Drame
en un acte. Musique de Richard Strauss.
Livret de Hedwig Lachmann d'après la pièce d'Oscar Wilde,
elle-même tirée d'Hérodias de Flaubert (Trois contes).
La genèse de Salomé
L'opéra fut composé de 1903 à 1905, année de sa
création. L’orchestration généreuse, dans laquelle interviennent
orgue, harmonium et percussions, s’inscrit dans la ligne tracée par
Wagner, autant que l’utilisation systématique du leitmotiv. Dès le
début de l'oeuvre (sans prologue), on baigne dans l'univers musical
straussien, fait de raffinements et de puissance, sublimé par la
science de l’orchestration. La "Danse des sept voiles" est
bien sûr la partie orchestrale la plus connue et jouée de l'oeuvre.
L'action
L’action se situe au début de l'ère chrétienne.
La nuit, sur une terrasse du palais, Salomé, belle-fille d’Hérode,
est observée avec passion par Narraboth, capitaine de la garde.
Jochanaan (Jean-Baptiste), prophète est emprisonné dans une citerne pour
avoir diffamé Hérode. Il proclame l'arrivée de Jésus, mais son appel
rencontre
l'incompréhension des gardes. Salomé entend le prophète. Elle
parvient à convaincre les gardes de faire sortir Jochanaan afin de le
voir. A la fois fascinée et apeurée par ses prophéties, Salomé se
prend de passion pour cet homme. Narraboth ne peut supporter la scène
et se tue à l'aide d'un poignard. Jochanaan est reconduit dans la
citerne. Hérode, Hérodias et la Cour sortent sur la terrasse. Ils y
trouvent Salomé et le cadavre de Narraboth. Hérode tente de distraire
Salomé tandis que la voix du prophète retentit, s'en prenant à
Hérodias. Une controverse s'ensuit entre celle-ci et Hérode tandis que
Jonachaan annonce la venue du Messie. Hérode supplie Salomé de danser
pour lui, promettant monts et merveilles. Celle-ci finit par accepter,
au grand dam de sa mère. Hérode est subjugué, mais Salomé exige
comme prix la tête de Jochanaan. Après avoir refusé, puis tenté de
réduire son exigence, Hérode finit par céder et le bourreau descend
dans la citerne. Il ressort, brandissant la tête du prophète dont
Salomé s'empare. Elle lui parle et finit par baiser les lèvres tant
désirées. Hérode, horrifié, donne l'ordre de tuer Salomé.
Hérode, tétrarque de
judée, ténor
Hérodias, femme du tétrarque, mezzo soprano
Salomé, fille d'Hérodias, soprano
Jochanaan, le prophète (Jean-Baptiste), baryton
Narraboth, jeune Syrien, capitaine de la garde, ténor
Le page d'Hérodias, contralto
Cinq juifs, quatre ténors et une basse
Deux Nazaréens, ténor et basse
Deux soldats, basses
Un Cappadocien, basse
Un esclave
A la Médiathèque, seize
versions sont disponibles (pour la discographie complète, cliquez
ici), trois s’en distinguent:
Karajan (1977) (réf.
Médiathèque: ES7840)
: pour la qualité générale des interprètes et pour la danse.
Soulignons l'excellence de la direction orchestrale.
Böhm
"live" (1970) (ES7838)
: Gwyneth Jones est une grande voix et les interprètes sont
excellents.
Ozawa (1990) (ES7848)
: pour Jessye Norman, dont les qualités vocales sont
exceptionnelles.
D'autres versions sont
intéressantes :
Sinopoli (1990) (ES7841)
: excellente pour la qualité générale, exception faite de
certains effets “clinquants” dans la direction orchestrale.
Moralt (1952) (ES7839),
qui constitue une découverte; le son y paraît vieillot mais les
interprètes sont de grande qualité.
Mehta (1990) (ES7842)
: bonne version. Le Jochanaan de B. Weikl est de premier plan.
La justesse d’Eva Marton est toutefois approximative.
Dohnanyi (1994) (ES7849)
: en deça des espérances de par une réserve trop souvent marquée
qui contrarie les débordements du livret.
Nagano (1990) (ES7843)
: la comparaison est difficile car, en version française, le texte
constitue un handicap à surmonter pour les chanteurs. Découverte
de Karen Huffstodt en Salomé.
Keilberth (1948) (ES7845)
: pour une version de 1948, le son est excellent et Christel Goltz
convainquante en Salomé.
Les trois autres
versions Leinsdorf (1968) (ES7837),
Keilberth (1951) (ES7846)
et Mitropoulos (1958) (ES7847)
pêchent par une mauvaise qualité du son.
Pour connaitre la distribution complète
et la disponibilité, cliquez sur la référence Médiathèque.
BANOUN, Bernard, L'opéra selon
Richard Strauss, un théâtre et son temps, Fayard, 2000
GOLEA, Antoine, Richard Strauss, Flammarion, 1965
JAMEUX, Dominique, Richard Strauss, Collection "Solfèges", Le Seuil,
1971
ROSTAND, Claude, Richard Strauss, Seghers, 1964
TUBEUF, André, Richard Strauss ou le voyageur et son ombre, Albin
Michel, 1980
STRAUSS, Richard & HOFMANNSTHAL, Hugo von, Correspondance 1900 -
1929, Fayard, 1992
Liens
L'Avant-Scène Opéra a consacré son n°47-48
(1983) à
Salomé