes, durant les années qui suivirent sa mort, à
quatre-vingt-sept ans, dans son château niçois d'Orlamonde. On cessa
de le rééditer, de jouer son théâtre, et les splendeurs de son
domaine funéraire disparurent symboliquement sous la pioche des
promoteurs immobiliers.
Aujourd'hui,
un retour à Maeterlinck s'amorce, révélant à beaucoup les charmes
vénéneux de ses vers et ses dialogues allusifs entrecoupés de
silences, qui préludent, à un demi-siècle de distance, aux
angoisses hallucinées des personnages de Beckett.
Le
but de cette émission est de contribuer à cette redécouverte d'un
des plus grands écrivains de notre patrimoine.
Commentaire
Ce
document d'orientation pédagogique retrace la vie et l'oeuvre de
Maurice Maeterlinck. Illustré par des images de Gand, des béguinages,
du château des Comtes, du château d'Orlamonde aujourd'hui disparu,
et par des photos d'archives, il est agrémenté par des lectures de
poèmes (Serres chaudes, 1889), de textes (Bulles bleues, 1948; La
vie des abeilles, 1901) ainsi qu'un long extrait du film Pelléas et
Mélisande et de la pièce L'oiseau bleu (1908). Jean
Rostand commente le livre de
Maeterlinck, La vie des abeilles.
La
période symboliste
Évoqués
par Maeterlinck lui-même à travers ses souvenirs (Bulles bleues,
1948), resurgissent les rues et les ponts de sa jeunesse, les béguinages
de Gand, le vieux château des Comtes - et les premiers efforts littéraires
dans cet îlot de glace hermétiquement fermé à toute poésie,
jusqu'à l'article fracassant d'Octave Mirbeau dans le Figaro du 24 août
1890 (à propos de La Princesse Maleine), saluant l'oeuvre la plus géniale
de ce temps, et la plus extraordinaire (...), supérieure en beauté
à ce qu'il y a de plus beau chez Shakespeare.
Plusieurs
passages du recueil Serres chaudes (1889) et une longue scène de Pelléas
et Mélisande (1892) viendront illustrer cette période symboliste -
avec ses inquiétudes sourdes, son pessimisme latent sur fond
d'angoisse, d'attente, d'irrémédiable. C'est le premier Maeterlinck,
avec son écriture fluide et incantatoire que Claude Debussy allait
mettre en musique; le jeune chantre du désenchantement, des états d'âme
alanguis, de belles princesses aux noms étranges sur qui s'acharnent
les forces inconnues du Destin.
La
quête philosophique
Puis,
c'est en 1895, la liaison avec Georgette Leblanc, l'exil à Paris,
puis vers l'abbaye de Saint-Wandrille, les premiers essais
philosophiques, la passion pour l'entomologie. Le symboliste cède la
place à l'observateur attentif des insectes et des fleurs, fasciné
par l'organisation mystérieuse du monde et de la nature, cherchant à
y découvrir un sens caché sous le désordre. Ici s'intercaleront,
commentées par Jean Rostand lui-même, les pages visionnaires de La
vie des abeilles (1901), où la vulgarisation scientifique s'enrichit
de poésie.
Désormais,
pour Maeterlinck, commence une nouvelle étape de la pensée: le désordre
n'est pas dans le monde, mais dans notre esprit - et le bonheur est en
nous, et nulle part ailleurs. Une recherche humble, attentive et tâtonnante,
nous conduira vers la sagesse, une fois éliminée la notion
paralysante de Fatalité: Le destin n'a d'autres armes que celles que
nous lui tendons (...) il n'arrive aux hommes que ce qu'ils veulent
qu'il leur arrive (...) on souffre peu de sa souffrance même, on
souffre de la manière dont on l'accepte. Et la grande parabole scénique
de L'oiseau bleu (1908) deviendra la grande féerie de l'espoir, de la
quête du bonheur à travers l'absurdité apparente des choses, de la
transfiguration salutaire de la banalité.
Orlamonde
Étape
ultime de cette longue marche vers la sagesse, voici le fabuleux
domaine d'Orlamonde, là où le vieil ermite terminera sa vie aux côtés
de la comtesse Maeterlinck. Il ne publiera plus désormais que des
essais sur les fascinants mystères de la destinée et de la mort, en
octogénaire serein et mélancolique qui s'efforce de lancer jusqu'au
bout, vers l'inconnu, les coups de sonde d'un visionnaire et d'un poète.
J'ai
appris à connaître la mort, à la regarder en face, à l'interroger
comme une visiteuse. Cloîtré dans son château à flanc de mer comme
les recluses des béguinages gantois, Maeterlinck accueillera
l'intruse le 5 mai 1949, après avoir passé quatre-vingt-sept ans à
en parler et à l'attendre.
J'ai
toujours agi, j'ai toujours pensé comme si j'eusse dû m'en aller
demain. Je n'ai pas d'injustice à réparer (...) J'ai vainement
cherché à franchir ce qui me bornait. Je savais que par-delà se
trouvait tout ce que j'ignorais, mais je ne le voyais pas (...) Somme
toute, j'ai fait peu de mal, à moins que l'on appelle mal la
recherche de la vérité, et j'ai fait encore moins de bien, à moins
qu'on appelle bien cette même recherche.
Nous
remercions René Michelems qui nous a permis de consulter le dossier
de la Télévision scolaire, aujourd'hui indisponible, et dont nous
reproduisons ici une partie du texte.
