Pierre Boulez - Le compositeur

 
Boulez par Boulez et Barenboim - FB7304

 

 

 

 

Il est impossible de résumer en quelques lignes l'apport de Boulez. L'École de Vienne (Schoenberg, Berg, Webern), Messiaen, Debussy et Stravinsky sont les principales sources occidentales de sa musique. La découverte des musiques non européennes lui a permis de se libérer des conventions de l’Occident. Même si dans le Marteau sans maître (FB7548 – FB7549 – FB7555) le xylophone est utilisé comme substitut du gamelan et que la percussion évoque l'influence de la musique africaine, ou que l'emploi des steeldrums rappelle celle des caraïbes dans Sur Incises (FB7399), Boulez réfute tout exotisme imitatif. Obsédé par la volonté de ne laisser que des œuvres parfaites, Boulez modifie, réorchestre ou repense certaines de ses œuvres au cours des années. Ainsi les trois versions de Pli selon pli disponibles dans nos collections montrent trois états différents de la partition (FB7562 –FB7563 – FB764). Notations, partition pour piano seul (FA2436 – FB7363 – FB7549), connaît un nouveau développement au travers d'un travail d'orchestration et d'amplification (FA021 – FB7304 – FB7336 – FB7337) (récemment, lors de ses derniers concerts bruxellois, Boulez juxtaposait les deux états de la partition).

Pour qui veut se lancer dans l'aventure de la découverte du compositeur, je conseillerais de débuter par Rituel, In memoriam Bruno Maderna (FB7304 – FB7336 – FB7337 – FB7377 – FR5155). L'austère monde sonore et les effets rituels n'ont pas d'équivalent dans la musique de Boulez. L’irrésistible effet d’un refrain des instruments à vent en expansion constante, accompagné par un large éventail de percussions, vous prend à la gorge.

Repons est probablement la partition la plus achevée de Boulez. Il y confronte son langage naturel avec les technologies développées au sein de l’Ircam. Au milieu de la salle se place un ensemble de percussionnistes , entourés par un orchestre de chambre, eux-mêmes entourés par le public. Ces derniers sont entourés par huit solistes et une série de haut-parleurs. Repons dévoile un territoire musical riche et étrange ouvrant sur une nouvelle échelle de l’espace et de l’énergie. La trajectoire est d’une élégante simplicité. Partant d’un monde acoustique pur, l’œuvre va s’enrichir d’effets électro-acoustiques. L’aspect de départ se transforme en un paysage irréel fait de multiples textures où s’entrecroisent les sons réels et les résonances merveilleuses des sons électroniques (FB7343).

Pli selon pli, inspiré par la poésie de Mallarmé, est l’œuvre vocale la plus ambitieuse de Boulez. Deux pièces orchestrales de plus grande ampleur (Don et Tombeau) entourent trois improvisations où se dévoilent les images du poète. La fantastique sculpture des lignes vocales, les sonorités de percussions métalliques, les explosions éruptives d’énergie montrent Boulez dans son langage le plus typique (FB7562 –FB7563 – FB764).

Les trois sonates pour piano illustrent le Boulez des années de sérialisme intégral. L’écriture des deux mouvements de la Première sonate pour piano, écrite par un compositeur âgé de 21 ans, et la Deuxième sonate, de deux ans plus tardive, avec ses lignes déchiquetées et ses explosions de rythmes, sonne comme l’assaut d’un nouveau monde sonore dans la musique classique occidentale. Dans la Troisième sonate, Boulez expérimente le principe de la forme ouverte, c’est-à-dire une œuvre où le déroulement des différentes parties de la partition est laissé à l’initiative de l’interprète (FB7456 – FB7457 – FB7458).

 

 

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