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sur
les écrivains belges de langue française
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Eugène
Savitzkaya (1956)
Narcisse
aux chiens
TA6811
Production:
Latitudes Productions RTBF - CPB - Productions culturelles ARTE -
Belgique - Centre de l'Audiovisuel à Bruxelles (CBA) - 1997 - Réalisation:
Marie André
- Scénario: Marie André et Eugène Savitzkaya - Durée: 64' -
Couleur
Quand
une cinéaste rencontre un poète, elle et lui mettent en place une création
commune où les images et les mots ouvrent le champ d'une poétique
hybride, la cinéaste refusant de jouer le rôle d'une journaliste
interrogeant son sujet et le poète refusant de se prêter à une
quelconque glorification. Ensemble, la cinéaste et le poète
interrogent avec les images et les mots le lieu même de la vie qui
avance et de l'écriture qui naît. Ils interrogent le ciel et la
terre, le plancher, la table, la ville et les arbres.
Narcisse
aux chiens raconte quelques jours d'un poète qui ne peut parler que
de ce qu'il voit, entend, sent et touche. Dans la ville, le poète a
son gîte. Dans son gîte, le poète agit et écrit. Il écrit en
agissant et il agit en écrivant. Tout fait farine à son moulin. Dans
son gîte, il rencontre le pain, le feu, les arbres et les gouttières.
Dans la ville, il rencontre ses amis, les rues, les gens et le fleuve.
De
mère russe et de père polonais, Eugène Savitzkaya est né et vit à
Liège. Ses proses romanesques sont publiées depuis 1977. Marin mon cœur
a reçu le prix Point de Mire en 1993.
(Extrait
du texte de présentation de la première du film)
Commentaire
Comme
le texte de présentation l'indique, il s'agit bien d'une fiction,
dans laquelle Eugène Savitzkaya joue le rôle d'un poète et interprète
son propre personnage. Les décors sont réels: c'est la maison de l'écrivain,
son jardin, son quartier, Liège sa ville, mais, ne nous y trompons
pas, ce n'est pas Savitzkaya que nous découvrons, mais une représentation
imaginée, construite et écrite pour les besoins d'un film, d'une
histoire.
L'intention,
explicite, des coauteurs du scénario de faire oeuvre de fiction se
manifeste par des glissements de genre à l'intérieur d'une même scène:
la conversation se transforme en jeu, les amis de l'écrivain
s'improvisent comédiens et interprètent les dialogues qu'il a écrits.
L'illusion, si elle existe, est maintenue, quand Savitzkaya, seul
devant la caméra et assis devant son bureau, nous dévoile, avec
minutie, comment se fait le travail de l'écriture.
Le
sujet principal du film apparaît alors: la recherche d'une simplicité
toujours plus grande, d'une écriture qui s'attache aux petites choses
au point de tisser une mythologie de ce qui lui est le plus proche: la
maison, le jardin, les enfants et l'amitié des artistes.
Cette
relation immédiate au quotidien est illustrée par un texte lu au
cours de la première séquence du film:
Ne
pas exagérer avec les mots, ne pas s'exalter. Ne pas oublier que
les mots n'existent qu'en fonction des choses qu'ils désignent.
Ne pas oublier de vérifier si les gouttières ne sont pas encombrées.
Ne pas laisser traîner les fruits qui sont tombés des arbres.
Curer les avaloirs.
Surveiller le lierre.
Prendre le temps de mener les textes à terme.
Renouveler le stock d'histoires aux enfants.
Eugène
Savitzkaya
Le
titre du film n'a pas de signification particulière; il est extrait
de la scène "des salutations des quatre frères" dans
laquelle Serge présente Eugène. Les textes sont lus par Savitzkaya
lui-même et par ses amis.
Sur
le plan pédagogique, le film, par sa construction, peut être abordé,
selon qu'on voit d'abord l'écrivain ou le comédien, ou bien comme un
exemple de littérature vivante, en train de se faire, ou bien comme
le jugement construit d'un écrivain sur lui-même. Dans les deux cas,
la question (classique) de la pertinence des informations que nous
pouvons obtenir de l'écrivain et de sa vie, pour analyser ou plus
simplement lire l'œuvre, est posée. Le film montre aussi que la
frontière est ténue, voire artificielle, entre le genre documentaire
et le genre fiction. Le ton déclamatoire, l'emphase théâtrale, les
postures sont-elles celles du comédien ou sont-elles celles de
l'homme? Ont-elles la même signification dans les deux univers supposés?
(La
Médiathèque possède dans ses collections un autre film de Marie
André consacré à la danse, Répétitions, TB7041)
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La
Médiathèque, 2002 - 2006
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