La
mort triomphait dans cette voix étrange
TA6211
Production:
R.T.B.F., En Toutes Lettres - 24.11.93 - Réalisation: Jean-Marie
Deconinck - Scénario et présentation:
Jean-Marie Mersch
- Durée: 55' - Couleur
Que
reste-t-il de l'oeuvre de Maurice Maeterlinck. A-t-il encore quelque
chose à dire au public aujourd'hui? Seul auteur à avoir obtenu le
prix Nobel de littérature, Maeterlinck était considéré de son
temps comme le plus grand des écrivains. Il a été admiré par
Mallarmé, Rilke, Artaud. Comment le célèbre-t-on en Belgique?
Commentaire
Document
assez complexe en raison des nombreux éléments d'analyse qui sont
abordés, en particulier le théâtre de Maeterlinck. Le propos est
illustré par des images de Gand et du domaine d'Orlamonde, par de
nombreuses récitations de textes de l'écrivain, par des citations
de Gaston Bachelard, d'Octave Mirbeau (Le Figaro, 1890), de Rainer
Maria Rilke.
Des
interviews de Marc Quaghebeur sur la pertinence du théâtre de
Maeterlinck qui préfigure Beckett ou Duras; de Henri Ronse, metteur
en scène (NTB), de Jeannine Paque, de Maryse Descamps, professeur;
de Jean Rostand (à propos des essais d'histoire naturelle de
Maeterlinck).
Le
réalisateur a intégré des éléments fictionnels: trois jeunes
filles, pieds nus, en robe de nuit, filmées au ralenti dans des
paysages naturels, récitent des textes de Maeterlinck ou interprètent
des extraits des pièces dans des décors de théâtre.
L'émission
est divisée en quatre parties: la poésie, la chanson, le théâtre
et les essais.
La
poésie
Le
premières oeuvres de Maeterlinck sont des poèmes. Jeannine Paque lit
et analyse des extraits de Feuillage du coeur, poème figurant dans le
recueil Serres chaudes (1889).
Marc
Quaghebeur commente la pertinence de Maeterlinck dans notre époque
marquée par l'effondrement des idéologies: l'âme moderne n'a plus
de rapport direct avec Dieu et le monde et ne peut se raccrocher qu'à
des images.
La
chanson
Comme
Elskamp ou Verhaeren, Maeterlinck a écrit des chansons dans
lesquelles il peut s'exprimer au moyen de la langue populaire. Le
caractère narratif de la chanson préfigure son théâtre.
Le
théâtre
Maeterlinck
donne au symbolisme le théâtre qui lui manquait. La princesse
Maleine obtient le succès à Paris en 1890 et Octave Mirbeau écrit
un article extrêmement élogieux dans le Figaro.
Pour
Marc Quaghebeur, ce théâtre de l'âme où sont représentées des
forces intérieures plus que des personnages réels, présente deux
caractéristiques: un travail de la langue qui sort de la langue
classique ou naturaliste et une déconnexion du langage par rapport au
réel. (Extrait de La princesse Maleine)
C'est
une déconnexion de l'univers chrétien - il n'y plus de Dieu rédempteur
- et un retour au tragique exprimé par le théâtre grec. Les textes
sont suffisamment ouverts, mystérieux pour être traités sur
plusieurs plans: l'image, le rythme de la parole, l'orchestration des
voix, le rapport entre le visible et l'invisible.
La
fin des Aveugles (1890) manifeste un rapport quasi-hypnotique aux
spectateurs: les aveugles se rapprochent peu à peu de l'avant-scène
pour dire "Qui est là?" (Extrait de la pièce Pelléas et Mélisande,
1892)
En
1895, Maeterlinck s'éprend de la chanteuse Georgette Leblanc.
Celle-ci fera connaître son oeuvre dans le monde entier mais aura
orienté son inspiration, selon Gaston Compère, vers des sujets moins
originaux. (Extrait de Aglavaine et Sélysette (1896) qui marque la
fin de son premier théâtre, et de L'oiseau bleu)
Le
théâtre de Maeterlinck a inspiré des musiciens comme Debussy et
Schoenberg. Ce théâtre allégorique n'est pas figé selon Marc
Quaghebeur et présente deux aspects diaphane et violent.
Les
essais
Dans
ses essais, Maeterlinck a traité à peu près tous les secteurs du
savoir: la morale, la cosmogonie, la biologie et la psychologie Le trésor
des humbles (1896), La vie des abeilles (1901). Jean Rostand indique
l'intérêt de ces oeuvres: Il n'y a pas de création, d'observations
nouvelles mais des essais de synthèse qui expriment la poésie qui
est dans le coeur des naturalistes.
Liens
avec d'autres documents
Le
symbolisme: Les trois amis de Gand -
En Toutes Lettres - 1995 - TA9021
L'Oiseau
bleu
Réalisation:
Georges Cukor
- 1976 - avec Ava Gardner, Elizabeth
Taylor, Jane Fonda, Cicely Tyson, Harry Andrews, Will Geer
V02480
V
FR, 99', Couleur
La
veille de Noël n'est pas une nuit comme les autres. Ce soir-là,
Tyltyl et sa soeur Mytyl s'endorment paisiblement. Mais à peine
ont-ils fermé les yeux qu'ils rencontrent une fée un peu carabosse,
vieille et infirme. Elle les supplie de trouver l'oiseau bleu, le seul
qui puisse sauver sa petite fille malade. Grâce à un chapeau
magique, les deux enfants vont au cours de cette nuit fantastique, découvrir
le pays des Souvenirs, le royaume de la Nuit, le jardin des Bonheurs
et bien d'autres lieux étranges à la recherche de l'oiseau bleu mystérieux,
guidés et protégés par la lumière.
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(c)
La
Médiathèque, 2002 - 2006
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