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sur
les écrivains belges de langue française
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Marcel
Thiry (1897-1977)
Trente-trois
ans séparent ces deux émissions, mais les thèmes et l'ambiance générale
sont restés les mêmes. Deux émissions en contrepoint donc, mimétiques
jusqu'au souci de reproduire, parfois, certains plans de la première, mais
cette fois-ci sans la présence du poète disparu entre-temps.
Celui
qui avait dérobé l'odeur du monde
TA8761
Production:
R.T.B.F. - En Toutes Lettres - 1997 - Réalisation: Jean-Marie
Deconinck - Durée:
42' - Couleur et noir et blanc
Sous
les apparences d'un petit homme placide et modeste se cachait l'un des écrivains
les plus modernes et les plus mystérieux de notre littérature belge de langue
française.
S'il
n'est pas rare qu'un auteur se serve de sa vie d'homme parfois la plus banale
pour la transformer en poésie et en récits fantastiques, Marcel Thiry a poussé
cette approche particulièrement loin et dans des domaines que beaucoup auraient
considérés comme trop ordinaires, trop vulgaires que pour être magnifiés par
la littérature.
Ce
film nous emmène à travers les grands thèmes de Marcel Thiry le long des
paysages maritimes, forestiers, urbains, familiers, qui ont servi de décors à
son oeuvre inspirée (Liège, sa maison à Vaux-sous-Chèvremont, Ostende, le
port d'Anvers, la Hollande)
Commentaire
Le
réalisateur a pris le parti de nous présenter l'écrivain uniquement à
travers ses propres textes, lus par un comédien (en voix off). Le poète nous
raconte les moments importants de son existence dont les dates clefs
apparaissent en incrustation.
Pour
illustrer ces lectures, le réalisateur a cherché à créer des
"correspondances" ou des "analogies" visuelles et sonores
variées: ainsi ces images quelque peu sinistres d'un hôtel la nuit, qui représentent
les ennuis de l'homme d'affaires Marcel Thiry, suivies d'une vue de la mer
lorsqu'il dit trouver l'apaisement dans la poésie (minute 26). Ou, pour
illustrer le thème du temps, ces images, au ralenti, d'horloges et de leurs mécanismes,
de télescopes, parcourues en surimpression par des photos, de l'écrivain
notamment (minute 34).
Avec
la musique très présente de Maurice
Jaubert, Darius
Milhaud, Arthur
Honegger, Francis
Poulenc et Germaine
Tailleferre, l'émission atteint une plénitude
proche du recueillement.
Entre
ces lectures, l'émission utilise de larges extraits d'un entretien avec
Marcel Thiry, réalisé chez lui à Vaux-sous-Chèvremont, en 1964 (il
s'agit de l'émission Lettres ouvertes, Portrait
d'un poète: Marcel Thiry, TU0982,
(non disponible actuellement) présentée dans ce répertoire). Quels
fragments de l'entretien, le réalisateur a-t-il cru bon de retenir pour son
propos, quels sont ceux qu'il a écartés? On est frappé, en tout cas, par
l'unité des deux émissions. L'émission de 1997 revisite en quelque sorte
les lieux de la première, nous montrant le même jardin, la même fenêtre
(par laquelle nous avions pénétré dans l'univers de Marcel Thiry), la même
bibliothèque...
Le
13 mars 1897, naissance à Charleroi. En 1898, les Thiry s'installent à Liège.
Marcel Thiry s'engage dans l'armée belge en 1915 mais il ne connaît pas la
guerre des tranchées puisqu'après un long voyage, il se retrouve en Galicie et
en Russie aux côtés des soldats du Tsar de Russie. Son retour en Belgique
donnera notamment naissance à son poème le plus connu, Toi qui pâlis au nom
de Vancouver. Le poète explique la signification de ce titre: on pâlit au nom
de ce qu'on a pas vu, de ce qu'on a pas connu, (...) car nous sommes passés par
San Francisco et non par Vancouver. (Lecture de ce sonnet, dont le texte défile
à l'écran, Minute 18)
Cette
vie de soldat n'était pas aussi tumultueuse, précise-t-il, elle était aussi
un peu une vie de moine, sans préoccupation, avec un devoir extrêmement tracé.
Désespéré
de vendre ou de s'être vendu (Minute 19)
En
1928, il reprend la direction de l'entreprise familiale. Ses occupations de
marchand de bois nous vaudront de nombreuses oeuvres dont Dimanche ou Marchands.
Est-ce incompatible un poète qui tue des arbres? C'est certain avoue-t-il.
Thiry évoque les florins perdus au fond d'un canal à Zwolle qui lui vaudront
un procès perdu mais lui inspireront un poème. (Lecture du poème)
Et
les femmes sont si belles (minute 29)
Sur
des images de jeunes filles sortant de l'école et ensuite d'une mer houleuse à
Ostende, Thiry, toujours par l'entremise de la voix du comédien, chante le
corps et l'amour.
Il
nous entretient de son obsession du temps: le temps est une préoccupation générale
de notre époque, due aux progrès scientifiques qui altèrent les distances
comme elles altèrent, de manière correspondante, le temps.
1968
Sénateur du Rassemblement Wallon, Représentant parlementaire à l'ONU,
parlementaire et Secrétaire perpétuel de l'Académie (minute 36)
Par
la suite, même ses mandats d'homme politique très sensible aux problèmes
wallons, ses activités de secrétaire perpétuel de l'Académie royale de
langue et de littérature françaises de Belgique donneront lieu à des oeuvres
où les événements les plus ordinaires engendrent les récits les plus
subtils, les poèmes les plus raffinés.
Liens
avec d'autres documents
Entretien
avec Louis Scutenaire - Signes
des temps - 32' - TU0500
Non libre de droits. Cette émission
contient, en seconde partie, une interview de Marcel Thiry à l'occasion du 50ème
anniversaire de l'Académie royale de langue et de littérature française de
Belgique (15').
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