Né à Saint-Pétersbourg le 25 septembre 1906, mort à Moscou le 9 août 1975. Elève très doué, Dimitri Chostakovitch compose dès ses dix ans, entre au conservatoire à l'âge de treize ans, étudie avec Léonid Nikolaiev (piano) et Maximilien Steinberg (composition). Suite à l'assassinat, sous ses yeux, d'un compagnon, tué par la police du tsar, il adhère très vite aux idées révolutionnaires (Octobre 1917).
Ses débuts de compositeur sont influencés par Paul Hindemith, Alban Berg, Igor Stravinsky et Gustave Mahler (comme lui, il est attiré par les grandes fresques, par le volume sonore). Il se rallie au mouvement plus actif d'avant-garde révolutionnaire avec d'autres artistes tels Serguei Prokofiev, Maïakowski (poète) et Meyerhold (metteur en scène). Il essaye cette expérimentation abstraite sur sa Première Symphonie. Il s'ensuivra quelques années de compositions plus modernes, voire téméraires (de 1925 à 1935). En 1936, il se fait traiter de musicien décadent, de producteur de « cacophonies pathologiques », de « radotages privés ».
Après des jugements aussi virulents et menaçants, il intègre les « rangs » tracés par les décideurs politiques du moment. Pourtant, il est à nouveau la cible dudit régime par l'intermédiaire du « Rapport Jdanov » après l'interprétation de sa Neuvième Symphonie qui ne montrait pas assez la suprématie de l'Union Soviétique. Il se voit contraint de revenir une nouvelle fois à des valeurs plus « sûres ».
Après le décès de Staline en 1956, une libéralisation progressive va lui permettre de s'exprimer plus librement. Ce changement se fait surtout entendre dans une bonne majorité de ses quatuors à cordes et dans ses dernières symphonies. Il se fait une joie de proposer au public les oeuvres écrites pendant les années 40, oeuvres qu'il avait mises « de côté ».
Chostakovitch est sans nul doute un compositeur éclectique, influencé par tous les courants et tendances musicaux, comme la musique traditionnelle et le jazz. Il utilise plus volontiers dans sa stylistique des thèmes que des mélodies, ce qui, à ses yeux, se prête mieux à l'écriture en contrepoint.
Citoyen d'URSS sans réserve, il apporte au régime soviétique une adhésion totale. Il note qu'il faut juger sa musique « non sur la couleur politique mais sur sa valeur humaine ».
Il doit composer avec les exigences des régimes en place qui, tour à tour, l'honorèrent ou le censurèrent.
Il reste, aux yeux de beaucoup, un compositeur assez mystérieux et controversé.
Marie-Christine CLART, Médiathèque de Charleroi.