sur les écrivains belges de langue française

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Denis Marion (1906)

Le jeu des figures

TA4941

Production: Saga film en association avec ADL productions (Montpellier) - Réalisation: Gilles Brenta, Claude François - 1994 - Durée: 48' - Couleur

Joueur d'échecs, journaliste, critique littéraire, romancier, auteur dramatique, auteur d'essais, traducteur, critique cinématographique, Denis Marion a assisté de près et réagi avec lucidité à tout ce qui a compté, dès les années vingt, dans l'ordre de l'esprit humain et dans l'ordre des préoccupations morales et politiques.

Ce document passe en revue ces différentes facettes, accordant une place plus importante à sa collaboration au scénario du film Espoir d'André Malraux.

Commentaire

    L'émission débute par une séquence consacrée au jeu d'échecs. Passionné par ce jeu qui impose, dit-il une concentration supérieure à celle qui est nécessaire pour écrire, Marion le caractérise par l'élégance du détour, par la suite de coups subtile. Il fait référence à Notes sur les échecs de Paul Nougé et à un tableau de Magritte sur les échecs, La mise à mort du roi sur l'échiquier.

    Tom Gutt commente le recueil Billets durs qui réunit les textes polémiques parus dans le journal Combat.

Marion et Malraux

A la suite d'un article de Marion sur Les Conquérants qui a plu à André Malraux, celui-ci lui demande de l'assister pour le scénario de Espoir (Sierra de terruel) (1939-1945). Marion évoque les conditions du tournage et l'espèce unique que représentait la figure de Malraux. Marion a écrit un livre intitulé André Malraux. (Interview de Robert Arribaut)

Le film Espoir (Sierra de terruel) est disponible à la Médiathèque en version française - Noir et blanc (VE 6840) ou en version originale espagnole, sous titrée français - Noir et blanc (VE 6841).

Ses liens avec d'autres écrivains

Denis Marion évoque successivement le livre de Scutenaire Mes inscriptions; son amitié pour Irène Hamoir et ses livres (La cuve infernale et Boulevard Jacqmain); la pureté de Paul Nougé. Il reproche au surréalisme son manque de respect pour l'oeuvre d'art et ses oscillations politiques déplaisantes.

Marion s'attarde sur le poète Roger Goossens, dont il a assuré la publication. Ses poèmes expriment le sentiment de l'enfance perdue et de la mort toujours proche. Il parle ensuite de Chemins privés, revue manuscrite écrite avec Nougé, Scutenaire et Goossens. Il cite le seul roman qu'il ait écrit, Si peu que rien, affirmant l'orientation principale de son oeuvre, qui est critique.

Ses expériences théâtrales le rapprochent de L'opéra de quat'sous de Kurt Weill et Bertolt Brecht. Il a aussi écrit sur Edgar Poe et Daniel Defoe, dont il est le premier traducteur intégral de Moll Flanders. (Interview de Sylvain Goudemare)

Le cinéma

Marion rappelle que les frères Lumière n'avaient pas envisagé que le cinéma puisse être de fiction. Il commente le film d'Abel Gance, La Roue (1921) et de Robert Flaherty, le succès de Nanouk en 1922 et l'échec de Moana en 1926 dont le sujet était pourtant paradisiaque puisqu'il montrait la vie en Polynésie. Marion évoque les personnalités de René Clair, de Luis Bunuel, de Charles Spaak et d'Ingmar Bergman sur lequel il a écrit un livre. Il explique ensuite pourquoi Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas est un chef d'oeuvre par l'exposition initiale de l'intrigue.

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