Titre français : La Servante maîtresse
Intermezzo in due parte
Livret de Gennaro Antonio Federico
Création: Naples, Teatro San Bartholomeo, le 28 août 1733
Le compositeur : une vie brève
Giovanni Battista Pergolesi étudie à
Naples au Conservatorio dei Poveri de Gesù Cristo avec Greco, Vinci et
Durante durant les années 1720. Il chante également dans le choeur de
l'institution et conduit les violons de l'orchestre. Malgré la brièveté
désolante de sa vie - il semble avoir souffert d'une malformation physique
et de tuberculose -, Pergolesi produit, en six ans à peine, une
remarquable quantité de musique pour divers mécènes italiens. Il passe ses
dernières semaines dans un monastère franciscain à Pozzuoli, où il compose
deux de ses plus belles oeuvres, le Stabat Mater et le Salve
Regina.
Attaché historiquement à l'univers de l'opera seria, l'intermezzo est
son antithèse stylistique. Il était conçu à l'origine comme une parenthèse
au sein d'une soirée consacrée à la tragédie.
Dès son origine, l'opéra italien mêlait
passages sérieux et passages comiques (les opéras de Monteverdi en donnent
de bons exemples).
Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, les parties humoristiques
commencèrent peu à peu à se séparer du reste de l'opéra.
Elles furent d’abord placées à la fin
des actes puis complètement éliminées de l'opera seria et occupèrent
entièrement les deux entractes. Ces divertissements, assez grossiers au
départ, furent peu à peu stylisés et élevés à un certain niveau
artistique. Finalement, les deux pièces d’entractes furent reliées par une
même action. La Serva Padrona appartient à cette catégorie d'oeuvres.
L’intermezzo est donc, par essence,
un spectacle bref, mettant en scène peu de personnages. Issu des rôles
comiques qui furent progressivement évincés de l'opera seria, il se
rattache, du point de vue dramatique, à la tradition de la commedia
dell'arte.
Il est né aussi du besoin d'opposer à la
représentation d'un individu dépassé par son destin la description
humoristique d'un individu de condition ordinaire, éprouvant des
sentiments naturels et agissant raisonnablement.
L'histoire
Uberto, célibataire endurci, est un
"vieillard" sympathique, mais un peu niais. Serpina (littéralement
petit serpent), sa servante, entreprenante, malicieuse, débordante
d'intelligence et d'énergie, voudrait bien l'épouser. Comme il ne semble
pas y songer, elle lui présente un prétendu fiancé, le terrible Tempesta.
C’est en réalité un serviteur déguisé, Vespone (littéralement grosse
guêpe), un être léthargique et empoté. Inquiet sur le sort de sa
servante livrée à un tel personnage, Uberto lui offre le mariage. Ainsi,
de servante, Serpina devient maîtresse.
À la Médiathèque, huit
versions sont disponibles (pour la discographie complète, cliquez
ici) :
Autant le dire tout de
suite, le récent enregistrement de Sigiswald Kuijken (en CD et en DVD
: BP3782)
domine de haut la discographie. Enregistrée à la suite de représentations
à la Monnaie de Bruxelles, sa version à pour atouts une pertinence de
style, un allure alerte et des rythmes aux pieds légers. Dans les versions
plus anciennes, Maier séduit par son orchestre incisif et stylé,
mais les chanteurs ne sont pas synonymes de plaisir vocal (BP3726).
La version niçoise, placée sous la direction de Bezzina, convainc grâce
à ses solistes très théâtraux, mais pêche par un orchestre très routinier
(BP3730).
La même remarque peut être adressée à la version Czepiel où seul Polidori
mérite notre attention (BP3728).
Pour finir, seule la version Ros-Marba possède le minimum de charme,
de musicalité et de drôlerie requis (BP3727).
Pour connaitre la distribution complète
et la disponibilité, cliquez sur la référence Médiathèque.